Argent trop cher, tout ça tout ça. Parlez-en au PSG : près de 500 millions d’euros investis pour avoir la meilleure attaque d’Europe et une sortie en huitième de la Ligue des Champions. Y’a de quoi rager, mais ce n’est pas le pire investissement jamais réalisé, hein, non, je vous assure, la ligne Maginot, par exemple, ça a coûté plus cher pour encore moins d’utilité.

1. Le trio d'attaque du PSG

Neymar : 220 millions d’euros. Cavani : 68 millions d’euros. MBappé : 180 millions d’euros. 468 millions d’euros pour perdre comme une merdre un huitième de la Ligue des Champions en plantant en tout et pour tout deux buts en deux matchs (dont un de Rabiot). A ce prix-là, il aurait peut-être mieux valu acheter une planète pour jouer tout seul.

2. Le Charles de Gaulle

3 milliards d’euros pour à peu près rien si ce n’est pouvoir dire que nous aussi on a un porte-avion nucléaire, comme les Américains. Des arrêts techniques en pagaille et un matos pas fiable fiable, voilà, c’est notre porte-avion national qu’il a trop la classe.

3. La ligne Maginot

Cinq milliard de francs de l’époque investis entre 1930 et 1936. Infranchissable la ligne Maginot.

Hahahahahahahhahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha.

4. Les travaux préparatoires de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Les collectivités locales avaient déjà investi près de 20 millions d’euros dans le projet abandonné après une soixantaine d’années de tergiversations. Autant dire, vu les ressources actuelles des collectivités, qu’on aurait mieux fait de les foutre ailleurs. Sans compter les quelques centaines de millions d’euros que coûtera l’indemnisation de Vinci (le chiffre exact est sujet à débats).

5. La voir d'essai de l'Aérotrain Paris-Orléans

Construite en 1968 et abandonnée en 1977 : 18 km pour 24 millions de francs, sans compter les investissements placés dans l’aérotrain lui-même dont les essais ont été infructueux. Aujourd’hui, cela coûterait 13 millions d’euros de la détruire, donc on la laisse là et on peut la voir depuis le train qui marche, lui.

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6. La gare de Lorraine TGV

Située en rase-campagne et pas reliée aux lignes locales, elle est loin de tout, inusitée et sa construction a été dénoncée comme étant une grosse connerie par la Cour des comptes. Mise en service en 2007, elle n’a attiré que le moitié du nombre de voyageurs attendus et sera sans doute déplacée, pour un coût pouvant avoisiner un milliard d’euros. Sa construction, déjà, a coûté super cher (difficile d’estimer le prix, parce qu’il faut en plus coûter celui de l’affrètement de navettes). Bref, une belle connerie.

7. Le Bridge to Nowhere de Nouvelle-Zélande

Un pont routier construit dans les années 1930 pour traverser une rivière. Seul hic : aucune route n’y mène. Bien pensé.

Crédits photo (creative commons) : Dilaudid

8. La ligne de Saint-Maurice-sur-Moselle à Wesserling

8280 mètres de tunnel jamais achevés. Commencés en 1932, les travaux s’arrêtent dès 1935 faute de crédits suffisants et le tunnel servira de base pour une usine allemande pendant l’occupation. Toujours ça de moins à investir pour les Allemands à l’époque : pratique.

9. La centrale nucléaire de Bellefonte

Située aux Etats-Unis, elle a fait l’objet d’un investissement initial de 5 milliards de dollars et n’a jamais été terminée. Au final, en 1988, après 13 ans de travaux, on a cessé de s’y intéresser. Rachetée fin 2016 pour 13 milliards de dollars par une boîte privée, elle n’est toujours pas en service. 18 milliards pour rien.

10. Le rachat d'Uramin par Areva

Alors menacée en raison de l’alternance prévue, Anne Lauvergeon décide de consolider sa place à la tête d’Areva en rachetant Uramin, une boîte canadienne qui assure être en possession de plusieurs gisements d’uranium en Afrique. Seul problème : la société est une arnaque. Faisant fi des avis de ses collaborateurs, Lauvergeon dépense 2 milliards d’euros pour racheter la boîte et se rend compte que les gisements ne sont pas du tout exploitables. Areva perd 3 milliards d’euros et Lauvergeon saute. Heureusement que papa Etat était là pour assurer la survie de la boîte à grand renfort d’investissements publics.

En même temps, quand on a trop d’argent, on ne sait pas forcément quoi en faire.