La gueule de bois, ou gueule deub, ou GDB, est un phénomène bien connu des fêtards et des buveurs occasionnels. Hier, tout était bien, on était bien, on avait le plein de confiance et l’avenir s’annonçait radieux. Ce matin, au contraire, on a envie de mourir. Dichotomie intéressante et qui trouve sa source dans un phénomène physique, comme on peut s’en douter.

1. L'expression est dérivée de la cuite

Avoir la gueule de bois vient en réalité du sentiment d’avoir la bouche pâteuse après s’être imbibé un maximum. Peu à peu, l’expression s’est associée au lendemain de la cuite plus qu’à la cuite elle-même. Il existe d’autres mots pour désigner le phénomène, à l’image de veisalgie que l’on retrouve notamment chez Alphonse Allais et qui vient du Norvégien kveis, un terme signifiant tout simplement « inconfort succédant à la débauche ». Les Norvégiens savent être concis.

2. En réalité, notre corps prend l'alcool pour un poison

Ce qu’il se passe, quand on a la gueule de bois, c’est qu’on est intoxiqué à l’alcool. Notre corps réagit comme pour éliminer un poison. Lors de l’alcoolémie, l’alcool est transformé par l’organisme en un composé toxique, l’éthanal, dégradation de l’éthanol. À forte dose, celui-ci inflamme les tissus de l’estomac et provoque des nausées et des vomissements.

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3. Quand on picole trop, il se passe trois trucs

D’abord, les défenses naturelles sont déréglées ; ensuite, on subit une déficience en apport de nutriments (rapport au fait qu’on picole plus qu’on ne mange), enfin, notre organisme se tape un stress oxydatif, une des principales causes de cancer. Du coup, ce qu’il se passe, c’est pas du tout qu’on est déshydraté. En réalité, on se déshydrate après, parce que l’élimination des toxines nécessite beaucoup d’eau. Les symptômes de la gueule de bois ne sont en effet pas les mêmes que ceux de la déshydratation, mais se rapprochent, en revanche, de ceux de l’hypoglycémie.

4. L'alcool lui-même n'est pas responsable de la gueule de bois

Les études, pas si nombreuses, estiment que l’alcool en tant que tel n’est pas responsable de la gueule de bois, mais bien les autres substances présentes en plus ou moins grande quantité dans les boissons alcoolisées, à savoir le méthanol, l’histamine et les polyphénols. Ceux-ci pourraient expliquer les symptômes de migraines, de sudation et de vertiges.

5. Du coup, pour ne pas avoir la gueule de bois, il faut éviter de se prendre des cuites avec des boissons qui comportent beaucoup de méthanol

Ce qui est le cas des vins, notamment. À l’inverse, la vodka et tout ce qui se rapproche de l’alcool pur contient très peu de méthanol. Les Russes doivent se réveiller peinards de leur zapoï.

6. Les symptômes de la gueule de bois apparaissent au moment où le taux d'alcool dans le sang tombe à zéro

C’est que le foie ne peut éliminer qu’environ 35 mL d’alcool par heure, ce qui n’est pas énorme, puisque ça correspond peu ou prou à un verre de vin. Tant que tout n’est pas totalement traité par le foie, l’alcool inhibe la production d’ADH, une hormone qui aide à la concentration des urines. Du coup, tout le temps où cette molécule manque à l’appel, on a besoin d’énormément d’eau pour éliminer l’alcool par les urines. D’où la nécessité de boire une fois en gueule de bois (ça ne sert à rien pendant la cuite).

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7. L'unique moyen de ne pas subir une gueule de bois, c'est de ne pas trop boire

Tous les produits testés pour lutter contre la gueule de bois ont été déboutés par les études scientifiques. Il n’existe donc aucun remède miracle, si ce n’est celui de la limitation de la consommation.

8. Il ne faut surtout pas prendre d'aspirine ou de paracétamol en gueule de bois

L’alcool interagit de manière zarbi avec la plupart des médicaments. Il faut donc éviter de mélanger les deux. Si l’on est tenté de prendre de l’aspirine ou du paracétamol pour soulager la douleur, on a tort. Le paracétamol, mélangé à l’alcool, peut en effet favoriser énormément le développement d’hépatites. Quant aux aspirines, elles feront passer le mal de tête mais accentueront les effets gastriques. Autant attendre que ça passe.

9. Il ne faut surtout pas essayer de se souvenir de sa soirée d'hier quand on est en gueule de bois

C’est le meilleur moyen pour développer les deux symptômes corollaires de la GDB : la honte et la culpabilité. Vous ne voudriez pas vous infliger ça.

10. Se réveiller dans un lit avec une personne moche dont on ignore le prénom augmente de 850% le risque de gueule de bois

On vous aura prévenus.

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Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a, ma gueule ?

Sources : Sciences et avenir, Wikipédia