Jusqu’à preuve du contraire, le féminisme n’est pas un gros mot (enfin dites ça aux mascus), vous pouvez donc profiter de parenthèses pédagogiques pour aborder la question avec votre enfant, tout genre confondu. De toute façon, il n’y a pas d’âge pour prendre de bonnes habitudes.

1. Évitez de perpétuer vous-même les clichés

En rose, des ballerines jusqu’au serre-tête, en bleu, des baskets jusqu’au t-shirt… Si vous voulez lutter contre le sexisme, la première chose à faire, c’est de balayer devant votre porte. Votre petit garçon veut jouer à la poupée ? Votre fillette pinaille pour avoir un nerf ? Écoutez leurs envies plutôt que les catalogues de magasins de jouets. Et par pitié, arrêtez avec le rose pour les filles et le bleu pour les garçons, on est en 2020, nom d’une pipe en bois.

2. N'hésitez pas à intervenir en cas de conflit fille versus garçon

Fabrice refuse de jouer au foot avec sa cousine Léa parce que « c’est une fille » et que « les filles c’est nul »? Ne le laissez pas dire ça impunément. Si en tant que parent, on a tendance à ne pas s’ingérer dans leurs petites affaires (pour éviter les crises de larmes, les apitoiements et surtout pour avoir la paix pendant 30 minutes), certains propos doivent tirer la sonnette d’alarme.

Inutile de monter sur vos grands chevaux tel Napoléon. Soyez simple, mais convaincant·e : montrez-lui une vidéo d’un dribble d’Amandine Henry et ça devrait le calmer pour plusieurs années. Le but, c’est de trouver des arguments IRRÉFUTABLES. Et Amandine Henry est irréfutable.

3. Variez les modèles de genre

Les clichés de genre sont comme le Coronavirus, ils se propagent à la vitesse de la lumière. Il suffit qu’un enfant ne voit que des femmes cuisiner et que des hommes bricoler pour tirer des conclusions hâtives. Leur cerveau est mou, il chope toutes les bêtises qui volent autour d’eux. Pour leur expliquer le féminisme, bougez vous-même les lignes : faites référence au genre masculin pour des tâches prétendument féminines (le ménage, la cuisine, la beauté) et parlez au féminin lorsque vous abordez des sujets dits masculins. En gros, évitez de toujours dire « la caissière », »l’infirmière », »le pompier » et « le gendarme ». Flash info : le mot pompière existe !

4. Introduisez la répartition des tâches ménagères

Selon l’autrice Titiou Lecoq : »Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale ». En gros pour sensibiliser votre enfant au féminisme, faites lui passer l’aspirateur ! En impliquant les enfants (dès qu’ils peuvent tenir un balais, peut-être pas avant) dans les tâches ménagères, vous introduisez une petite graine dans leur esprit. Habitué·e·s à participer, les garçons ne prendront pas (en tout cas on l’espère) leurs copines pour leur femme de ménage. Rien de pire qu’un mec de 25 ans qui n’a jamais fait tourner une machine à laver de sa vie.

5. Aborder les sujets en douce, faites le crabe

Votre enfant est opaque aux sermons ? Changez de stratégie, faites appel à un ami (= le livre avec des images). Depuis quelques années, les maisons d’édition se sont jetées à corps perdu dans les thématiques féministes (faut croire que l’égalité est à la mode). On lit Les Culottées de Pénélope Bagieu pour comprendre que les filles peuvent être des dures à cuire aussi, on s’abonne à Tchika, le premier magazine féministe pour enfants… L’idée, c’est de faire venir le féminisme par une autre voix que la votre. Il n’y verra que du feu.

6. Gamifier l'apprentissage du féminisme

Rien de tel que le jeu pour retenir une leçon. On sous-estime souvent à tort « la gamification », c’est-à-dire l’apprentissage par le jeu : pourtant, c’est la meilleure façon de faire entrer quelque chose dans la tête de nos gamins. On l’utilise tout le temps en entreprise, pourquoi ne pas essayer à la maison ? De nombreuses activités se prêtent au jeu (haha) : les jeux de carte The Moon Projet, le Times up Bad Bitches Only, ou encore le Tarot Women of Science. Il faut juste s’adapter à l’âge de l’enfant et bingo !

7. Inspirez-vous de ses centres d'intérêt

Votre garçon de 10 ans est accro à son smartphone ? Racontez-lui l’histoire de Hedy Lamarr ! Votre fille de 15 ans ne jure que par son ordi portable ? Présentez lui Ada Lovelace. Utilisez ses passions pour le cultiver, il·elle sera plus réceptif·ve (on met notre main au feu !). Attention, l’objectif n’est pas de faire du name dropping à gogo, mais de raconter les histoires de chacune et d’expliquer comment elles ont été oubliées ou gommer de l’Histoire.

Après ça, vous pourrez aborder le patriarcat, l’égalité des salaires et le droit de vote, mais en attendant bon courage.