Le français, c’est vraiment une langue de reptiliens. La preuve, on a beau la connaître, on a toujours des doutes sur certains verbes, certaines conjugaisons… Rendons justice à ces verbes pourris qui nous foutent la honte en société (même si aucun de tes amis ne sait les conjuguer non plus, ils te montreront du doigt en riant très fort et en te disant “tu n’es qu’une merde Michel, UNE GROSSE MERDE”, sauf si bien sûr tu ne t’appelles pas Michel, dans ce cas tes amis ne doivent pas être vraiment tes amis).

1. Frire

Il y a un complot maçonnique au sujet de ce verbe. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi il ne se conjugue qu’aux trois premières personnes du singulier ? Ca veut donc dire techniquement que si je suis un crabe père de deux enfants crabes et que nous sommes tous les trois jetés dans un bain d’huile bouillante, je n’ai pas le droit de dire “Nous frissons !”. C’est quoi ce racisme ? #revolution

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2. Taire

Au présent de l’indicatif passe encore, mais au passé composé, on commence à suer. “J’ai tu” constitue un paradoxe linguistique qui sème le trouble. Quant au passé antérieur “Il eût tu” ou l’imparfait du subjonctif “que nous tussions”, il n’est bien sûr pas envisageable de les formuler naturellement, heureusement qu’on ne sait même pas que ces temps-là existent.

3. Pleuvoir

Assez sectaire, ce verbe auquel nous aimerions accorder quelques libertés reste pourtant limité à l’usage de la troisième personne du singulier. Alors que si je fais pipi sur un hortensia, il serait approprié de dire que “je pleus”.

4. Coudre

Je couds, tu couds, il coud. Jusque-là tout va bien mais on a souvent un peu de mal à lâcher le “Nous cousons, vous cousez, ils cousent”. La logique voulant qu’on dise « Nous coudons » (d’autant plus qu’au futur nous disons “nous coudrons”). Ce qui n’est pas français donc abstenez-vous. Si vous avez un doute, préférez le verbe “tricoter” nettement plus simple d’usage. Et si vous n’avez pas 92 ans préférez surtout une autre activité comme le coloriage, les mots croisés, ou la pâte à modeler.

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5. Acquérir

Ce sale fdp de verbe (ouais, c’est de la diffamation, mais on ‘en fout on a un bon avocat à Topito) a le mauvais goût de se conjuguer d’abord avec un “i” : “J’acquiers…” puis de le faire sauter : “Nous acquérons”. Plus grave encore, toute personne un peu ivre ne sera plus apte à dire “J’ai acquis beaucoup de connaissances” mais sombrera honteusement dans la faute de langue du bourré : “J’ai acquéri gavé de meufs”. Heureusement, l’ami bourré en face de toi ne t’écoute plus et élabore seulement une stratégie pour ne pas te vomir dessus avant la fin de ta phrase.

6. Suivre

Quand tu réalises que “Je suis une petite fille mineure dans la rue” peut à la fois être l’affirmation de ton identité de petite fille de moins de 18 ans positionnée dans la rue, mais aussi exprimer l’action d’un vieil homme qui suit un enfant dans l’espoir de lui faire écouter des chansons de Michel Sardou. CHOC.

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7. S’asseoir

Bon là clairement y’a deux écoles. Ceux qui disent “Je m’assieds” (comme le stipule le conjugueur du Nouvel Obs), et les adeptes du “Je m’assois” (seule option pour le conjugueur du Figaro). Dès lors, j’en conclus que les gens de gauche optent pour la première option, et les gens de droite la seconde.

8. Craindre

Au présent tout roule, on reste sur un basique “Je crains, tu crains…”. Mais la logique voudrait qu’on s’engage dangereusement vers un “J’ai craingnis” voire un malencontreux “J’ai craindu”. En vérité le “craignis” n’est de mise que pour le passé simple, temps qu’on n’utilise plus jamais en langage courant de peur de passer pour le fils spirituel de Stéphane Bern.

9. Résoudre

Attention, on arrive en pleine quatrième dimension de la langue française : “Je résous” vs. “Nous résolvons”. En plus, à l’écrit on serait tentés de rajouter un “d” puisque “résouDre”, donc comme dans “couDre” on pourrait écrire “Je résouds”. MAIS NON C’EST PAS FRANCAIS, BOUFFON TU SAIS MEME PAS ECRIRE.

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10. Croire

Encore un vaste risque d’incompréhension notoire. En effet, si par exemple je prétends avoir été enlevée par des extraterrestres enfant et que personne ne m’a jamais pris au sérieux et que les extraterrestres reviennent envahir le monde, je pourrai alors dire : “Je suis crue”. Le problème, c’est que dans ce cas, l’extraterrestre qui m’a élevé entre 5 et 8 ans et qui ne maîtrise pas très bien la langue risque de me prendre pour un sushi et me manger.

11. Foutre

Le problème du foutre c’est que ce terme argotique réservé aux échanges familiers n’est pas compatible avec des temps de conjugaison plus raffinés tels que le passé simple ou le passé antérieur. Du coup, même si ça semble correct tu ne peux pas dire “Je lui foutûs mon poing dans la gueule”, sinon effectivement tu es foutu.

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