Une relique, du latin reliquiae, définit ce qui reste d’un personnage religieux illustre et vénéré par les générations futures. Si d’ordinaire, c’est un objet quelconque ou un bout d’ossement, certaines prennent une forme que l’on va qualifier de "cocasse". Voire de franchement crado. Mais bon, la foi, ça ne se discute pas.

  1. Le mandylion d’Edesse (Vatican)
    AKA le Saint Suaire du (très) pauvre. Aujourd’hui dans la collection de la chapelle papale, c’est une serviette dans laquelle Jésus Christ se serait essuyé, laissant dessus une impression de son visage. Encore plus fort, quand le tissu a été offert au roi Agbar d’Edesse, celui-ci aurait été guéri de la lèpre. Bon, pour le saint suaire, soit. Admettons. Mais là, c’est clairement du foutage de gueule. Ou alors Jésus avait vraiment cette tête, et j’ai été salaud de me moquer…

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    Crédits photo (creative commons) : Wolfgang M.
  2. La dent de Bouddha (Kandy, Sri Lanka)
    Plus précisément, sa canine gauche. Ce serait la seule chose qui ait survécu à sa crémation. A froid vous me direz qu’une dent, ça va pas chier loin. A ceci près qu’on se situe longtemps avant JC et que celle-ci a été la cause de très nombreuses guerres entre les rois indiens de l’époque. En effet, celui qui possédait cette dent détenait le pouvoir sur l’ensemble du pays. Ah, la géopolitique, cet animal étrange…

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    Crédits photo (creative commons) : Domaine public
  3. Le lait de la Sainte Vierge (Un peu partout)
    Un beau matin de printemps, Saint Bernard, sans doute d’humeur facétieuse, a demandé à une statue de la vierge Marie de lui prouver qu’elle était bien sa mère. Cette dernière, qui n’aime pas l’insolence mais a bon fond, est revenue à la vie pour faire jaillir du lait de ses seins de pierre. Bernard, bien entendu, l’a bu, ce qui n’est pas sans provoquer quelques visions plutôt malsaines. De nos jours, à peu près quatre-vingt-dix églises à travers le monde prétendent posséder de ce breuvage aux vertus miraculeuses, que ce soit à l’état liquide ou en poudre. Alors, de deux choses l’une. Soit il y en a qui mentent, soit Marie aurait
    dû ouvrir une laiterie.

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    Crédits photo (creative commons) : Alonzo Cano
  4. L’empreinte de pied de Mahomet (Istanbul, Turquie)
    Les « empreintes miraculeuses » sont des phénomènes fréquents dans la liturgie. Apanage des prophètes, ces marques ont pour vocation de guider les fidèles par-delà les époques. Mais ici, deux choses étonnent. La première, c’est que dans l’hypothèse où l’empreinte est vraie, Mahomet avait des pieds pour le moins volumineux. La seconde, c’est que l’empreinte de pas a été laissée dans du MOTHA FUCKIN’ MARBRE ! N’est définitivement pas prophète qui veut.

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    Crédits photo (creative commons) : mwanasimba
  5. Le saint prépuce (Disparu(s))
    Comme son nom l’indique, c’est donc un prépuce. Mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du bout de peau retiré au Christ lors de sa circoncision. Si la relique a eu énormément de succès au moyen-âge, elle fait aujourd’hui partie des dossiers un peu honteux de la religion catholique. Déjà, elle a autrefois appartenu à une bite, aussi sainte soit-elle. Forcément, blagues en dessous de la ceinture, moqueries et tout, ce qui n’est pas cool quand on est à la tête d’un culte de bonne tenue. Ensuite, c’est limite si toutes les églises n’avaient pas leur exemplaire du prépuce. Rien qu’en Europe, il y en a eu dix-huit recensés, ce qui commence à faire pas mal. Étrangement, ils se sont quasiment tous volatilisés. Tiens donc…

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    Crédits photo (creative commons) : Friedrich Herlin
  6. La sainte langue et la sainte mâchoire de St Antoine de Padoue (Padoue, Italie)
    Saint Antoine de Padoue menait une éternité paisible dans sa crypte quand, en 1295, on alla fouiller dans sa sépulture en quête de reliques histoire de meubler un peu la basilique bâtie en son honneur. Comme vous pouvez vous en douter, après trente-deux ans sous terre, il n’en restait pas grand, grand-chose. Les voies du système D sont impénétrables…

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    source photo : Gawker
  7. Le cœur de Saint Camille de Lellis (Rome, Italie)
    Saint Camille de Lellis est le saint patron des malades et des hôpitaux. Autant dire que c’était un mec qui avait bon cœur. Vu qu’à l’époque de sa béatification, l’Eglise romaine n’était pas à la pointe niveau métaphores, ils ont pris le sien et l’ont enfermé dans un petit bocal. En forme de cœur. Si sur le papier, ça pouvait avoir de la
    gueule, il faut avouer qu' aujourd’hui, c’est quand même un peu dégueulasse à regarder.

  8. La dépouille de Saint Antonin (Florence, Italie)
    Pourquoi se casser le cul à chercher une relique valable à montrer quand on peut simplement exposer le corps ? C’est exactement ce que les tôliers de l’église San Marco de Florence ont dû se dire puisqu’ils se sont contentés de mettre le mec sous verre. Remarquez, si on considère qu’il est mort il y a plus de cinq cent ans et qu’il n’a jamais été embaumé, son état actuel de conservation est plutôt impressionnant. Quand on est thanatologue.

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    Crédits photo (creative commons) : Sailko
  9. Le sang de St Janvier (Naples, Italie)
    Ici, le maître mot est METAL. Ok, c’est bien mignon de garder un bout de tissu ou quelques ossements, mais le clergé napolitain, c’est un truc de bonhomme. Dans la pure tradition hardcore, ils ont carrément conservé le sang de leur saint patron, mort en 300 et des brouettes. Le plus fort, c’est que l’on peut observer le sang en question se liquéfier trois fois par an. Et en dehors de l’explication religieuse, personne ne sait vraiment
    comment ça se fait.

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    Crédits photo (creative commons) : Paola Magni
  10. La tête de sainte Catherine de Sienne (Sienne, Italie)
    Sainte Catherine de Sienne était mariée à Jésus. Même qu’il lui avait offert son prépuce en guise de bague, mais elle était la seule à pouvoir le voir (si, si). Autant dire qu’un amour du Christ qui allait aussi loin ne pouvait pas passer inaperçu. Du coup, à sa mort, elle a été canonisée et inhumée à Rome. Puis volée. Mais vu qu’un cadavre entier, ce n’est pas très discret, nos malandrins ont dû se contenter de la tête, qui trône désormais dans une belle cage en verre. Faites de beaux rêves.

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    Crédits photo (creative commons) : Cerrigno

Que restera-t-il de vous, à l’heure de votre mort ?