Après les empereurs romains dingos et les dictateurs dont les bigoudis ne tiennent pas droit, c’est au tour des rois et des reines de se distinguer par leur capacité à tourner en rond sans que ça ne tourne rond. C’est le problème, quand seuls les liens du sang légitiment une succession : tout le monde n’a pas la chance d’avoir des gènes solides. Alors on fait avec. On fait comme un on peut, quoi.

1. Charles VI (France, 1368-1422)

D’abord, on l’appelait « le bien aimé ». Ensuite, on l’appelait « le fou ». Son premier acte de folie a lieu en 1392, quand il attaque ses propres troupes et tue 6 personnes. Ensuite, ses accès de folie deviennent de plus en plus réguliers. Il affirme qu’il est fait de verre et exige donc d’être transporté dans un carrosse blindé de coussins. Les experts s’accordent aujourd’hui pour dire que Charles VI était bipolaire. Tout ça entrave sa capacité à gouverner et une régence s’organise, qui permet à la Guerre de cent ans de reprendre.

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2. Eric XIV de Suède (1533-1577)

Le règne d’Eric XIV a été marqué par une forte volonté expansionniste et surtout par le fait qu’il devenait de plus en plus dingue. Il était paranoïaque et a exécuté lui-même la famille Sture, des membres de l’aristocratie suédoise, juste parce qu’il croyait sans fondement qu’ils préparaient une conspiration. Après ça, Eric XIV a été condamné pour haute trahison, emprisonné et empoisonné.

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3. Le roi Farouk (Egypte, 1920-1965)

Alors qu’il est extrêmement populaire lors de son accession au pouvoir, à à peine 16 ans, Farouk réussit à se mettre tout son peuple à dos en dépensant un fric monstrueux dans des fastes démentielles. En 1943, un accident de voiture le rend un peu dingo. Ensuite, c’est la déchéance. Il prend 50 kilos, bouffe de tout quand l’Egypte crève la dalle, et vole plein de conneries, sans discontinuer, notamment une montre appartenant à Churchill. On raconte aussi qu’il s’est rendu dans un zoo pour tuer tous les lions, sous prétexte qu’il faisait des cauchemars avec des lions dedans.

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4. Henri VI d'Angleterre (1421-1471)

Le mec n’était pas à la hauteur des événements. Doux, très pieux et très calme, il ne parvient pas à conserver les conquêtes anglaises en France et tombe en catatonie pendant un an quand Bordeaux est reprise. Cette situation crée une situation de l’enfer quand Richard d’York essaie de reprendre le pouvoir et fout Henri en prison. Ensuite, c’est la guerre civile que les Yorkistes gagnent, et, disons-le, la prison n’est pas le meilleur endroit pour soigner un début de folie.

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5. Jeanne première de Castille (1479-1555)

Bon déjà son surnom c’est « Jeanne la folle ». Elle prend le trône de Castille en 1504, mais, complètement folle, ne règne pas vraiment. C’est que, depuis son plus jeune âge, on la garde à l’isolement en lui inventant des histoires pour qu’elle se tienne tranquille ; d’abord ses parents, puis son mari, puis ensuite son fils, Charles. Le truc, c’est que quand des des rebelles ont tenté de la libérer en la déclarant saine d’esprit, en 1520, elle a quand même préféré apporter son soutien à son fils qui la maintenait en captivité depuis 10 ans. Etonnant.

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6. George III d'Angleterre (1760-1820)

Alors qu’il montrait des signes de dinguerie depuis son plus jeune âge, ce n’est qu’en 1810 que George III d’Angleterre a été totalement rattrapé par la folie, ce qui a conduit le Parlement à déclarer son fils régent. Georgio, lui, souffrait d’hallucinations, de paranoïa, d’abattements monstrueux et de douleurs abdominales. Tout ça n’a pas rendu facile la nécessité de gérer à la fois la guerre d’indépendance américaine, l’expansionnisme napoléonien et la révolution française. Pas fastoche fastoche, non.

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7. Alphonse VI du Portugal (1643-1683)

Atteint d’hémiplégie depuis l’âge de 3 ans et d’une maladie mentale un peu lourdingue, Alphonse a quand même réussi, sous son règne, à obtenir des victoires à la cool sur l’Espagne et l’indépendance définitive du Portugal. Pour autant, son frère Pedro trouvait qu’il valait mieux régner directement et a obtenu une régence sympathique. La femme française d’Alphonse en a profité pour annuler le mariage. Et épouser Pedro.

8. Louis II de Bavière (1845-1886)

Patron des arts et mécène de Wagner, Louis II a passé son règne à construire des palais fastueux tout droit sortis de contes de fée, et notamment Neuschwanstein. Des conspirateurs ont profité de son exaltation pour les arts pour le déclarer dingue et prendre le pouvoir. Pas sûr qu’il l’était vraiment. Une fois éloigné du pouvoir, Louis II de Bavière a été retrouvé dans un lac. Tout blanc. Tout bizarre.

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9. Marie première du Portugal (1777-1816)

Dite « La folle » au Brésil et « La pieuse » au Portugal (deux écoles), Marie a donné des premiers signes de dinguerie en 1786 après un épisode délirant. A la mort de son mari, alors que la situation empirait, elle a décidé d’interdire toute forme d’amusement à la cour. Les fêtes se sont dès lors vues remplacées par des cérémonies religieuses. En 1792, trop dingo pour gouverner, elle laisse la régence à son fils, Jean. Ensuite, Marie reste barricadée dans sa chambre. Où elle hurle toute la journée.

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10. Charles II d'Espagne (1661-1700)

Il faut pas être Sherlock Holmes pour voir qu’il y a un problème, rien qu’avec sa tête. La débilité de Charles II est liée à la suite sans fin de mariages consanguins ayant marqué la dynastie des Habsbourg. Bref, Charles est con comme un boulon : il ne sait pas parler avant 4 ans, pas marcher avant 8 ans, pas lire avant 10 ans. En réalité, Charles II était atteint d’une maladie chromosomique, le syndrome de Klinefelter, mais comme Klinefelter n’existait pas, à l’époque, on ne le savait pas. Les Espagnols l’ont surnommé l’Ensorcelé. Il faut dire qu’il bavait en raison de la taille de sa langue et qu’il faisait tout le temps des crises d’épilepsie. Et puis tout le toutim : hallucinations, migraines, puis mort.

C’est triste, en fait.

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« La gloire c’est bien, mais rien ne vaut la santé ».

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