Comme vous le savez déjà, le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. Vous savez aussi qu’on ne dit plus « journée de la femme » parce que c’est réducteur et que ça encourage une vision sexiste des choses. Et puis, d’une manière générale, vous êtes de plus en plus conscients des faits choquants concernant la vie des femmes dans le monde. Tout ça, c’est plus ou moins acquis. Seulement, on a encore tous du chemin à faire (certains plus que d’autres, certes) et l’année écoulée nous l’a bien montré. Voilà 10 gros loupés qui montrent qu’on n’y est pas encore tout à fait. Ou qu’on en est loin, tout dépend du point de vue.

1. Polanski aux Césars

C’est le fait le plus marquant en France qui montre que le sexisme et l’impunité dans les violences faites aux femmes demeurent. Un homme accusé par 12 femmes de viols et viols sur mineures a été et est encore protégé par des personnes puissantes et reconnues. Le monde entier a été témoin de ce gros ratage de l’Académie des Césars 2020 qui a loupé le tournant engagé depuis #MeToo. En espérant que l’énorme malaise de cette année fasse changer les choses pour la suite.

2. Il y a toujours beaucoup moins de femmes que d'hommes dans les conseils d'administrations des entreprises cotées en Bourse

En France, on s’en sort plutôt pas mal, avec 44% de femmes dans les conseils d’administration, mais quand on va voir le reste de l’Europe et du monde, c’est déjà bien plus compliqué. La Grèce et l’Estonie en sont à seulement 10%, quand la moyenne mondiale tourne autour de 20 %. Pourtant, il a été prouvé que la présence des femmes dans les conseils d’administration apportait plus de performance dans les entreprises, donc il n’y a vraiment aucune raison de ne pas mettre en place une vraie parité.

3. En février 2019, les députés européens ont refusé de rendre obligatoire une formation de prévention sur le harcèlement sexuel

C’était il y a un peu plus d’un an mais c’est important de parler de cette formation. La plupart des députés s’y sont montrés favorables en public, mais lorsqu’il a fallu voter à bulletin secret, ils l’ont refusée. De quoi mettre en lumière un soutien de façade hypocrite à la cause féministe de la part de certains de nos élus.

4. En mai 2019, l'Alabama a voté pour une interdiction quasi-totale de l'IVG

Pour être plus précis, si un citoyen avorte en Alabama, il risque une peine de prison allant de 10 à 99 ans, et ce même en cas de viol ou d’inceste. Un vrai retour en arrière qui donne la nausée. A côté de ça, d’autres Etats du pays, comme la Louisiane, le Missouri ou la Géorgie, ont restreint les conditions d’accès à l’IVG. Bien entendu, ces décisions anti-féministes ont été majoritairement prises par des hommes.

5. Le nombre de féminicides a augmenté en 2019

Il était de 121 en 2018, et il est passé à 149 en 2019. On aurait pu croire qu’avec toutes les prises de conscience de ces dernières années ce chiffre allait baisser, mais il faut croire que notre société ne s’est pas adaptée. Il est toujours aussi difficile aujourd’hui pour les femmes d’être écoutées lorsqu’elles portent plainte contre un homme et les violences conjugales sont trop souvent minimisées. Le gouvernement promet une hausse du budget alloué à la lutte contre les violences conjugales en 2020, mais on n’est pas convaincu.

6. Larousse n'a pas voulu corriger ses définitions sexistes

Début 2020, quelques personnes ont mis le nez dans les définitions du Larousse pour y trouver quelques définitions sexistes. On a, par exemple, « boulangère = femme du boulanger », « présidente = femme du président », « guerrière = jeune femme, qui revendique avec agressivité et violence sa place dans la société ». Bref, s’il y a un siècle ces définitions passaient bien, elles n’ont plus rien à faire là aujourd’hui.

7. En attendant, en 2020, "féminicide" n'est toujours pas dans le Larousse

Alors que le Petit Robert est au point là-dessus depuis 2014, avant-même les nouvelles prises de conscience encouragées par #MeToo (parce qu’il faut avouer qu’on était nombreux, hommes comme femmes, à être largués sur les questions féministes avant 2017). On se demande pourquoi Larousse refuse de reconnaître ce mot et, du même coup, sa réalité.

8. En Europe, certains pays ont encore des lois restrictives sur l'accès à la contraception ou à l'avortement

La Slovaquie, par exemple, interdit le remboursement par la sécurité sociale des différents types de contraceptifs. D’autres pays comme l’Irlande du Nord, la Pologne, Monaco et Malte rendent difficile l’accès à l’avortement, voire l’interdisent totalement pour le dernier. On parle bien de pays européens, oui, et ça fait peur.