L’inné et l’acquis, l’acquis et l’inné : on ne refera pas le débat. La science, dernièrement, tend pourtant à mettre en lumière de nombreux facteurs génétiques à même d’expliquer le développement de pathologies qu’on aurait pu penser exclusivement culturelles. Il ne s’agit pas systématiquement de déterminisme, l’expérience prouvant qu’il est également possible de changer certains comportements génétiquement induits, mais d’un éclairage pas mal déculpabilisant pour tout le monde à même d’expliquer des appétences propres à chacun.

1. L'amour pour le gras

Une étude menée par des chercheurs de l’université de Cambridge montre que l’attirance pour le gras est liée à la mutation d’un gène, le gène MC4R. Ce gène est responsable du contrôle de la faim. Tous les individus ayant participé à l’étude et présentant une mutation du gène ont mangé plus gras que les autres. Du coup, l’envie permanente de pizzas est juste liée à un putain de gène. Première nouvelle.

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2. Le choix de ses amis

On se croit libéré du carcan familial, des conventions et des préceptes lorsque l’on choisit ses amis. Pourtant, non. Au-delà des déterminismes sociaux (quelle école fréquente-t-on, où est-ce qu’on habite, dans quelle branche est-ce que l’on travaille, etc.), des scientifiques ont réussi à démontrer que l’amitié avait une réelle prédisposition génétique. Une étude a ainsi consisté à comparer le million et demi de marqueurs génétiques de 1900 personnes avec ceux de leurs amis. Sa conclusion est que la plupart des individus partagent a minima 1% de leur patrimoine génétique avec leurs proches. Cela semble peu, mais c’est extrêmement significatif, compte tenu de la diversité abyssale du génome humain. Trop des bros, quoi.

3. La peur des mathématiques

Une étude semble montrer que l’angoisse liée à la pratique des mathématiques pourrait avoir des origines génétiques. Les niveaux d’anxiété et les résultats en mathématiques de 216 jumeaux monozygotes et 298 jumeaux dizygotes ont ainsi été mesurés, et les résultats laissent entendre que l’anxiété, un phénomène généré par la génétique, a un impact prépondérant dans la capacité logique et les difficultés rencontrées par les individus testés.

4. Le bonheur conjugal

La plupart des études psychologiques prouvent que la capacité de distanciation par rapport aux émotions négatives est au cœur du bonheur conjugal. Or, cette capacité a manifestement des origines génétiques. Des chercheurs américains ont ainsi identifié un gène à la base de la sécrétion de sérotonine, laquelle a un impact direct sur l’empathie et la confiance en soi. Les génotypes de 156 couples mariés ont ainsi été analysés, de la même manière que leur satisfaction conjugale, sur la base d’un questionnaire rempli par deux fois à cinq ans d’intervalle.  Les résultats indiquent que la longueur du gène 5- HTTLPR détermine la capacité d’un individu à faire face aux émotions négatives et donc à gérer les conflits ; plus le gène est court, plus la personne sera impactée par les conflits et amenée à se focaliser sur les problèmes plutôt que sur les points positifs.

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5. La procrastination

Une étude américaine met en lumière le lien direct entre procrastination, stress et dépression. Les gènes responsables de la procrastination et de l’impulsivité seraient pour partie héritables des parents. Par ailleurs, l’étude établit un lien clair entre l’impulsivité et la procrastination, avec cette idée que la poursuite d’objectifs dans une démarche logique ne serait pas une preuve d’intelligence, mais bien le résultat d’une capacité génétique. J’ai pas lu toute l’étude, par contre, je le ferai demain.

6. Les cheveux blancs

Des chercheurs de l’University College London ont déterminé le gène à l’origine de la dépigmentation des cheveux. Outre les facteurs environnementaux, le blanchiment des cheveux serait ainsi déterminé par l’allèle IRF4, dont les différentes variantes expliqueraient la précocité ou le caractère tardif de ce phénomène caractéristique du vieillissement qui permet parfois à des gens très bien de 28 ans d’avoir des airs ridicules de vieux beaux sans avoir rien demandé à personne.

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7. L'hyperactivité

Des scientifiques de l’université médicale de Cardiff ont établi un lien clair entre l’hyperactivité chez l’enfant et des anomalies du développement cérébral. L’apparence de l’hyperactivité chez l’enfant n’est donc pas le résultat d’un problème d’éducation. Les analyses ont démontré que les enfants atteints de troubles comportementaux assimilables à de l’hyperactivité présentaient des anomalies sur des courtes séquences d’ADN dans le chromosome n°16, un syndrome également associé au développement de la schizophrénie.

8. Le somnambulisme

Une analyse génétique du patrimoine de 1940 enfants présentant des troubles du sommeil de type somnambulisme ou terreurs nocturnes a démontré que les enfants dont au moins un parent a souffert ou souffre encore de troubles similaires ont trois fois plus de chances de développer ces pathologies que les autres, la probabilité atteignant même 7 fois plus de chances dans le cas où les deux parents en sont atteints. En revanche, aucune analyse ne permet de dire si le fait que je tape somnambulisme au lieu de somnambulisme à chaque fois que je dois écrire ce mot est liée à une prédisposition génétique.

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9. Les refus alimentaires chez l'enfant

Le fait de ne pas vouloir goûter les courgettes n’est pas simplement un caprice infantile. En réalité, chaque individu disposerait de préconçus inné qui le pousseraient à éviter certaines odeurs ou textures. L’intérêt pour de nouveaux aliments chez le très jeune enfant serait influencé à 58 % par les gènes. Du coup, les parents peuvent arrêter de se flageller en se disant qu’ils ne savent pas s’y prendre pour faire aimer les endives au jambon à la petite Léa.

10. L'intolérance au fromage

Le fromage est l’un des aliments les plus clivants de l’histoire de l’aliment. Une étude prouve que, chez les personnes qui n’aiment pas le fromage, la structure cérébrale activée par l’irruption de la faim reste muette devant une image de fromage. En revanche, les aires cérébrales du circuit de la récompense étaient déclenchées devant ces mêmes images pour ce même public, signe que le dégoût provoqué par l’aliment déclenche une sensation positive, sans doute d’appartenance ou d’affirmation de soi.

Preuve qu’il ne faut pas insulter les gens qui n’aiment pas le fromage.

Il semblerait aussi que le fait de faire des listes tout le temps soit un héritage génétique qui se manifeste d’abord par la capacité du jeune enfant à trier ses briques Duplo.


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