Depuis des années, on nous vante le modèle de démocratie sociale à la Scandinave comme la Mecque de l’organisation sociale. Les études se multiplient pour souligner le bonheur partagé par les populations du Nord de l’Europe, la qualité de leurs prisons, leur criminalité limitée, leur résistance à la corruption et leur floraison économique. Et tout ça est en grande partie vrai. Mais il ne faut quand même pas penser que les utopies existent.

1. Le taux de suicide est super élevé en Finlande ou au Danemark

La Finlande est le 14ème pays où on se suicide le plus pour 100.000 habitants. Le Danemark est légèrement plus bas dans le classement. Pourtant, la Suède, le Danemark, la Norvège ou la Finlande apparaissent souvent en tête des classements de pays où les gens se déclarent le plus heureux. Selon les spécialistes, c’est aussi dû à un biais statistique : quand votre pays passe pour le pays le plus heureux du monde, vous ne pouvez pas raisonnablement répondre à une étude en disant que vous êtes malheureux, de peur d’aller à contre-courant du groupe. Or, cette idée de l’homogénéité de la société est une composante essentielle de l’identité des pays scandinaves.

2. Il fait nuit tout l'hiver

C’est moins complexe, mais c’est quand même réel. Plus on va vers le Nord, plus il fait nuit longtemps l’hiver. Or, se taper des hivers avec en tout et pour tout 4 ou 5 heures de jour, c’est quand même pas marrant. Il faut s’accrocher pour ne pas avoir envie de se flinguer, d’autant que toutes les études prouvent que l’exposition au soleil est une donnée capitale de la bonne marche des petites endorphines.

3. Le racisme est élevé

C’est une situation contrastée en fonction des pays, mais le racisme a pris une tournure inquiétante récemment dans les pays scandinaves. On parlait de l’homogénéité des sociétés, et c’est bien de cela qu’il choisit. Alors que la Suède avait depuis longtemps une très longue et très forte tradition d’accueil de l’immigration, il n’en va pas de même pour ses voisins scandinaves. Le changement de braquet en Suède est lié au fait que le modèle suédois tant vanté par-delà ses frontières marchait tant qu’il existait une classe moyenne qui se ressemblait. Désormais, ses errements sont imputés aux disparités culturelles. Toujours est-il que, face à la crise des migrants, le Danemark a décidé de voter la spoliation de leurs biens (on a fait la même chose avec les Juifs en Allemagne à une époque que je n’ai pas à vous décrire). Finlande et Suède ont eux décidé d’expulser 100.000 migrants, avec une logique de chiffres à respecter. En Suède, on a assisté à des scènes d’horreur, quand des hommes masqués ont fait une ratonnade pour faire simple dans le métro en tabassant des migrants, y compris des enfants. Les remarques xénophobes sont communes. Il ne s’agit pas de sociétés apaisées.

4. Le système de retraites n'est pas si incroyable

On nous vend le modèle suédois de flexi-sécurité en assurant qu’il permet à la fois de préserver l’emploi et les acquis sociaux. On ne se lancera pas dans une grande diatribe sur les limites d’un tel modèle quand la population du pays dépasse 25 millions d’habitants et que le pays en question ne dispose pas de ressources naturelles, mais on peut tout de même pointer in situ les limites du système de retraite. Le système suédois est handicapant pour les populations qui ont beaucoup changé d’emploi, connu des périodes de chômage ou des bouleversements de carrière avec des disparités de salaire. Or, la précarité augmentant dans les pays scandinaves, ses limites commencent à poser de vrais problèmes d’équité sociale.

5. Tout est super cher

On le sait : si le salaire minimal dans les pays scandinaves est très élevé (plus de 2.000 euros en Norvège), c’est aussi que tout est super cher. Un séjour en Scandinavie coûte une véritable blinde : les transports sont hors de prix, la bouffe itou, les hôtels n’en parlons pas. Même pour les locaux, la vie est difficile à partir du moment où ils n’occupent pas des postes à responsabilité avec les salaires qui vont avec.

6. La natalité est super faible

Avec un taux de fécondité moyen tournant autour de 1,8 enfant par femme, les pays scandinave ont besoin de l’immigration pour maintenir leur population. Or, les problèmes récents engendrés par l’immigration et le mouvement général de rejet à son encontre vont à l’encontre de cette idée de maintien d’une cohésion et d’un système social performant. La France, elle, a un taux de fécondité d’environ 2,1 enfant par femme. Ce qui permet à la population de se renouveler entièrement d’une génération à l’autre.

7. Ce sont des pays qui polluent

Les limites du modèle économique scandinave sont très claires en matière d’environnement.La Finlande ou la Norvège occupent le top 30 des pays du monde qui émettent le plus de CO2 par habitant. Par ailleurs, tous les pays nordiques consomment plus que la terre ne peut leur offrir : il faudrait 2,7 terres pour subvenir à leurs besoins. C’est lié à l’histoire même de leur développement économique : La Norvège a construit sa richesse sur l’extraction pétrolière, la Finlande sur la déforestation et la Suède sur le commerce du fer qu’elle possède en grande quantité dans son sol.

8. La Finlande est en tête de statistiques inquiétantes

Ok, la Finlande passe pour le pays le moins corrompu de la terre et possède le plus gros PNB par tête de l’Europe. Mais le pays figure aussi très haut dans tous les classements ayant trait à l’alcoolisme, au meurtre (avec le taux de morts brutales le plus élevé d’Europe occidentale), au suicide et au recours aux antidépresseurs. La fête, quoi.

9. La bouffe est quand même pas terrible

En vrai, les spécialités nordiques ne sont pas les trucs les plus délicieux du monde. Bien sûr qu’il y a des trucs bons – on vous les a même vantés. Mais bon : si c’est pour bouffer de la baleine et du hareng fumé h24 avec une cuisine minimale, hein, des ragoûts de bœuf sans goût et des soupes tristes… Rien à voir avec l’Italie ou la France en la matière.

10. On se les gèle vraiment en hiver

Et ça, ça fait quand même vraiment chier. Aujourd’hui, il fait 22 degrés à Paris et 8 degrés à Stockholm. Et je vous rappelle que nous ne sommes pas encore en hiver. Imaginez un peu ce que ça donnera.

Mais en vrai c’est cool quand même, hein.

Sources : The Guardian, Le New York Post