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Crédits photo (creative commons) : S.J. de Waard

Régulièrement, les défenseurs de la francophonie, ici et ailleurs (coucou le Quebec!) parviennent à imposer quelques termes destinés à endiguer le monopole de l'anglais dans le domaine du numérique. C'est super. Mais sans s'en rendre compte, ces militants font parfois plus de mal que de bien au français en enrichissant son lexique avec des termes foireux que 1) personne n'utilisera jamais 2) repose sur une étymologie foireuse. Après "pourriel" et "mot-dièse", voilà la nouvelle fournée des appellations publiée au Journal Officiel, et que vous n'oserez jamais utiliser.

  1. arrière-guichet (back-office)
    L'art de décourager les start-up les plus ambitieuses en un claquement de doigts : il suffit de parler des entreprises du numérique comme si c'était des épiceries, "pas très ergonomique votre guichet... c'est pas bon pour les clients, ça..."
  2. blogue (blog)
    Donc ok, pour défendre la langue française, il suffit de prendre un terme étranger et de l'écrire n'importe comment. Allons-y gaiement, et ce "ouikende" on va jouer au "foutbaule".
  3. fureteur (lurker)
    Vous aviez besoin d'un mot pour décrire ces gens qui lisent des pages contributives sans y participer ? Non. Du coup, vous n'utilisez pas "lurker". Et vous n'allez pas commencer à parler de "fureteur". Quel rapport avec le furet d'ailleurs ?
  4. imagette (thumbnail)
    Mais PERSONNE NE DIT "THUMBNAIL" ! Pourquoi vouloir coller un mot crétin à un besoin inexistant ? On dit "image", "aperçu" ou "vignette" selon le cas, mais on ne dira jamais "imagette". On va quand même les féliciter de ne pas avoir opté pour "ongle de pouce".
  5. microblogage (microblogging)
    Sérieusement ? Y'a une commission qui bosse et qui conclut qu'en rajoutant "-age" à un truc qui finit en "-ing", ça devient plus respectueux de la francophonie ? On cherche une place de "parkage" et on part en "campage" cet été ?
  6. dépannage (troubleshooting)
    Ouais, pas mal... mais bon, on l'avait trouvé tout seul celui-là. C'est un peu comme si le Journal Officiel nous expliquait aujourd'hui qu'on pouvait traduire "link" par "lien". Ben ouais, on sait. Merci.

Quels seront les prochains ? On a notre petite idée sur la question ...