« Yes le mec il est acteur porno il nique un max de meufs et il met son zizi partout, il a trop la belle vie ».

Ouais, en fait il doit aller baiser le matin à 9 heures avec des inconnus dans des lieux un peu tristes avec plein de monde qui le filme, il fait chaud, il n’arrive pas à bander, c’est galère, tout le monde est pris en otage par sa non-érection, et il prend moyen du plaisir.

1. Avoir une érection c'est maxi compliqué

En fait c’est pour tout le monde pareil, ça marche pas tout le temps et rarement quatre heures de suite. Et rarement aussi quand tout le monde attend que tu bandes. Et rarement quand ce tout le monde porte des perches et qu’il y a des lumières partout.

Outre la nécessité de prendre tout ça à la cool et de se détendre pour réussir à bander, c’est parfois tout simplement impossible pour des raisons physiologiques, genre quand tu es attaché à l’envers et que tout le sang te monte au cerveau (oui, OK, il y a porno et porno). Alors ça y va : Viagra, Cialis et d’autres trucs soi-disant médicaux. Il existe aussi apparemment un truc qui s’appelle le TriMix, qu’on injecte dans son zizi pour avoir la gaule pendant des plombes. Sympa.

2. C'est une galère de filmer les scènes de sodomie

Pour filmer une scène de sodomie, que ce soit dans le porno gay ou dans le porno straight, il faut avoir des fesses propres. Et quand le tournage dure des heures, il faut le nettoyer régulièrement parce que pendant les travaux, le transit continue. Peut-être certains ont-ils déjà positionné le pommeau de la douche devant leur anus pour se nettoyer correctement ; ils ont probablement compris que se mettre de l’eau dans les fesses n’était pas à proprement parler un truc super agréable. Les acteurs et actrices pornos doivent faire un truc du genre plein de fois par jour. Le lavement n’a pas disparu avec l’irruption de la médecine moderne.

Source photo : Giphy

3. Il y a des codes à respecter qui font chier

Les acteurs pornos ne peuvent pas faire tout ce qu’ils veulent. Au-delà même des codes racistes de l’industrie, il existe une réelle mise à l’écart des acteurs qui font du porno gay dans l’industrie hétéro. Plus que l’image, le problème concerne les standards de dépistage, du moins aux Etats-Unis, principal pays fournisseur de porno dans le monde. Dans le porno hétéro, les tests sont drastiques et le préservatif souvent absent, car le port de la capote dans une scène tournée très longuement provoque des microlésions dans le vagin ; dans le porno gay, les acteurs portent systématiquement des capotes. Du coup, les actrices hétéros ont des doutes sur la propreté du patrimoine génétique des acteurs qui font du porno gay et refusent souvent de tourner avec eux.

4. Le cul filmé, c'est long

Et du coup, ce n’est pas si cool que ça. Si le sexe dure en moyenne une vingtaine de minutes dans la vraie vie, tourner une scène de cul peut prendre la journée. Et tout le monde en a ras le bol au bout d’un moment. Faire une fellation pendant une heure, ça fait mal, ça fatigue, ça assèche la bouche, et pourtant il faut continuer. Et c’est la même chose pour le mec qui finit par avoir mal au pénis et qui, dans un environnement asséché comme le Sahel, se retrouve à buter contre des dents.

Pareil pour les positions photogéniques. Elles n’existent pour ainsi dire pas dans la vraie vie, et à raison ; elles font mal, elles demandent des efforts de positionnement, tout ça est galère, il fait chaud, c’est relou.

5. En soi, tu n'as pas envie de coucher avec tout le monde ; les acteurs pornos non plus

C’est pas parce que t’es dispo que tu as envie de coucher avec Josiane, la fille de deux quintaux qui se répand au bar et qui vient de vomir. Et même si Josiane est mignonne, si ça se trouve, elle est con et raciste. Et reloue. Les acteurs pornos sont aussi des genres de collègues et on n’a pas envie de travailler avec tout le monde, surtout quand travailler ça sous-entend mettre son zizi dans quelqu’un. Pourtant, il faut bien, parce que les acteurs ne peuvent pas plus choisir leurs partenaires qu’un employé de bureau ses collègues. Sauf à faire de la production aussi, ce qui revient à peu près à être cadre et responsable de son équipe.

Source photo : Giphy

6. Se reconvertir c'est galère

Peut-être qu’après 10 ans de bons et loyaux services, certains acteurs aimeraient se ranger des voitures et revenir à la comptabilité. Mais c’est compliqué, après 10 ans de pornographie, d’expliquer le trou dans son CV. Et, si les mentalités changent, elles demeurent extrêmement conservatrices.

7. Les acteurs pornos en France sont considérés comme des cascadeurs et c'est pas le même régime que les acteurs

Et les grilles indiciaires sont différentes. Un cascadeur touche entre 400 et 600 euros brut pour une journée de tournage. Un acteur touche beaucoup plus, même quand il n’est pas super connu. Ce sont des questions de conventions collectives, qui, en matière de rémunération minimale des interprètes et des cascadeurs, ne sont pas très claires.

8. T'es obligé de te coltiner des soirées avec les mecs de Jacquie et Michel

C’est quand même le vrai problème. Il faut leur parler, et tout, et avoir des trucs à leur dire.

« Ouais, Ok, mais vazy en vrai tu dois te taper plein de meufs tout le temps c’est maxi cool. »

Ça vaut le coup de s’emmerder à faire des tops.


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