Alors, on se fait une toile ? On se fait une proj’ sur le grand écran ? On visite les salles obscures ? On utilise des expressions bien ringardes ? Super : on pense tout connaître sur les salles de ciné, on a le sentiment d’y être habitué ; mais, en réalité, on ne connaît rien à rien sur leur fonctionnement rapport au fait qu’on y passe en tout et pour tout 2 heures de temps en temps.

1. La meilleure place n'est pas celle que vous croyez

Dans la plupart des salles, pour profiter d’une expérience immersive maximale, il faut s’installer environ au tiers de la salle en partant du fond et à peu près au milieu. C’est le sweet spot depuis lequel les ingénieurs du son ont calibré l’équilibre de la diffusion sonore.

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2. En vrai, c'est jamais bien nettoyé

Vous savez pourquoi vous retrouvez tout le temps des morceaux de popcorn par terre ? Parce que les salles ne sont jamais bien nettoyées. Dans l’interséance, un mec passe pour vérifier que personne ne s’est glissé discrétos dans la salle et pour ramasser les merdes, mais il n’a pas le temps de nettoyer vraiment et vu que c’est probablement un étudiant qui finance ses études il n’a aucune envie d’être votre bonniche et fait mal le taf en espérant que quelqu’un d’autre fera le boulot plus tard. Des équipes de nettoyage passent plus tard dans la nuit. Mais en gros, à 19 heures, la salle est dégueulasse.

3. Si le son est trop fort, ça peut être dangereux

Les films avec de la musique d’Hans Zimmer et des explosions peuvent vraiment détruire les oreilles. La procédure n’est pas toujours respectée quant aux volumes sonores maximaux et les étalonnages ne sont pas toujours faciles à faire dans des films d’action où ça pète de partout. Il vaut mieux éviter de s’installer sous les hauts-parleurs.

4. Pourquoi bouffe-t-on du popcorn au ciné ?

En réalité, le popcorn a commencé à devenir populaire aux Etats-Unis suite à l’invention d’une machine itinérante ne produisant pas de fumée brevetée lors de l’Exposition universelle de Chicago en 1893. La licence est étendue pour mettre en place des stands de vente dans tout le pays. Mais à l’époque, les cinés, qui veulent séduire une clientèle un peu riche et copient les us et coutumes des théâtres, s’arrangent pour ne pas vendre de tels produits populaires. Sauf qu’en 1927, l’arrivée du cinéma parlant change tout : la fréquentation explose et le cachet un peu snobinard du cinéma tombe. Des vendeurs ambulants s’installent devant les cinémas et finissent par obtenir de la part des exploitants des concessions. Quand l’économie s’effondre dans les années 30, les cinés cherchent à se renouveler pour attirer encore les foules : ils se mettent à vendre des confiseries. Le popcorn n’est pas cher à l’achat et remplit de grands cornets, donnant une impression d’abondance à peu de frais. C’est le succès et le popcorn est désormais associé aux salles de ciné.

Ensuite, après la Seconde guerre, on sait comment l’Europe a été contaminée par la culture américaine.

5. Aux Etats-Unis, un couple en train de baiser est viré de la salle chaque semaine

Il existe des caméras dans les salles. Quand les attouchements commencent à vriller, les employés sont appelés à agir. Ils vont chercher les fautifs pour les dégager de la salle. En vrai, ça arrive, et pas que dans les films.

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6. Les vendeurs ne vous diront jamais qu'un film est nul

On serait tenté de penser que le mec qui est là pour gagner son blé n’en a rien à foutre de dire la vérité sur les films. Mais non : étudiant qui fait un petit boulot ou non, il ne va pas dire que le film est à chier. Au pire, il dira qu’il ne l’a pas vu (alors qu’il l’a déjà vu mille fois rapport au fait qu’il est dans le cinéma toute la journée) ou plus vraisemblablement que le film est bien. Ne demandez pas conseil inutilement au vendeur.

7. La plupart du temps, le popcorn est conservé des jours et des jours

Parce que ça se conserve bien le popcorn. Autant dire que les soirs où il n’y a personne, le surplus de popcorn est conservé et mélangé à une nouvelle fournée pour qu’à l’heure de pointe, 5 jours plus tard, vous vous le bouffiez sans vous douter de rien.

8. La plupart des employés n'en ont rien à foutre que vous grugiez

S’ils ne peuvent pas se faire choper. En gros, ils ne vous fileront pas une place étudiant si vous n’avez pas la carte parce qu’ils se feront incendier par la direction. Mais si vous voulez aller d’une salle à l’autre une fois les contrôles passés, personne ne viendra vous emmerder, parce que globalement tout le monde s’en fout.

9. Le passage au numérique a été un enfer pour les petites salles

Changer de projecteur coûtait un fric dingue, sans compter qu’il fallait former les projectionnistes. Le passage au numérique a pour partie expliqué l’augmentation très nette des prix pratiqués par les exploitants pour faire face à un surcoût conjoncturel ; sauf qu’il est rare de baisser des prix qui ont augmenté une fois que les gens se sont habitués, raison pour laquelle aujourd’hui encore on paie 12 balles sa place. Par ailleurs, en France, les grands exploitants tendent à dézinguer les petites salles en venant les concurrencer sur le territoire de l’Art et Essai : ils diffusent un quota de films labellisés ainsi pour obtenir des subventions et tuer les authentiques salles de quartier en leur volant une partie de leur clientèle. Ce qui explique aussi la hausse des coûts.

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10. Il arrive parfois qu'on vous projette un DVD (mais c'est très rare)

Cela peut arriver lorsqu’il y a des ressorties de vieux films ou en cas d’immense problème avec le projecteur. Mais les habitués s’en rendent rapidement compte, car la qualité d’image est désastreuse sur un écran géant.

Vous vous faites des films.

Source : Brightside, Cinemiam, Buzzfeed