Crédits photo (creative commons) : Bill S

Il faut le dire, à la télé, tous les sports ne se valent pas forcément. Attention, on ne parle pas de la qualité des sportifs ni de leur mérite, mais du "show" offert (ou pas) par les retransmissions. Il est plus facile de prendre son pied à une finale du 200 mètres en natation que devant du water-polo. Pour contrer les incertitudes du sport, les commentateurs ont donc chacun leur petit truc pour nous faire oublier notre potentiel ennui. Florilège...

  1. S'égosiller à la "Eugène Saccomano" (football, RTL)
    Consiste à s'extasier devant n'importe quelle action en montant dans les aigües. "OHLALALA quelle passe en retrait à son gardien" ! Pour habituer l'auditeur, détail important, il est nécessaire d'adopter cette attitude dès le générique de l'émission. On refaiiiiit le top.

  2. Le débit mitraillette à la "Patrick Montel" (athlétisme, Ftv)
    Hurler à une vitesse de 500 mots/s et un volume de 128 décibels. Surdité garantie à quiconque essaierait de déchiffrer ses propos. L'athlétisme, c'est comme la branlette : ça rend sourd.

  3. L'expression imagée à la "Pierre Salviac" (rugby, ancien de FR2, émet aujourd'hui sur Radio Pôle Emploi)
    Réussir à caser entre deux blagues graveleuses sur les noms de joueurs comme Laurent Labit ou Laurent Travers (ou les deux) des expressions bien senties telles que "il faut remettre l’église sur la place du village", "la cabane est tombée sur le chien" ou "le cochon est dans le maïs". Le temps de comprendre où il voulait en venir et le match était terminé.

  4. Le sacré tic à la "Thierry Adam" (cyclisme, Ftv)
    Tenter de rendre vivantes les étapes de plaine du Tour en assurant que le "club des cinq" à l'avant réalise un "sacré numéro" alors qu'ils ont 32 secondes d'avance à 158 kilomètres de l'arrivée. Consiste aussi à réveiller le chauvin en nous à chaque fois qu'un français figure dans ces échappées publicitaires. Bien étirer les mots importants autant que possible et parler au besoin un peu trop près du micro. En cas de fringale, se reposer sur Jean-Paul Ollivier, qui nous évoquera avec délectation la magnifique abbaye de Pouilleux-le-haut (qui maintenant fabrique des craies).

  5. La prise de position à la Jean-Louis Moncet (Formule 1, TF1)
    Profiter d'une course pour encourager subtilement l'une des équipes en lice (marche aussi avec Xavier Gravelaine) : "ah quelle course de Ferrari", "le meilleur moteur est indiscutablement celui de Ferrari", "encore une leçon stratégique de Ferrari...". Vous vous mettez dans la poche une partie du public et le reste vous déteste. L'important c'est de ne pas laisser indifférent
  6. Le diable de tic à la Christian Jean-Pierre (foot, et malheureusement rugby, TF1)
    Établir plusieurs phrases-types et les faire répéter à un magnétophone. "ce diable de X. qui n'est pas loin pour le ballon d'or", "Et on ouvre", "la chaaaarge de X", , "j'adore ce joueur", "Attention !", ou une anecdote du style : "Rafael et Fabio qui en plus d'être jumeaux ont le même âge". Consiste aussi à hurler pendant 15 minutes l'exploit qu'est en train de réaliser l'équipe menée au score avant de se rendre compte de sa méprise...
  7. L'appel à l'homme de terrain à la "David Astorga/Cédric Beaudou"
    Indispensable pour nous rappeler qu'il fait beau, qu'il y a des gens dans le stade et que la pelouse est verte. Et que le téléspectateur ne ratera donc rien, au moindre détail prés. Même si on s'en cogne.

  8. L'approche café du commerce à la "Thierry Roland"
    La regrettée technique du bon père Thierry : pour que le public se sente proche et qu'il continue à en parler le lendemain autour d'un petit jaune au comptoir, balancez autant d'idées reçues et de blagues limites que possible sur des adversaires: "Il n'y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu'un autre Coréen, surtout habillé en footballeur. Ils sont tous bruns, mesurent tous 1m75...". La liste est longue...

  9. L'endormissement sournois à la "Lionel Chamoulaud" (tennis, Ftv)
    Anesthésier le téléspectateur par un ton aussi monocorde que possible. On sent derrière quelques années de formation à l'école Jean-Paul Loth. On lui accorde que meubler 8 heures de match entre Nadal et Djokovic demande un peu d'entrainement. Risque : à la longue, les gens finissent par s'imaginer que les épisodes de Derrick se jouent avec une raquette et un peu plus de rythme. Avantage : le téléspectateur s'endort, fait une bonne sieste et oublie le tennis.

Top écrit par Flojoapt