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Source photo : Actucine

Au risque de vous surprendre, voire-même de vous choquer, il semblerait que les hommes et les femmes couchent ensemble depuis un bon bout de temps. On ne sait pas vraiment depuis quand mais on est sûr qu'au Moyen-Âge ça zoukait déjà pas mal. Bien sûr la sexualité et tout ce qui l'entoure a pas mal évolué depuis et l'historien Jacques Rossiaud s'est penché un peu sur la question pour voir à quoi pouvait ressembler la vie sexuelle de nos ancêtre médiévaux. Des techniques de contraception aux positions autorisées, voici donc les 10 petits conseils sexo du Moyen Âge.

  1. Il était mieux d'aller voir une prostituée que de se masturber
    D'après l'Église, qui dictait les préceptes de vie et se mêlait sans cesse de la sexualité de ses ouailles, la masturbation était le pire de tout, à mettre dans le même lot que l'homosexualité (à la fin du Moyen-Âge) et la sodomie. En revanche, payer pour du sexe était plus que toléré et les prostituées fréquemment visitées, y compris par les hommes d'église. On répète d'ailleurs souvent que "jouïr en payant, c’est jouir sans pécher". Au moins c'est clair.

  2. Seul le missionnaire était considéré juste par l'Église
    Il faut dire ce qui est, l'Europe médiévale n'est pas très dégourdie en terme de Kamasutra, en tout cas dans les textes officiels et religieux, puisque nos bons curés n'avaient pas vraiment moyen de vérifier ce qui se passait une fois les bougies soufflées. On vous le disait, la sodomie est très mal vue, la levrette (amour more canino) est prescrite, tout comme le cheval érotique (la femme sur l'homme). Pour se reproduire, rien de tel qu'un bon missionnaire des familles.

  3. Il faut éviter de vraiment se la donner
    Le cul est avant tout là pour se reproduire. Il fallait donc éviter (toujours selon l'Église) de prendre trop de plaisir, d'y mettre de l'entrain, voire-même de se déshabiller. L'idéal si on résume est donc un missionnaire silencieux, tout habillé, avec une femme passive (elle doit laisser toutes les initiatives à l'homme) et surtout, surtout, ne pas y prendre trop de plaisir. Ah et on oubliait, évitez la viande et le vin, qui encouragent les rapports charnels, ce qui est MAL.

  4. Pour ne pas tomber enceinte, les méthodes sont multiples, et il va falloir boire des potions
    Si l'Église ne préconise le cul que pour se reproduire, dans les faits c'est bien l'inverse, les méthodes de contraception diverses et variées sont légion. On buvait donc des potions diverses, notamment à base de laitue ou de peuplier... Des amulettes étaient placées sur les femmes ou sous les oreillers, même si tout cela restait plus que sommaire et peu efficace.

  5. ..ou éternuer en faisant des génuflexions...
    Certaines femmes étaient adeptes des génuflexions et des éternuements, censés expulser le sperme et prévenir toute grossesse, d'autres y préféraient les injections d'eau glacée dans le vagin. Les capotes étant encore quasi-inexistantes à l'époque et les spermicides à base de plantes peu efficace, la grossesse était quand même une belle loterie, il faut bien l'avouer.

  6. Un orgasme correspond à 2 saignées
    Le cul ça fatigue, et il ne faut pas en abuser. On vous a dit que l'Église préconisait retenue et modération mais ils n'étaient pas les seuls. Selon certains médecins de l'époque, un orgasme correspond à 2 saignées. On pense d'ailleurs que le sperme vient du sang, ou du cerveau, et qu'il est un liquide vie total et tout ce qui est ovule et cie on ne connait pas.

  7. L'homosexualité c'est mal, et c'est pour ça qu'on a perdu les croisades
    Si les mentalités évoluent tout au long de cette période sur le sujet, l'homosexualité est dans l'ensemble plutôt mal vue, surtout à la fin du Moyen-Âge où on la considère comme contagieuse et responsable de la débâcle des croisés lors des Guerres Saintes. L'homosexualité féminine est tolérée et jugée inoffensive. On estime que si deux femmes couchent ensemble, c'est qu'elles manquent d'homme, logique.

  8. Pour avorter, porter des fringues serrées ou se frapper le ventre sont des options courantes
    L'avortement, qui n'est déjà pas en soi quelque chose d'agréable, devenait au Moyen-Âge une véritable torture. Les décoctions à base de plantes n'étant pas toujours efficaces, on optait pour des méthodes d'étouffement du foetus "par compression des vêtements" ou tout simplement des coups portés au ventre. Quelle époque magnifique.

  9. La femme est là pour compléter l'homme
    Si l'homme s'emboîte si bien dans la femme, c'est qu'elle est modelée pour ça, et si l'homme ressent du plaisir au niveau du gland, c'est que le plaisir féminin doit se trouver tout au fond de son vagin. Logique non ? Non pas que ce soit très important puisque le plaisir féminin, et même le plaisir tout court, ne doit pas être l'objectif premier du coït, essayez de suivre un peu.

  10. On mettait des branches sous les matelas pour calmer les ardeurs
    Comme il fallait limiter les ardeurs au plumard, on plaçait parfois sous le matelas des feuilles de Gattilier, un arbre nommé "Chaste tree" en anglais et était censé refroidir les couples les plus portés sur la chose. Si vous voulez tentez le truc essayez, vous nous direz.

Moralité, on est sûrement un peu mieux aujourd'hui dans nos plumards.

Source : Les sexualités au Moyen-Âge, Jacques Rossiaud