Plus la famille est nombreuse, plus l'accumulation de cadeaux de Noël ressemble à une épreuve des Jeux Olympiques. Et comme aux JO, il y aura les gagnants et les perdants. Offrir des timbres à un passionné de timbre n'est pas chose difficile ; mais quand vient le tour du père, on est souvent fort dépourvu et la bise n'est même pas venue. Qu'est-ce qui lui ferait plaisir ? Alors on erre, on cherche, et parfois on a l'illumination, mais mieux vaut tourner 7 fois sont portefeuille dans sa poche avant de procéder à l'achat compulsif.

Un mini golf de toilettes (sauf si tu ne veux plus jamais le revoir)

A défaut de pouvoir jouer au minigolf dans son bureau avec vue sur la Défense pour impressionner les investisseurs étrangers, il pourra toujours se prendre pour un magnat des médias depuis ses propres toilettes, avec le risque que plus personne ne puisse jamais y accéder et que toute ta famille meure par implosion intestinale.

Un dépistage du cancer de la prostate

Il vaut mieux laisser à chacun le soin d'organiser sa santé, au risque de passer pour un inquiet - au mieux - au pire pour un petit enfant mal élevé qui veut faire du mal à son père.

Un livre façon "700 questions à poser à ses enfants sur les nouvelles technologies"

Ou comment être assuré de ne plus jamais avoir la paix au cours des 30 prochaines années, la vieillesse étant aussi le moment où l'on ne se souvient pas qu'on a déjà posé la question que l'on est en train de poser, là, tout de suite.

Un abonnement à un site de rencontres

Et ce même si avec maman c'est fini depuis longtemps. Et ce d'autant plus si avec maman ça dure encore. Il faut laisser à ses parents la primeur de leur vie sexuelle - et essayer d'effacer de son cerveau l'association induite par le rapprochement des mots 'parents' et 'vie sexuelle'.

Un kit prestige "testament tout compris" chez le notaire

Ça pourrait être mal interprété : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Au risque de ne pas figurer dessus - on parle du testament.

L'Intégrale de la série Le Renard

Ou toute autre série équivalente. Ou toute chose qui pourrait donner envie à quelqu'un entre deux âges d'en finir avec la vie. Comme un séjour 'escapade' à Niort, par exemple.

Un parfum infernal type "supermarché"

Déjà parce que par la suite faire la bise à papa sera une épreuve digne de l'entrée au rayon parfums d'un grand magasin, mais aussi parce qu'il faudra gérer la répugnance des éventuels petits enfants à faire la bise à papi, chose qu'on n'a pas envie de gérer parce que c'est terriblement gênant.

Un saxophone (s'il n'en joue pas)

A moins bien sûr que l'objectif soit de pousser l'intégralité des autres membres de la famille à l'exil, auquel cas c'est une technique assez sûre.

Marche aussi avec la trompette, la batterie, la flûte à bec ou le tambourin.

Des boutons de manchettes parce que derrière ces mots se décline tout simplement le concept d'ennui et de malheur éternel

Or, ce n'est pas parce qu'on approche de la carte vermeil qu'il faut forcément désespérer. Si on passe son temps à utiliser des métaphores argentées pour décrire la vieillesse, c'est sans doute parce que cette époque de la vie vaut de l'or. Ou du moins qu'on essaie de le prétendre. Ne rompez pas le charme, c'est comme le Père Noël avec les gosses.

Des capotes pour ne plus jamais avoir de petits frères et soeurs

Ou pour signifier qu'on aurait préféré ne pas exister. Ça peut être dur à entendre, ça, pour un père. Sisi, promis.

De toute façon, tout ce qu'il veut, le paternel, c'est un beau dessin ou une cravate en papier, c'est connu.