On imagine les médicaments comme des trucs aseptisés, préparés par des cracks et presque entièrement chimiques. On oublie que la médecine, c’est avant tout un héritage des temps ancestraux où l’on bouffait une plante et on voyait ce qu’il se passait. Aujourd’hui encore, de nombreux traitements de pointe sont découverts par hasard ou impliquent d’ingérer des trucs un peu dégueulasses ; à se demander comment l’idée est venue à quelqu’un de tenter l’expérience. Mais tant mieux si ça marche.

1. Les fourmis décapitées font d'excellents points de suture

Les fourmis Dorylus sont très courantes en Afrique centrale. Elles sont surtout connues pour leur morsure extrêmement désagréable. Mais ça n’a pas que des désavantages. En réalité, leurs petites pinces de l’enfer ont un avantage comparatif indéniable par rapport à celles des autres fourmis : d’une part elles ne sont pas venimeuses, de l’autre elles sont capables de refermer des plaies. Si l’on se blesse en Afrique, loin de tout dispositif médical, on aura donc tout intérêt à aller titiller des Dorylus pour qu’elles s’attaquent à l’endroit de notre plaie, puis, une fois celles-ci bien agrippées, à les décapiter. La plaie sera ainsi maintenue et refermée. Et la technique est encore utilisée aujourd’hui par des tribus traditionnelles.

2. Se faire bouffer par des poissons : une bonne manière de soulager psoriasis

Le psoriasis, c’est pénible et il n’existe pas vraiment de traitement définitif qui permette d’en venir à bout. En revanche, une bonne technique pour soulager les démangeaisons consiste à se baigner au milieu de petits poissons qui viennent bouffer la partie supérieure de l’épiderme. Il existe notamment un centre entièrement consacré à ce traitement en Turquie. Les poissons bouffent les cellules mortes. L’eau dans laquelle on se plonge est riche en selenium et apaise la peau saine, rendant le risque d’épisodie moins critique.

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3. Ingérer un parasite pour soigner une inflammation intestinale

La rectocolite hémorragique n’a pas seulement un nom nul, c’est aussi une maladie nulle et chronique qui fait mal et est très très désagréable. Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitements gravés dans le marbre qui permettent de la soigner et la médecine s’est tournée vers des solutions pas très conventionnelles. Après s’être rendu compte que les cochons qui souffraient d’un ver solitaire étaient moins touchés par la maladie que les autres, un mec qui souffrait de rectocolite s’est mis en tête d’avaler des oeufs de petits vers pour voir ce qu’il se passait. Et sa maladie est entrée dans une phase de rémission. le truc, c’est que la réaction du corps à l’invasion parasitique consiste en la sécrétion de mucus en quantité, ce qui est nécessaire pour protéger l’intestin contre les conditions ulcéreuses et prévenir l’inflammation.

4. Douleurs chroniques ? L'azote liquide !

Une chambre froide. Il va de soi que c’est pas le truc qui donne le plus envie sur terre. Mais alors une chambre dont le refroidissement est assuré par de l’azote liquide, ça ne donne vraiment pas envie. Il fait froid froid froid, on porte juste des gants et des chaussettes pour éviter les engelures et hop ! C’est parti. La thérapie réduit l’inflammation musculaire et provoque la production d’endorphines : les douleurs s’estompent. Il suffit de rester quelques minutes dans la pièce pour en sentir les bénéfices. Les sportifs de haut-niveau utilisent la technique après leurs matchs, à l’image de Rafael Nadal.

5. Vous voulez un bon remède contre la syphilis ? Le paludisme

Aujourd’hui, on ne crève plus de la syphilis. On ne crève plus parce qu’il y a des médicaments qui permettent de la soigner. Et ce médicament, quand il a été découvert, a valu à son inventeur le prix Nobel de médecine. Il fallait y penser : pour vaincre la syphilis, il suffit de contracter la malaria. A petite dose.

La médecine était impuissante face à la bactérie qui cause la syphilis, jusqu’au jour où un mec s’est rendu compte que la fièvre la détruisait. Or, s’il y a bien un truc que la malaria sait faire, c’est filer la fièvre. Du coup, on inocule la malaria à la personne qui a la syphilis, puis on soigne la malaria et pouf, tout va bien.

6. Soigner un cancer grâce à l'herpès

Un médecin londonien a un jour fait une découverte capitale : dans 93% des cas, l’action conjointe de la chimio, de la radiothérapie et du virus de l’herpès butait toutes les cellules cancéreuses des personnes atteintes de tumeur au cou ou à la tête. En injectant une version modifiée génétiquement du virus directement dans la cellule cancéreuse, on assiste à une désintégration totale de la cellule. Dans le même temps, la présence du virus fait office de ramdam pour alerter tout le système immunitaire qui envoie les globules blancs à la rescousse. Et hop : fini le cancer. Des expérimentations sont aujourd’hui à l’oeuvre pour les cancers de la peau et du sein.

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7. Des super-aimants pour soigner le cerveau

Les personnes atteintes de troubles bipolaires peuvent être traitées par des machines à résonance magnétique : leur moral remonte aussitôt. Ces machines consistent en des gens d’immenses scanners ou des aimants agissent pendant quelques temps à pleine puissance sur le cerveau. Découverte par erreur lors d’une simple expérimentation visant à obtenir des IRM des cerveaux de personnes bipolaires, la technique a ensuite été testée empiriquement avec des résultats époustouflants. Au Etats-Unis, le protocole est désormais approuvé par les autorités médicales lorsque les traitements plus classiques ont échoué.

8. Des prépuces de bébé contre des maladies de peau

Les ulcères veineux sont des affections de la peau qui créent des plaies béantes assez merdiques et assez dangereuses. Récemment, une université de Floride a mis sur pied un nouveau protocole de soin : il s’agit d’un spray constitué en grande partie de cellules cultivées un vitro à partir de prépuces de bébés. L’utilisation du spray permet d’éviter une intervention lourde façon greffe de peau. Pas mal.

9. De l'Advil pour soigner les troubles émotionnels

Mal-être, troubles émotionnels : on ne va pas en faire tout un foin. On ne va pas se mettre sous antidépresseurs juste pour ça. Pourtant, il existe manifestement des solutions. Et cette solution, c’est de l’Advil, ou du Tylenol. En 2009, deux expériences ont prouvé que le paracetamol avait un impact très net sur les douleurs psychologiques. En réalité, les zones du cerveau activées par la douleur physique et par la douleur sociale ou psychologique sont exactement les mêmes : on peut donc tout à fait avoir recours au paracétamol pour soigner un coup de mou, comme un mal de tête.

10. Soigner une crise cardiaque en prenant le soleil

Une Université du Colorado a mené une enquête sur des souris pour comparer le risque d’irruption d’une crise cardiaque chez des individus selon s’ils étaient exposés ou non au soleil. Les spécimens exposés largement au soleil récupéraient jusqu’à deux fois plus vite de leur épisode coronarien que les autres. L’exposition au soleil engendrait une production supérieure des protéines à même de protéger le coeur contre la récidive.

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Bon les gens tout ça c’est bien joli, mais merci de ne pas faire de l’auto-médication à partir de ce qu’il y a écrit dans ce top, parce qu’on parle ici de recherches et que rien ne vaut une consultation chez le médecin pour avoir un vrai protocole de soins. Alors lâche cette bouteille d’Advil.

Sources : Cracked, Cracked, Slate