Le post-modernisme a belle presse dans une société qui se cherche des modèles à même de lisser les variables inhérentes à l’irruption de l’inconnu ; prédire, voilà l’enjeu de nos vies puisqu’à l’aune du passé on pourrait connaître le futur. Mais quand ce futur prend des allures de présent antérieur, la prédiction relève de l’observation. Dès lors, le post-modernisme montre ses limites car il ne prend pas totalement en compte la question du continuum et de son élargissement linéaire.

1. Le post-modernisme est un objet mouvant auquel manque un socle analytique holistique

Les tenants de la théorie post-moderne n’ancrent que trop souvent leur analyse sur une observation empirique. L’élargissement du postulat ne se fait dès lors pas sur des fondations solides et il faudrait plus raisonnablement parler de post-modernités plutôt que de post-modernité.

2. Comment penser le post-modernisme dans sa contemporanéité ?

S’il s’agit de penser le posteriori comme a priori du présent, à quel temps le conjuguer ? Car l’acceptation d’une fin du continuum linéaire bombardée soudain dans une nouvelle réalité verticale ne peut se faire qu’ex voto et certainement pas dans une stratégie d’indiser.

3. Il ne faut pas confondre post-modernisme et post-modernité

Où le post-modernisme serait une forme d’uber-post-modernité, la post-modernité devenant de ce fait une forme de prophétie auto-réalisatrice, fomentée par elle-même dans sa forme militante pour accéder à sa propre vérité tangible.

4. Tout système de pensée doit passer à l'examen de sa propre cohérence

Et puisque la pensée de l’après en tant que présent se pose comme début et fin d’un avant dont la tangibilité serait mise à l’épreuve de l’existence de son futur, il semble que la question de la cohérence prime.

5. Le passé qui ne passe pas contre le futur à venir

Tout futur s’analyse à l’aune d’une dystopie de ce qui l’a précédé ; or, l’idée même de passé relève du fantasme ou plus exactement de la documentation, rien ne venant étayer l’existence révolue d’un présent passé. D’une certaine manière, la pensée du futur devenant obsession du passé, penser le présent comme un à venir permanent n’est pas un système opérant.

6. Post-modernisme ou past-modernisme ?

Les penseurs actuels penchent plutôt pour un post-ulter-modernisme et conjuguent le post-modernisme au passé, envisageant plus justement la société actuelle comme le produit auto-réalisé d’une prédiction erronée des anciens.

7. Déréguler l'idée de l'unicité du réel

Faire de la réalité un panorama unique sur lequel chaque individu poserait son propre regard relève au mieux de l’hubris, au pire de l’erreur. Les hommes doivent être envisagés comme des déclencheurs, des générateurs d’un réel qui leur est propre et dont la forme mouvante ne cesse de s’interpénétrer avec celui des autres.

8. La modernité comme retour aux aurores

Seul le contemporain sait qu’il l’est ; or, la fugacité du temps insaisissable rend caduque l’idée même de contemporanéité. Aussi, entre l’irruption de la pensée post-modernisme et son application pratique, la tangibilité du réel ayant changé, il s’agirait plutôt d’imaginer le post-modernisme comme une réalité permanente dont l’origine remonterait plus vraisemblablement à Sapiens qu’à Heidegger.

9. Une fabrication excluante

Puisqu’il y aurait d’une certaine manière les tenants d’un réel braqué vers l’après et les autres, exclus car tenus de vivre dans une réalité moderne, le post-modernisme se pose comme un concept de continuum à deux vitesses, le temps scindé en deux rebroussant chemin ou accélérant et le monde perdant son enjeu unitaire propre. C’est là la limite principale du modèle.

Je vais passer à la poste moderne. MDR.