Figures fascinantes, les psys émaillent la fiction depuis 100 ans et les clichés sur leur compte coulent des jours heureux : pratique des mots fléchés en faisant semblant de prendre des notes, obnubilation de l’argent, désintérêt absolu pour les patients, j’en passe et des meilleures. La profession (super diverse) souffre de cette image et travaille encore pour être reconnue comme une science à part entière. Pour éviter de nourrir les critiques, elle n’est pas toujours transparente sur ses pratiques. Qui s’y Freud s’y pique.

1. Il ne vous nommera pas, mais peut évoquer votre cas auprès d'amis

Le psy est comme tout le monde, il parle de sa journée de boulot. Et parfois il a vu des trucs très marrants et s’en moque ouvertement. Il ne vous nommera évidemment jamais en faisant le récit de vos rêves érotiques avec une salamandre, mais donnera suffisamment de détails pour qu’on puisse imaginer votre catégorie sociale et déterminer à quel point ces rêves de salamandres ne cadrent pas avec votre image publique. Ça ne veut pas dire qu’il ne respecte pas votre souffrance ou qu’il vous méprise ; ça veut simplement dire que vous le faites marrer, comme votre collègue mal dans sa peau mais sympa quand il raconte son week-end nul au Salon de l’Education.

2. On peut être un bon psy et aller soi-même très mal

Le dicton selon lequel les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés se vérifie souvent en la matière. Ce n’est pas parce qu’on est psy qu’on est capable de régler ses propres problèmes. De plus, de nombreux psys sont d’anciennes personnes à la dérive sauvées par la psychanalyse, donc si on additionne deux et deux. Vous remarquerez que l’écoute n’est pas forcément liée à la bonne humeur : sous maxi morphine, on peut écouter longtemps. Très longtemps.

Source photo : Giphy

3. Il existe de vraies guerres de chapelles entre spécialités psy

Entre les TCC (théories comportementales et cognitives) et les psychanalystes, il y a un monde. Pour simplifier, les premiers se concentrent sur l’apaisement rapide, souvent via la technologie, avec comme visée une diminution de l’angoisse sur un nombre de séances fixes, et les seconds s’intéressent davantage aux causes génératrices du malaise avec un important tropisme sur l’enfance. Les différents praticiens tendent à défendre leur bifteck contre les autres spécialités. Ce n’est pas toujours le cas, et certaines pathologies se prêtent mieux à certains types de pratiques, voire peuvent bénéficier d’une coopération.

4. Tous les patients ne présentent pas un intérêt équivalent

Le psy est dans la compassion ; on ne peut pas compatir à tout. Par exemple, il est possible qu’il trouve plus intéressant votre traumatisme parce que vous avez été privé de sexe par votre partenaire pendant 10 ans en vous faisant manipuler et pousser au suicide que votre incapacité à vous empêcher d’acheter des pompes. Ou le contraire. Ou rien du tout. Mais ne croyez pas que vous le passionnez parce que vous vous passionnez vous-mêmes.

Source photo : Giphy

5. Il leur arrive de se spécialiser dans le traitement de certaines pathologies plus en vue peut répondre à des intérêts économiques

Dans une période où la sexologie est en vogue, par exemple, les psys auront tendance à s’y former pour afficher des compétences à même de leur rapporter de la clientèle. Cela ne veut pas dire qu’ils sont incompétents pour traiter ces pathologies ou qu’ils n’y voient qu’un intérêt économique ; mais ils sont comme tout le monde, et leur but prioritaire est de partir en vacances cet été alors autant répondre à une vraie demande.

6. La visibilité sur Internet est hyper importante pour les psys

On ne choisit pas souvent un psy parce qu’il est situé près de chez soi. Le conseil est un gage de confiance que la proximité ne remplace pas. De ce fait, les psys sont très présents sur Internet de manière à bénéficier d’une audience large. La plupart des sites qui publient des conseils ou des réflexions en rapport avec la psychologie ou la sexologie sont en réalité tenus par des psys qui cherchent à augmenter leur visibilité et leur référencement.

7. Les psychiatres (médecins) tendent à mépriser les "simples" psychologues

En matière d’études psy, le grand chef, c’est le psychiatre. Il est médecin et peut tendre à considérer de ce fait les non-médecins (psychologues ou psychanalystes) comme des charlatans, même s’ils n’interviennent pas dans le même champ de compétences. C’est la raison pour laquelle de nombreux psychologues cherchent tardivement à obtenir un diplôme médical de façon à être mieux reconnus par la profession.

Source photo : Giphy

8. Tous les psys ne sont pas régis par les mêmes règles en matière de secret professionnel

Aucune loi ne soumet les psychologues à l’exercice du secret professionnel, sauf lorsqu’ils travaillent dans un environnement hospitalier ou pour certaines structures dépendant du service public. Le code de déontologie de la profession fait référence au secret professionnel, mais n’a pas de valeur légale réelle. En revanche, les psychiatres, comme tous les médecins, sont soumis au secret professionnel.

9. Un pédopsychiatre doit effectuer un signalement s'il suppose qu'un enfant est maltraité

Le secret professionnel s’exerce dans le cas des personnes adultes. Si un psychiatre suit un enfant et soupçonne des maltraitances, il est de son devoir d’en informer les autorités compétentes. Toutefois, ce devoir est rarement exercé, car il pourrait donner lieu à des poursuites pour diffamation de la part des parents.

10. Les psys ont une tendance naturelle à raccrocher le problème que vous décrivez à des problèmes qu'ils savent régler, quitte à se planter

Ce n’est pas par désintérêt pour le problème qui vous mine que les psys agissent comme ça, mais parce que c’est naturel. Quand on me parle d’une idée amusante, j’essaie d’en imaginer sa déclinaison en top, même si cette forme ne serait pas la plus adaptée pour développer l’idée en question, qui mériterait peut-être plutôt un bouquin de 600 pages avec un titre compliqué. Les psys agissent de même, et ils auront un filtre naturel qui tendra à poser secrètement des diagnostics proches des choses auxquels ils sont accoutumés à faire face. Pour autant, cela ne signifie pas que vous serez mal soigné, la thérapie fonctionnant essentiellement sur l’écoute et le travail sur soi.

C’est bien les psys, ça, toujours à cacher la poussière sous le divan.

Tu cherches des idées cadeaux pour Noël ? On a tout ce qu'il te faut :