Les jolies colonies de vacances, merci maman merci papAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGGGH JE VOUS HAIS GÉNITEURS DE MES DEUX DE M’AVOIR ENVOYÉ AU CASSE-PIPE DE L’ENFER AVEC QUE DES CONS PENDANT QUINZE JOURS ET DES ACTIVITÉS HORRIBLES ET AAAAAAAAAAAAAH JE SUIS MAAAAAAAAAAAAL ET TRIIIIIIIIIISTE.

1. Y'a statistiquement que des cons

Si l’on considère que, dans la vie, on rencontre statistiquement plus de cons que de gens avec qui on voudrait partir en vacances, alors même qu’on évolue généralement dans un cercle de personnes qui entretiennent, ne serait-ce que pour la proximité géographique, des intérêts proches des nôtres, comment voulez-vous qu’en parachutant un enfant au milieu de plein d’enfants venant de plein d’endroits dans une logique où personne ne se connaît, votre enfant se fasse des potes ? Statistiquement, c’est nul et non avenu. Votre gosse sera le con d’un autre gosse qui sera le con d’un autre gosse… Et comme ce ne sont pas des adultes, ça va se sentir puissamment.

2. C'est la loi du plus fort sans contrôle

Mais oui, bien sûr qu’il y a des encadrants ; mais ils ont autre chose à foutre que de faire la police h24. Les forts vont donc pouvoir s’en donner à coeur joie, comme à l’école, sauf que là ça ne dure pas la journée puis on rentre chez soi : ça dure 15 jours, nuit et jour. Les faibles vont se retrouver avec la tête dans les chiottes, de la merde dans leur lit, leurs chaussures jetées dans les orties, l’enfer. Non, en vrai, l’enfer et la peur.

Source photo : Giphy

3. Les activités sont à se flinguer

On fait un foot ? On fait une rando ? On fait une soirée casino cheap ? On fait une boum ? Toutes les activités sont relous et obligatoires. En vacances, normalement, on a un rythme : soit on visite, soit on prend son temps, en général on mixe les deux. Là, c’est activité le matin, activité l’après-midi, repas imposés, horaires imposés, extinction des feux et tout le toutim. Horrible.

4. C'est cher

Alors oui, c’est moins cher que d’emmener 15 gosses à Bali. Mais c’est quand même plus cher que de partir avec son enfant 3 jours à la mer, visiter des musées, bouffer des glaces et faire des trucs marrants. Sisi, je vous assure.

5. Non, ça ne fait pas "découvrir d'autres cultures et l'altérité"

Parce qu’en fait on ne découvre rien. On rencontre des gens qu’on ne reverra jamais, on visite vaguement une ville une petite demi-heure, le reste du temps on est coincé dans un camp à faire des activités, toujours des activités, sans jamais avoir un moment à soi.

6. Les enfants n'ont jamais d'intimité

Dortoirs collectifs ou du moins partagés, négation totale de l’individualité au profit du groupe et de l’organisation. T’as pas faim mais c’est l’heure de manger ? C’est comme ça, on mange. Alors oui, y’a d’autres moments dans la vie où des choses pareilles surviennent, mais pas pendant 15 jours non stop.

Source photo : Giphy

7. Il y a tellement de trucs cool à faire avec ses gosses...

Oui emmener des gosses en vacances, ça coûte du fric. Mais on peut très bien, sans avoir spécialement d’argent, faire des choses cool, partir à Rambouillet en forêt, les emmener au musée même s’ils veulent pas, aller voir la mer, se marrer. Les colonies de vacances sont simplement une solution de facilité pour ne pas s’emmerder avec le truc hyperactif qui vous sert d’enfant.

8. C'est une école du moule et du conformisme

Parce que la seule manière d’éviter la tête dans les chiottes, y’a pas de doute : c’est d’être résolument, absolument normal. Toute remarque qui sort des clous, toute petite tête de con ou toute timidité sera sévèrement réprimée. Il est de toute première instance de conserver sa tête dans le rang, de rire quand il faut et d’obéir. De devenir un témoin en puissance pour un panel Ispos.

9. L'idée sous-jascente est à se flinguer

Dans les années 1930, on a théorisé le modèle pédagogique de la colo. Jean Houssaye, qui en est l’auteur, l’a nommé le modèle colonial. On regroupe les enfants par tranches d’âges, on propose (impose) des activités, on fixe un horaire de réveil de caserne et on donne l’autorité exclusive aux adultes. Rien de participatif, tout est réglé dans une logique pas si lointaine du service militaire. C’est là la base théorique inculquée au BAFA.

10. Les moniteurs sont bordélisés

Parce que les grands groupes recrutent des jeunes, parfois en stage, qui n’ont pas l’habitude des enfants ; d’autant moins, d’ailleurs, qu’ils n’ont même pas l’âge d’en avoir. Les moniteurs doivent gérer des enfants incontrôlables en dehors de tout repère habituel qu’il soit scolaire ou familial, et ils ont juste envie de se draguer les uns les autres en fumant des joints. Donc autant dire que la loi du plus fort perdure.

Source photo : Giphy

Je te retrouverai, Pierre Langevin, qui m’a foutu la tête dans les chiottes. Je te retrouverai et je te donnerai une pichenette.