Ah les soixante pages de publicités qui viennent interrompre notre film préféré qui passe enfin à la télé et qui nous donnent envie de boire du soda et manger des chips alors qu’on avait rien demandé et qu’on en avait pas envie du tout. C’est beau, c’est l’art de vendre qu’on appelle ça. Mais y’a quelques petits points obscurs dans la pub à la télé qui sont intéressants à savoir et qu’on va vous divulguer là.

1. Le son des publicités est-il plus fort que le programme ?

C’est une impression collective qui se vérifie. En réalité, on appelle ce principe la « compression dynamique » et il consiste à relever les amplitudes des éléments audio qui sont en dessous du niveau maximal. On a donc l’impression que c’est plus fort car l’oreille est davantage sollicitée aux alentours de l’amplitude maximale. Pour faire simple, vous entendez nettement plus les pubs car on veut que ce soit l’effet produit, ce qui d’ailleurs pousse paradoxalement un certain nombre de téléspectateurs à zapper ou couper le son. Du coup c’est con.

2. Le prix des pages de pub peut grimper (vraiment) très haut

Forcément c’est selon l’émission / le film qui est en train de passer et la tranche horaire, mais on arrive sur des sommes assez astronomiques quand même (sauf sur chasse et pêche à 3h30 du matin, appelée « l’heure vraiment creuse »). Hors des matchs de foot de compétition (type coupe du monde), l’émission Koh Lanta par exemple est l’une des plus chères pour les annonceurs puisqu’on peut atteindre en moyenne 90.000 euros pour 30 secondes de pub. La plus chère est celle des Enfoirés (160.000 euros les 30 secondes) mais The Voice se place pas mal aussi (75.000 euros les 30 secondes). Bon aux États-Unis pendant le Super-Bowl de 2018 c’était 5 millions de dollars les 30 secondes hein, mais bon c’est les Amériques c’est vraiment super mieux.

Crédits photo : Topito

3. La pub la plus chère du monde a coûté des dizaines de millions de dollars

Ça a l’air impensable comme ça, mais le prix de la publicité la plus chère du monde revient à Channel qui a déboursé 33 millions de dollars pour deux minutes de film (à titre d’exemple, et même si c’est une autre époque, « Star Wars : le retour du Jedi » en a coûté à peu près 32). À la réalisation on trouve Baz Luhrmann (Moulin Rouge et Roméo + Juliet) et Nicole Kidman dans le rôle principal (qui a empoché 3 millions de dollars pour l’occasion). Bon je trouve le spot vraiment pas incroyable et 33 millions ça fait cher payé pour ça, mais c’est Channel, je pense pas être leur public cible donc ça va.

4. Le temps estimé de la pub à la TV

Accrochez vous à votre slip partiellement souillé parce que le temps estimé de la pub a la télé est assez énorme. Pour les chaines de la TNT (diffusées par voie hertzienne), le temps de publicité est limité à neuf minutes par heures en moyenne quotidienne. C’est près d’un sixième du temps de diffusion, c’est donc clairement conséquent et ça en fait de la minute de cerveau disponible à remplir.

5. Le temps réglementé entre deux coupures pub

En France, il faut laisser passer au moins vingt minutes entre deux coupures publicitaires lors d’une émission. Franchement c’est que dalle vingt minutes. Vous imaginez s’il fallait subir trois coupures pub pour voir à peine une heure d’émission ? Ce serait l’angoisse. Bon j’avoue, c’est déjà le cas sur certaines chaines. Pour les films, on ne peut pas mettre plus de deux coupures pubs (oeuvres cinématographiques et audiovisuelles) et au total celles ci ne doivent pas excéder six minutes.

6. Les produits interdits de publicité

C’est assez logique que la nature des publicités soit régulée, c’est pour cette raison qu’on ne voit jamais de pubs pour du tabac à la télé par exemple. Pour l’alcool, on ne peut pas montrer de publicités pour les boissons dépassant 1,2 degré (ce qui réduit franchement le choix de boissons). Dernier point intéressant, le Cinéma : on ne peut pas montrer de publicité pour un film en salle ou qui va sortir. C’est pour cela que les seules vraies pubs sont celles qui annoncent une sortie en DVD et Blu-Ray. D’autre part vous ne verrez jamais de pub pour des drogues dures sauf si elles sont en ventes en pharmacie, là ça va.

7. L'arrivée de la publicité segmentée

On connait déjà le principe de la publicité ciblée sur internet, ce qui est impossible à mettre en place à la télé, c’est pourquoi on a inventé la publicité segmentée (quand je dis « on » je ne suis pas vraiment dedans hein). En gros, on base sur l’endroit où vous vous trouvez les publicités que vous allez voir. Une personne à la campagne aura des pubs pour des 4X4 ou des barbecues alors qu’un parisien en aura pour des potagers de balcon ou du rosé pamplemousse. Bon, en réalité vous devez donner votre accord pour avoir droit à ses publicités et le principe est encore nouveau, mais c’est pas impossible qu’on se tape tous ça à terme.

Crédits photo : Topito

8. Les régies publicitaires

En gros c’est l’entremetteur, l’entreprise qui met en relation des annonceurs qui veulent diffuser leur pub et des médias qui ont une pub à montrer. C’est un peu votre pote relou qui essaie de vous caser avec tous ses amis célibataires, sauf qu’il touche de la thune sur la transaction. Ce qui, dans mon exemple, reviendrait à un genre de proxénétisme. C’était peut-être pas un super choix du coup, mais vous avez l’idée.

9. Les cachets des stars mirobolants

C’est un secret pour personne, c’est toujours plus cool d’acheter un produit si une star dont on rien à foutre fait semblant de l’utiliser dans un spot de 15 secondes. Du coup il n’est pas rare de voir une célébrité vanter les mérites d’un produit quelconque et généralement ça coûte très très cher aux marques. Johnny Hallyday a donc par exemple touché 5 millions d’euros sur deux ans pour ses pubs Optic 2000 et le duo Chevalier Laspalès près de 900.000 euros par an pour les spots radio de la Matmut. Concernant Gad Elmaleh qui rêvait d’une banque, c’est près de 450.000 euros pour 7 spots publicitaires qui étaient tellement trop drôles d’ailleurs c’était fou.

10. Les trucs vraiment tabous

Pour des raisons assez évidentes vous ne verrez jamais de pub avec Éric Zemmour. Même pour promouvoir ses propres livres, ses équipes de communication ont jugé qu’il ne ferait pas de bien aux ventes. C’est con hein.

On vit quand même dans un monde formidable et la pub le rend beaucoup plus beau assurément. Bon si vous voulez découvrir d’autres trucs intéressants vous pouvez aller voir les secrets de tournages de pub ou les pires pubs de stars c’est très cool aussi !!

Sources : CSA, BFMTV, Radio-Canada, La tribune, France-Inter.