Après une fermeture de trois mois, les salles de cinéma rouvrent cette semaine. Et elles projettent à tout va : entre les films qui marchaient bien avant le confinement et qui ressortent donc et les nouveaux films concentrés sur deux jours pour pouvoir tous sortir, on se retrouve avec une saturation de l’offre complètement inédite. Au total, on se parle de 45 films à voir au cinéma cette semaine. On en a choisi 23 et c’est déjà pas mal.

1. <em>L’Amour à la ville</em>

Une resortie d’un film à sktechs italien de 1953. Je l’ai vu : c’est drôle, avec des segments de Fellini, Risi ou Antonioni, mais de toute façon quoi que je dise vous n’irez jamais le voir.

2. <em>Be Natural</em>

Un documentaire sur la toute première femme réalisatrice, productrice et directrice de studio de l’histoire du cinéma, Alice Guy. Pour connaître un peu l’histoire, c’est vraiment très intéressant – après, est-ce que le film est bon, je n’en sais rien.

3. <em>L'Ombre de Staline</em>

L’histoire d’un lanceur d’alerte dans l’URSS des années 30 et la mise au jour d’un épisode méconnu de l’histoire soviétique, l’extermination par la faim décidée par le Kremlin à cette même époque. Beaucoup de neige.

4. <em>La Communion</em>

Un repris de justice se fait passer pour un prêtre. Ou comment les Polonais, même quand ils essaient de faire Ocean’s 11, se retrouvent à parler catholicisme.

5. <em>Un fils</em>

Ok je tente le coup de deviner le synopsis rien qu’au titre : Arnaud Ducret se retrouve père célibataire après le décès de sa femme. Il doit élever son fils en lui apportant de la joie et de l’amour, mais son usine rencontre des difficultés et son job est menacé.

Ok perdu c’est un film sur le terrorisme en Tunisie. Ok.

6. <em>Kongo</em>

Un documentaire sur un guérisseur à Brazaville. C’est un peu comme regarder Arte, mais en sortant de chez soi.

7. <em>Woman</em>

Un documentaire qui donne la parole à des femmes opprimées un peu partout dans le monde. Hmmm… Qui a pu réaliser pareille chose ? Dans le mille, Yann Arthus-Bertrand.

8. <em>Nous les chiens</em>

Un film d’animation coréen sur des chiens errants qui vont apprendre à se débrouiller tout seul. Ne vous inquiétez pas, nous sommes bien en 2020 et ce n’est pas la resortie du film de Wes Anderson. Simplement un truc qui ressemble vachement.

9. <em>The Great Green Wall</em>

Un documentaire sur un projet fou consistant à vouloir faire pousser un mur d’arbres de 8000 km entre le Sénégal et l’Ethiopie. A mon avis, ça ne vous plairait pas trop si vous êtes de droite.

10. <em>Mon nom est clitoris</em>

Enchanté, mois c’est Thomas.

11. <em>The Hunt</em>

Un biopic sur la vie d’Ethan Hunt ? Eh bien non ! Des dirigeants illuminati qui se réunissent pour faire des chasses à l’homme comme chez le comte Zaroff mais qui finissent par être chassés par leurs propres proies. Ça sent la parabole à deux balles.

12. <em>Radioactive</em>

Un biopic de Marie Curie par Marjane Satrapi avec Rosamund Pike dans le rôle principal. Ça donne ni envie ni pas envie.

13. <em>Canción sin nombre</em>

Selon Allociné : « Pérou, au plus fort de la crise politique des années 1980. Georgina attend son premier enfant. Sans ressources, elle répond à l’annonce d’une clinique qui propose des soins gratuits aux femmes enceintes. Mais après l’accouchement, on refuse de lui dire où est son bébé. Déterminée à retrouver sa fille, elle sollicite l’aide du journaliste Pedro Campos qui accepte de mener l’enquête. »

Déjà rien que le choix du prénom Georgina, ça donne pas envie.

14. <em>La Bonne épouse</em>

Une histoire d’émancipation féminine dans la France rancie des années 60. Ça pourrait presque donner envie si Juliette Binoche n’avait pas eu le malheur de relayer les théories complotistes façon « Bill Gates va nous implanter des puces dans le cerveau » au pic de l’épidémie.

15. <em>Invisible Man</em>

Figurez-vous que je l’ai vu. Eh que la morale, c’est : si vous êtes riche et que vous pouvez vous fabriquer un costume d’homme invisible et qu’en plus vous avez un frère avocat, eh bah vous pouvez vraiment avoir un immense pouvoir de nuisance quand votre meuf vous quitte.

16. <em>Le Capital au XXI° siècle</em>

Une fois n’est pas coutume, laissons la parole à quelqu’un qui a vu le film, à savoir Pierre Galouise : « Alors pour ton top, le film de Piketty, à chaud, c’est vraiment un docu destiné à des Américains débiles sur l’histoire du capitalisme. On n’apprend rien, les intervenants seraient certainement intéressants si on ne les coupait pas au bout de 10 secondes pour foutre des illustrations dignes d’un film de Luc Besson. »

17. <em>Trois Étés</em>

Rien qu’au nom, on sait que c’est un film chinois. Ah non, c’est un film brésilien, figurez-vous. Il semblerait que ce soit une fable ironique sur la société néo-libérale que strictement aucun adepte de la pensée néo-libérale n’ira voir, ce qui fait donc que cette critique au vitriol qui pourrait faire bouger les choses ne servira à rien.

18. <em>Benni</em>

Idéal pour repartir du bon pied : un film sur une enfant allemande battue et ballottée de foyer d’accueil en foyer d’accueil. Si vous trouviez que vous passiez une trop bonne journée, c’est vraiment le film idéal.

19. <em>De Gaulle</em>

Déjà qu’il ne donnait pas super envie avant le confinement, le biopic sur de Gaulle avec Lambert Wilson, autant dire que son aspect poussiéreux est encore moins sexy à présent qu’il fait 34 degrés. Mais si vous voulez voir Lambert Wilson cabotiner pendant des heures en disant « je vous ai compris », libre à vous.

20. <em>L'Esprit de famille</em>

On se parle d’un film avec Guillaume De Tonquédec et François Berléand. CQFD.

21. <em>Papi Sitter</em>

Un film avec Gérard Lanvin et Olivier Marchal. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus.

22. <em>Ducobu 3</em>

Si jamais de nouveaux clusters se développent autour des salles projetant Ducobu 3, nous aurons enfin une preuve de l’existence de Dieu.

Et faisons vite repartir l’économie du cinéma !