« Putain d* b*** d’enculé d* s* m*** l* pute d** r*** l* bite à sa race » (j’ai pris la précaution de mettre des étoiles pour ne pas choquer nos jeunes têtes devant une accumulation peu tolérable de mots très vulgaires). Voilà ce qu’on est tenté de dire quand on se prend le doigt de pied dans un coin de table. Ou quand on accouche. Ou quand on tombe du huitième étage. Et pour cause, ces situations causent des douleurs d’intensité variable. Mais c’est quoi la douleur en fait ? A quoi ça sert à part juste nous emmerder ? Plongée dans le monde de la souffrance.

1. Qu'est-ce qui se passe quand on a mal concrètement ?

Etant donné qu’on a tous fait BAC -5 à Topito (le saviez-vous ? la moitié des rédacteurs sont des grilles-pain !) on ne va pas rentrer dans les détails physiologiques complexes de cette expérience. Mais pour le dire simplement, la douleur est une sensation subjective qui traduit sous forme de message un stimulus transmis par le système nerveux. En gros, la douleur est un moyen de communication de ton corps pour dire au cerveau « j’ai mal fdp fais kekchose ou jte dem ».

2. Pourquoi est-ce qu'on se frotte pour soulager la zone où on a mal ?

Vous avez sûrement déjà fait cette expérience instinctive consistant à vous frotter le coude ou le genou juste après vous être rétamé comme une belle merde dans la rue sous le regard rigolard des passants. En fait quand vous vous faites mal à un endroit précis, ça envoie l’info à la moelle épinière grâce aux fibres nerveuses périphériques. Or, quand on frotte là où ça fait mal, on crée une nouvelle sensation qui perturbe la première et atténue donc son impact. Bon alors ça ne marche que sur le moment et pour des douleurs relativement bénignes. Ne te frotte pas une fracture ouverte quand tu viens de te faire écraser par une bétonneuse, ça marchera bof.

3. Pourquoi on crie quand on a mal ?

Bizarrement, la science n’a pu émettre que des hypothèses concernant cette interrogation pourtant existentielle sur ce réflexe étrange. Il pourrait s’agir d’un moyen d’alerter d’autres congénères afin qu’on nous vienne en aide, ou d’un son provoqué afin de faire fuir un agresseur, ou tout simplement de soulager la douleur (mais pour cette dernière hypothèse, on ne connait pas encore les mécanismes internes qui se mettraient en route lors d’un cri).

4. Comment fonctionne un anti-douleur ?

Le paracétamol est un composant chimique qui sert d’antalgique (soit un anti-douleur) et d’antipyrétique (anti-fièvre). C’est une substance utile et pratique parce que presque tout le monde la tolère sans danger : les vieux, les femmes enceintes et les enfants. Jusque là tout va bien. Là où vous allez rire, c’est qu’on ne comprend toujours pas comment il agit sur l’organisme ! On sait juste que le processus survient lors de la métabolisation du médoc dans l’organisme, c’est à dire lors de la digestion et agit alors sur le système nerveux mais nos connaissances s’arrêtent à peu près là.

5. Est-ce qu'on peut mourir de douleur ?

Normalement non. C’est justement le rôle de la douleur : elle prévient le cerveau qu’il y a une couille dans le pâté. Cela dit, une douleur aiguë peut entraîner un malaise vagal et donc un évanouissement et là ça peut être dangereux.

6. Est-ce que la douleur est la même pour tout le monde ?

Le problème de la douleur réside justement dans sa subjectivité. La douleur que je ressens ne sera pas ressentie de la même façon pour quelqu’un d’autre. Globalement, la perception de la douleur change d’une culture, d’une époque à l’autre. C’est pourquoi il est très difficile d’établir de manière objective la douleur d’autrui. Ce qui nous amène à notre question suivante. Là. Juste en dessous.

7. Comment on évalue la douleur chez quelqu'un d'autre ?

Figurez-vous que ça ne fait que depuis 1987 par exemple qu’on reconnait officiellement la douleur chez le nourrisson. Ça donne une petite idée de notre perception de la douleur d’autrui. Pour pouvoir l’évaluer, on se base dans un premier temps sur les effets observables : mouvements réflexes de retrait, changement de comportement etc. Et depuis 2014, il existe une technique (par encore répandue) qui permettrait d’évaluer la douleur en fonction de la dilatation de la pupille : la pupillométrie.

8. A quoi sert la douleur ?

Bah oui parce que finalement, c’est chiant ce truc. Personne n’a envie d’avoir mal alors pourquoi notre système nerveux nous impose ça ? Eh bien comme on l’a dit, c’est parce que la douleur envoie un message. Elle te fait prendre conscience de l’état de ton corps et te permet ainsi d’être encore en vie à l’heure actuelle. Parce que si on se pétait une cheville mais que ça ne nous faisait pas mal du tout, on continuerait de marcher jusqu’à ce que l’os soit en miette et ce serait pas ouf.

9. Est-ce qu'il y a différents types de douleurs ?

Encore une fois les douleurs varient d’un individu à l’autre mais globalement on différencie deux types de douleurs principaux : l’une aiguë (qui constitue un signal d’alarme cherchant à susciter une réaction), l’autre chronique (quand la douleur s’est installée durablement et entraîne un dysfonctionnement). Toutefois, la perception de douleur peut aussi changer en fonction de l’environnement, du contexte : si tu survis à un bombardement en guerre, tu souffriras moins d’un doigt écorché. De la même façon, dans un espace apaisant avec des plantes et entouré de gens que tu aimes, tu auras aussi un peu moins mal à ton ongle incarné.

10. Comment le corps réagit à la douleur ?

La douleur existe pour susciter une réaction. Quand le système nerveux et donc le cerveau ont enregistré l’info ils réagissent. C’est de cette manière que lorsqu’on a mal, le corps sécrète des endorphines afin de réduire ses effets dans la zone de souffrance. Dans le cas d’une douleur plus longue, une autre zone du cerveau prend le relais. C’est pour cette raison que la douleur arrive par vague entre deux moments d’accalmie.