Tu as sûrement déjà entendu parler du gaz hilarant aussi appelé « proto », le diminutif de protoxyde d’azote. Cette substance utilisée à l’origine pour les siphons de chantilly ou les aérosols a été détournée pour ses propriétés euphorisantes afin de s’éclater la gueule en soirée ou en trottinette sur les Champs Elysées. Souvent inhalé dans des ballons de baudruche, le protoxyde d’azote rend hilare quelques secondes mais il y a des effets secondaires vraiment pas fun et surtout, et il mène à des comportements très dangereux.

1. C'est quoi à l'origine le protoxyde d'azote ?

À l’origine, le protoxyde d’azote est utilisé dans le milieu médical. Il apaise la douleur et est utilisé pour les anesthésies locales et générales. Il est aussi parfois pris pour la pratique d’examens douloureux, surtout chez les enfants.

C’est un gaz d’usage courant et il est également stocké dans les cartouches de siphon de chantilly et dans les bombes d’aérosol pour dépoussiérer les claviers. Ce sont ces petites bonbonnes qui sont achetées pour un usage récréatif.

2. Qui consomme ce gaz rigolo mais dangereux ?

Même s’il est difficile d’avoir des chiffres précis, on sait que ce sont les jeunes qui consomment ce gaz hilarant. Et quand on parle de jeunes, on parle d’adolescents dès l’âge de 12 ans, en classe de 6ème. Les collégiens, les lycéens et les étudiants, pour la plupart mineurs, sont les plus gros consommateurs de proto en France.

3. Est-ce que c'est vraiment légal ?

Le protoxyde d’azote est vendu légalement dans tous les supermarchés et sur internet, on peut le trouver au rayon pâtisserie ou nettoyage. On peut aussi en trouver sur internet à bas prix et beaucoup de jeunes en vendent dans les soirées, directement dans des ballons de baudruche. Depuis juin 2021, la vente de protoxyde d’azote est officiellement interdite aux mineurs mais dans les faits, il suffit de cocher la case « majeur » sur n’importe quel site de vente pour s’en procurer. Aujourd’hui, aucune loi ne permet d’agir contre les gens qui en consomment sur la voie publique ou même au volant.

4. Comment on le consomme ?

En général, le gaz est transféré dans des ballons de baudruche pour être ensuite inhalé par la bouche. Certaines personnes, moins prudentes encore, inhalent le gaz directement à la bonbonne au risque de se brûler.

5. Qu'est-ce que ça procure comme sensation ?

Après l’inhalation, les effets du proto durent entre 2 et 3 minutes. En général, on a une sensation d’euphorie et de désinhibition. Les sons et les images sont déformés, on a l’impression de flotter et on a envie de rire.

6. Pourquoi c'est dangereux pour la santé ?

En inhalant du protoxyde d’azote, on peut déjà se brûler à cause du gaz très très froid. On peut avoir la nausée et vomir, perdre connaissance et se blesser en tombant mais également s’asphyxier à cause du manque d’oxygène. D’après les quelques études sur le sujet, ce gaz ne provoque pas de dépendance contrairement à la majorité des drogues mais peut entraîner de gros risques en cas de consommation régulière (spoiler : c’est des troubles cardiaques et neurologiques, moyen fun donc).

7. Pourquoi c'est dangereux pour les autres ?

Quand on parle d’un gaz qui te fait perdre connaissance et avoir des hallucinations, on se doute que ça peut être dangereux dans l’espace public. En fait, c’est surtout dangereux quand on conduit une voiture, un scooter ou même une trottinette et pour l’instant, il n’y a aucune réglementation sur le sujet. Il y a peu de temps, cinq piétons ont été grièvement blessés sur les Champs Elysées à cause d’une conductrice sous proto qui s’est évanouie au volant.

8. C'est vrai que c'est mauvais pour l'environnement ?

Déjà, le protoxyde d’azote est un des gaz qui contribue le plus à l’effet de serre alors c’est moyen cool pour la planète d’en disperser partout. En plus de ça, les gens qui en consomment jettent les bonbonnes vides et les ballons de baudruche par terre et on en retrouve sur les routes et dans les parcs.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : Hansmuller

9. Ça fait longtemps que des gens se défoncent avec ce truc ?

L’utilisation de proto comme drogue remonte au début des années 2000. Comme cette substance était d’abord utilisée dans le milieu médical, ce sont les étudiants en médecine qui ont commencé à se shooter avec. Après une période où on en entendait moins parler, le proto est revenu à la mode il y a quelques années.

10. Que faire si on me propose de tester le proto ?

Si tu n’as aucune envie de tester et que tu sens la pression du groupe te convaincre, ne te sens pas obligé d’inhaler du gaz qui peut te rendre malade. Si tu choisis de tenter le coup malgré le tout, le gouvernement a fait une liste de comportements à adopter pour limiter les risques.

La drogue, c’est mal. La drogue légale qui sert de dépoussiérant pour clavier, c’est pas vraiment mieux.

Sources : Drogues.gouvWikipedia20 MinutesMILDECA