Opérations escargot, institutionnalisation, reconnaissance de la profession. Ça y est, les chauffeurs Uber font partie intégrante de la société. Même les taxis ont l’air d’accepter cette réalité, rassurés par les hausses tarifaires ou chauffés par la perspective de bénéficier de leur licence tout en pouvant remplir des missions pour Uber. Inutile de nous pomper l’air avec l’ubérisation de la société, ce n’est qu’une facette supplémentaire de la précarité, laquelle s’est manifestement institutionnalisée, elle aussi. Rien ne se perd, tout se transforme.

1. Il parle sans arrêt

Jusqu’à présent, on pouvait facilement distinguer un chauffeur Uber d’un chauffeur de taxi au nombre de mots échangés. Avec l’institutionnalisation de la chose, il est de moins en moins rare qu’on doive partager ses impressions sur la L1 ou la présidentielle avec son chauffeur Uber, ce qui demande une certaine abnégation à 2 heures du mat’ le samedi.

2. Il fait des opérations escargots

Là, il est pas dispo, parce qu’il a une autoroute entière à bloquer pour protester contre ses conditions de travail. Attention, il a bien le droit, hein, mais de là à ce qu’on assiste à une fraternisation entre les taxis et les Uber, il n’y a qu’un pas.

3. Il est cher et se plaint de la société française

Il pratique des hausses de prix pas transparentes et trouve qu’en France, on n’a pas assez la fibre entrepreneuriale ? Il explique qu’il bosse comme un chien et qu’il est violé par les charges ? Pas de doute, il a franchi le Rubik’s cube.

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4. Il porte un béret

Partant du principe que les chauffeurs de taxi ont cessé de porter systématiquement des bérets en 1978, si votre chauffeur Uber porte un béret, c’est qu’il est dans une logique d’imitation, de la même manière que Dujardin se prend pour Belmondo et Dimitrov pour Federer. Il a sans doute des posters de chauffeurs de taxi célèbres chez lui.

5. Il augmente le volume quand Joe le taxi passe

Non seulement il se sent concerné, mais en plus sa conduite dénote que le virage a été opéré récemment. Tout chauffeur de taxi qui exerce sa profession depuis plus de 3 mois craque habituellement de cette blague.

6. Il connaît le chemin et ne fait pas de détour, ou du moins pas involontairement

Le principe des chauffeurs Uber étant qu’ils ne soient pas tout à fait des experts de la ville dans laquelle ils évoluent, il n’est pas rare de vivre à leurs côtés des moments de grâce, lorsqu’ils s’enfoncent dans des impasses ou confondent deux noms de rue sur leur GPS. Si vous arrivez à bon port sans détour par un chemin optimisé, c’est probablement que vous avez eu affaire à un Taber, une espèce étrange encore peu étudiée par la science.

7. Il te demande de le payer en liquide

A mon avis, y’a moyen que tu sois en train de te faire arnaquer. A mon avis. Ce n’est que le mien. Demande peut-être celui de ton chauffeur.

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8. Il est content des emmerdes de Heetch

Plus aucune solidarité entre précaires ; désormais institutionnalisé, ton chauffeur Uber considère Heetch comme un concurrent et espère récupérer la clientèle de l’entreprise. On commence par s’accorder à l’opinion de l’ennemi, et on finit par faire des descentes au flambeau ensemble en riant aux éclats.

9. Il t'a vu arriver dans la rue, mais décide de ne pas s'arrêter

Classique de la politique du taxi parisien, l’évitement est a priori incompatible avec l’exercice du métier de chauffeur Uber puisque l’arrivée de la voiture est conditionnée à la prise d’un rendez-vous. Si jamais le chauffeur décide de fuir ce rendez-vous, il y a matière à questions.

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10. Il écoute RMC

Aux débuts d’Uber, il était de coutume de demander aux clients ce qu’ils souhaitaient écouter. Si, désormais, vous subissez une anthologie des Grosses têtes dans l’habitacle, c’est sans doute que les dés en sont jetés et que vous pouvez considérer que vous vous trouvez à bord d’un taxi.

11. (Bonus) Il ne demande pas à ce que tu le notes

Il en a rien à foutre. Il en a rien à foutre de vous. Il en a rien à foutre de rien. Il a payé sa licence Uber, on va pas commencer à l’emmerder, quand même.

Hâte des unes de 2018 sur « la taxisation de la société ».

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