Le Pays basque est constitué de 7 provinces situées de part et d’autre de la frontière espagnole mais dont l’origine remonte à des siècles d’existence. Région marquée par une vraie identité vivace basée sur la pratique d’une langue qui n’en finit pas de ne pas mourir, c’est un territoire intéressant pour ce qu’il est mais aussi pour son histoire dans la construction de l’Europe moderne.

1. Le basque est une des trois langues dont on ignore l'origine

Le finnois, le hongrois et l’euskara, la langue basque, sont les trois langues dont on ignore l’origine exacte. Il s’agit de langues pré-indoeuropéennes. Ce qui est marrant, c’est qu’en basque, pays basque se dit plus ou moins pays de la langue basque (Euskararen Herria). Il est très rare qu’un territoire soit désigné par la langue qui y est parlée. La langue a donc un impact démentiel dans la construction de l’identité basques et les théories concernant son origine sont légions.

2. Quand on parle de la Navarre, on parle en réalité du pays basque

Vous savez, « roi de France et de Navarre », tout ça tout ça… Si aujourd’hui la Navarre est une province d’Espagne qui appartient culturellement au pays basque, on désignait autrefois le pays basque sous l’appellation royaume de Navarre, dont la disparition au XVI° siècle a entraîné un changement de terminologie. Dès le XIV° siècle, on parlait de terre des Basques, reconnaissant une spécificité culturelle à l’ensemble.

3. L'enjeu basque était crucial lors de la guerre civile espagnole

Au début de la guerre civile espagnole, en 1936 la Navarre est envahie par les troupes de Franco. Dès juillet, le Parti Nationaliste Basque assure le gouvernement républicain de son soutien et reçoit en échange un statut d’autonomie. Dès 1937, le pays basque est attaqué et c’est là qu’aura lieu la célèbre attaque de Guernica, qui donnera le tableau mondialement connu, au cours de laquelle les troupes allemandes et italiennes aident Franco à mater les Basques. Lors de la prise de Bilbao, les nationalistes se réfugient à Bayonne. Dès le départ, la répression franquiste est très forte au pays basque. A partir des années 50, les anciens mouvements de résistance se radicalisent pour former l’ETA au sud et l’Enbata au nord de la frontière, avec une rhétorique révolutionnaire et violente qui aboutira au terrorisme, notamment en Espagne.

4. Les premières apparitions de la pelote basque dans la littérature remontent à la mythologie

La pelote basque est une appellation générique qui regroupe de nombreux jeux légèrement différents, influencés par les jeux antiques et modifiés au contact du jeu de paume. Mais la mythologie et les vieilles stèles funéraires font déjà état de l’existence du jeu très tôt dans l’histoire basque, ce qui en fait l’un des jeux les plus anciens du monde encore pratiqué.

5. Les Basques ont passé leur histoire à s'engueuler sur les limites du pays basque

Ce sont des débats intestins sans fin ; chaque nationalisme basque propose une définition différente des frontières du pays, englobant une part plus ou moins importante de la Navarre et s’étendant plus ou moins loin vers le nord. On ne donnera pas toutes les variantes ici, mais il est intéressant de constater que chacune de ces définitions se veut très précise, au km² près.

6. C'est par le Pays-Basque que le chocolat est arrivé en France

Le cacao a d’abord été introduit en Espagne au XVI° siècle après la conquête de l’Amérique. Il était mélangé sous forme liquide avec des épices, et la boisson a commencé à gagner l’Europe. Les juifs expulsés d’Espagne s’installent alors dans la région de Bayonne et importent du chocolat qu’ils font découvrir à Louis XIII lors de leur passage à Bayonne en 1615. Dès lors, le chocolat commence à être consommé à la Cour de France et Bayonne demeurera longtemps l’un des centres de production et d’importation du cacao en France. Au XIX° siècle, les maisons de chocolat de Bayonne et du pays basque seront ainsi un des moteurs du développement économique de la région.

7. 70% de la surface du Pays basque est couverte de forêt

Ce qui en fait l’une des régions (certes non administrative) les plus vertes d’Europe malgré une importante densité de population.

8. La langue basque comporte 7 dialectes

Les jours et les mois changent, notamment, d’un dialecte à l’autre. Les Basques se comprennent plus ou moins tous entre eux, mais pas parfaitement non plus, un peu comme si l’on parlait avec un Québécois qui utiliserait des mots catalans de temps en temps.

9. L'Athletic Bilbao est très nationaliste

Le club de la capitale de la Biscaye, au pays basque espagnol, a pour spécificité de ne faire appel qu’à des joueurs nés au pays basques, ou alors basques nés ailleurs ou du moins formés au pays basque, que ce soit du côté français ou espagnol. C’est aussi le seul club à n’être jamais descendu en deuxième division depuis qu’il a rejoint l’élite espagnole.

10. Les Basques sont quand même 3 millions, sans compter l'exode

C’est un nombre important, d’autant que la langue basque continue d’être très vivace dans la région et que son nombre de locuteur tend plutôt à augmenter chez les jeunes aujourd’hui. Il y a donc un vrai enjeu identitaire d’autant que, comme on l’a dit, l’identité basque s’est construite autour de cette langue aujourd’hui encore usitée couramment.

Sinon, aucune idée d’où vient l’expression « coller aux basques ».

Sources : J’aime mon patrimoine, Wikipédia