Depuis l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, il valait mieux faire masse et ressembler à tout le monde, sous peine d’être considéré comme sorcier. Pensez à Jeanne d’Arc, brûlée sorcière à Rouen à cause des voix dans sa tête ; si les mêmes Anglais instigateurs du bûcher m’entendaient parler tout seul toute la journée, je peux vous dire que j’aurais chaud aux fesses.

1. L'épilepsie

A Rome et au Moyen-âge, les crises d’épilepsie étaient considérées comme des signes de possession par le diable. On interrompait les comices et on parlait de cette maladie comme du haut mal. Quand un pauvre type se retrouvait complètement catatonique et tremblant, on ne faisait pas venir le médecin, mais le prêtre ou son équivalent. Sûr que ça devait grave le soulager.

2. Les règles

Jusqu’au XIX° siècle, les règles ont été considérées comme des trucs super bizarres, mystérieux et sales. Les femmes devenaient hystériques une fois par mois, elles ne devaient pas toucher de jambon sous peine de le faire moisir, etc. Surtout, les règles étaient vues comme une manifestation physique d’un châtiment divin, les femmes étant condamnées à laver leur impureté morale en évacuant leur sang. N’imp.

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3. La rousseur

Depuis l’Egypte antique, les roux s’en prennent plein la gueule. Chez les mecs qui marchaient de profil, la haine des roux émanait de la mythologie. En effet, le dieu Seth, frère et assassin impie du dieu Osiris, était roux. La même figure apparaît dans la Bible, cette fois-ci sous le nom d’Esaü. Et je vous le donne dans le 1000 : que rappelait la rousseur de sa chevelure et de ses poils ? Les flammes du diable, les mecs. Sans compter que Judas, selon la tradition populaire, était lui aussi du genre rouquin, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, vous aviez une assez bonne chance de terminer sur le bûcher si votre taux de phéomélanine était un peu trop élevé.

4. Le boitillement

Jusqu’à la Renaissance, partant du principe que ce qui relevait du divin devait être beau et symétrique, toute chose un peu bancale était suspecte. Et puisqu’on n’aimait pas non plus trop les Juifs, à l’époque, on se mit en tête que tous les Juifs du monde boitaient ; d’ailleurs on dessina Jacob, Saul ou Salomon avec des cannes ou des pieds bots. Clic clac, l’affaire est dans le sac, les boiteux étaient des êtres maléfiques apparentés avec le grand complot juif. Soit des types qu’on ne voulait pas avoir près de chez nous. Soit des types qui devaient décamper. Décamper en boitant.

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5. L'albinisme

Ce qui est affreux, avec l’albinisme, c’est que la dépréciation et la persécution des albinos continue encore aujourd’hui dans certains pays d’Afrique subsaharienne. Les légendes africaines traditionnelles décrivent les albinos comme des anormaux qui disparaissent plutôt qu’ils ne meurent, ne voient pas la nuit, dans les yeux sont rouges et le développement anormal. Ajoutez à cela la rareté de la chose qui peut laisser entendre que les organes des albinos peuvent sauver des personnes qui ne le sont pas, et vous avez tous les ingrédients d’une bonne grosse vie de merde pour les pauvres albinos. La situation tend toutefois à s’arranger, puisque les justices nationales s’emparent désormais des affaires en condamnant les auteurs de meurtres, ce qui n’a pas toujours été le cas. 

6. L'homosexualité

Jusqu’en 313 et l’imposition du christianisme comme religion d’Etat à Rome, l’homosexualité se situait dans une sorte de zone grise, répondant à des règles spécifiques, tolérées quoique moquées. Toutefois, les codes moraux incitant à considérer l’homosexualité comme une tare préexistaient au christianisme. En tous les cas, à partir du XIIIème siècle, il valait mieux se tenir à carreau. L’homosexualité étant décrite comme une abomination par la Bible, elle relevait de la perversion diabolique et conduisait à des répressions plutôt sévères, comme la lapidation, l’enterrement vivant ou le bûcher. Encore lui.

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7. Les taches de naissance

Les taches de naissance ont longtemps été considérées comme des signes mystiques. Dans certaines cultures propices à croire en des trucs genre la réincarnation, elles étaient le stigmate de la mort de l’enfant dans sa vie antérieure ; dans la France chrétienne, elles étaient selon la période une marque du démon qui jetait l’opprobre sur la mère, un signe des humeurs ressenties par cette même mère pendant la grossesse et transmises à l’enfant sous forme de marques, en tous les cas une réalité peu naturelle. Une anecdote veut qu’en 1794, la mère d’une petite fille portant sur le sein gauche une tache de naissance en forme de bonnet phrygien ait reçu du gouvernement une coquette somme pour la récompenser de son patriotisme républicain. Pas de bûcher à la sortie, mais pas mal de croyances idiotes.

8. Les infirmités

Toujours selon la croyance bien pratique pour pas trop s’emmerder à étudier les vraies causes selon laquelle les souffrances physiques ne seraient que la stigmatisation des pêchés portés par le malade, les bossus, les sourds et les aveugles, s’ils méritaient la charité, ne devaient pas être fréquentés, car leur contact pouvait être contagieux, non sur le plan physique mais spirituel. On ne voulait pas se retrouver en coloc avec le démon pour avoir fait trois blagues sur Cunégonde avec le bossu.

Non seulement, les mecs étaient infirmes, mais en plus ils n’avaient aucun ami.

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En même temps, on se moque, mais on va peut-être se rendre compte dans 100 ans que les paranoïaques avaient raison, et on se moquera de nous pour avoir cherché à éviter leur compagnie fatigante.


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