Ils posent, heureux, de chaque côté de leur nouveau-né qui dort, un sourire paisible sur les lèvres. Ce que ces clichés ne disent pas, c’est que le bébé a les cheveux gras, que la mère se fait pipi dessus et que le père est en dépression. Et encore plein de choses qu’on vous révèle sans plus tarder.

1. La mère est en pleine dépression Post Partum.

Elle était tellement fière de faire un « Baby-blues » qu’elle l’a même mis en statut sur Facebook. Ca ne lui faisait pas vraiment peur, d’abord parce que ce petit nom, c’est trop mignon, et aussi parce qu’elle savait que ça durerait entre deux heures et quinze jours max. Ce qu’elle ignorait, c’est qu’elle se taperait après une dépression Post-Partum (DPP), qui est beaucoup moins marrante et beaucoup plus longue, et pendant laquelle on se demande si on aime vraiment ce bébé et si on ne lui a pas fait le pire des cadeaux qui soit, en lui donnant la vie dans ce monde de merde.

2. Le père aussi est en Very Bad Trip

Environ 7% des pères présentent des symptômes dépressifs dans les trois mois suivant l’accouchement, et c’est le cas pour 25% d’entre eux dans les trois à six mois après la naissance. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, les jeunes papas ont plus de risque de se taper une DPP si leur conjointe souffre elle aussi de dépression. AMBIANCE.

3. La mère complexe de ses kilos en trop...

Elle pensait enfiler son jean taille 36 au moment de rentrer à la maison, mais en fait non. Elle est d’autant plus dégoûtée qu’elle a vu plein, dans Closer, des nanas hyper gaulées en sortant de la maternité (même que la veille de leur accouchement, elles avaient autant de bide que si elles avaient bu un petit demi de trop). Mais finalement le pire dans tout ça, ce n’est pas tant les kilos en trop, mais la culpabilité qu’elle ressent à se prendre la tête avec ça tout alors que le plus important c’est d’avoir un bébé en bonne santé. Et hop, une petite double peine, c’est cadeau (et que le début).

4. ... Et aussi de ses cicatrices.

Avant, elle complexait juste de ses vergetures et de sa cicatrice de césarienne. Maintenant elle culpabilise de complexer, parce qu’on lui a dit que c’était ce qu’il y avait de plus beau, d’être mère, et que ces cicatrices c’était comme un fabuleux dessin que son enfant lui avait offert directement sur le corps. Du coup elle a l’impression que c’est déjà trop tard pour être une bonne mère puisqu’elle déteste ce premier dessin, et elle redoute le jour où il lui en offrira un autre qu’elle n’aura même pas envie d’accrocher au frigo tellement ça lui rappellera ses cicatrices.

5. Et puis elle a mal aux cicatrices.

Ses cicatrices ne la font pas seulement complexer et culpabiliser de complexer, elles la font aussi souffrir. Si elle a accouché par voie basse, et en particulier si elle a eu une épisiotomie, elle ne se déplace pas sans sa petite bouée pour s’asseoir. Si elle a accouché par césarienne, elle repense à ceux qui disent que « il y a des femmes qui voudraient une césarienne de confort juste pour avoir moins mal », et ça la fait rire, mais rire, si bien qu’elle est obligée de penser à un truc triste pour éviter de se péter les sutures.

6. Du coup la sexualité, "c'est pas vraiment ça".

C’est une formule très chic et pudique pour dire que ça fait des mois qu’ils n’ont pas fait l’amour. Encore une fois, le pire n’étant pas vraiment qu’ils traversent actuellement le Désert de Gobite, mais le fait qu’ils se mettent une pression dingue à ce niveau-là parce que tous les journaux qu’ils trouvent chez le pédiatre titrent : « Parents, retrouvez dès maintenant une sexualité épanouie », alors qu’ils ne veulent pas retrouver dès maintenant une sexualité épanouie, bordel, ils veulent juste dormir, et qu’on leur foute la paix.

7. Elle a des saignements non stop.

Elle n’a pas eu de règles pendant 9 mois, TIENS, PRENDS CA DANS LA TRONCHE, ou plutôt dans la culotte filet. Et hop, deux à six semaines de saignements intensifs pour madame, ça lui apprendra à donner la vie. L’utérus est en train de cicatriser et expulse les résidus de grossesse, ça s’appelle les lochies, ça a un nom de chien sympa et affectueux type labrador sable, mais c’est extrêmement usant et fatiguant.

8. Elle souffre d'incontinence urinaire.

Elle ne peut donc pas faire de sport, ce qui est un peu chiant mais pas trop, mais ne peut pas non plus éternuer ni rire trop fort, ce qui est très handicapant, en revanche. Heureusement pour elle, elle a le droit d’aller s’offrir une petite rééducation du périnée, pendant laquelle on lui met une sorte de joystick relié à une console dans le vagin, qu’elle doit contracter pour attraper les bons points sur l’écran. Le kiné la félicite en disant « Oui, très bien madame, bravo, allez hop, on contracte ! » et il a l’air tellement content qu’elle a presque envie de lui demander d’applaudir avec ses testicules, pour être en communion génitale.

9. Elle a très peur d'aller à la selle.

C’est une des premières questions qu’on lui pose tous les matins, les jours qui suivent l’accouchement. « On est allés à la selle ce matin ? » La première fois, elle voit pas très bien le rapport avec l’écurie, après elle comprend qu’il s’agit juste de savoir si elle a fait caca. Non, elle n’a pas fait caca. Elle ne veut pas faire caca. Plus jamais. Ou alors pas avant cicatrisation complète.

10. Elle a découvert le terme "incontinence anale".

C’est ce que lui a dit le médecin, quand elle a expliqué son petit problème du moment. Elle a cru à une blague, mais le médecin lui a dit qu’il était très sérieux, et que ça touchait 10 à 15% des femmes après l’accouchement. Elle est tombée des nues, elle n’avait jamais entendu parler de ça. Enfin si, une fois sur Topito, mais elle ne l’avait pas cru.

Ca fait beaucoup de choses à encaisser d’un coup, mais rassurez-vous, ce qu’on ne dit pas ici c’est combien il suffit d’avoir un bébé qui s’endort dans vos bras pour oublier tout le reste. A condition d’avoir bien positionné sa bouée avant de s’asseoir.