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La France rencontrera donc l'Espagne, tenante du titre et vainqueur du dernier Mondial, en quart de finale de l'Euro ukraino-polonais. Dominatrice hégémonique de la planète football depuis quatre années, la Roja, grandissime favorite du tournoi avant que celui-ci ne débute, a laissé apparaître quelques doutes lors de la phase de poules qui donnent quelques raisons d'y croire à une Équipe de France discrédité par sa déroute suédoise, et en quête de signes annonciateurs d'un hypothétique exploit.

  1. On ne perd jamais contre la Roja, c'est un principe
    Invaincue en six confrontations officielles (hors matchs amicaux). On se rassure comme on peut, ok. En dehors de la légendaire finale de l'Euro 1984 et du quart de finale de 2000, la dernière victoire française, mémorable, remonte à la Coupe du Monde 2006, qui avait vu la victoire 3 buts à 1 des Français de Zidane. Plutôt que de faire confiance à Ménez et consorts, faisons confiance aux chiffres.
  2. Mexès sera suspendu, tout est possible
    Et au vu de ses prestations peu rassurantes depuis le début de l'Euro, avec un pic de médiocrité défensive contre la Suède et son partenaire de club Zlatan Ibrahimovic, on ne va pas forcément passer les trois prochains jours à se lamenter sur le cruel sort qui touche la défense de l'Équipe de France... Au gunner Laurent Koscielny de jouer. Voilà tous nos espoirs sur le tourangeau qui n'a pas encore joué.
  3. Les Espagnols et le syndrome France 2002
    Même si le parcours de cette Espagne 2012 est largement pertinent sur le plan comptable (7 points pris sur 9 possibles), on ne peut s'empêcher de penser que gavé par les victoires en sélection et en club, les Espagnols ont moins faim de victoire. Et n'oublions pas qu'avant la coupe du monde, la sélection ibérique ressemblait à une éternelle belle bande de losers invétérés.
  4. Nasri aura des messages à passer
    Après toute l'encre que l’Équipe de France a fait couler depuis la déconvenue face à la Suède, Laurent Blanc va la joue à la Tapie, placarder des articles de presse dans les vestiaires et faire entrer Nasri, nourri au yaourt depuis 3 jours, après lui faire respirer l'odeur du sang. Avec tous les gens à qui il voudra "fermer leurs gueules", il faudra au moins 4 buts.
  5. On sera remis de la disparition de Thierry Roland
    C'est évidemment la seule explication plausible au naufrage suédois. Conscients qu'ils "ne passeraient plus jamais leurs vacances ensemble", les joueurs furent incroyablement perturbés par la disparition de la voix du foot ce qui explique à n'en pas douter l'attentisme nonchalant et tristounet des Bleus. La tristesse digérée, c'est un sentiment de révolte en guise d'hommage qui va faire basculer la France en demi-finale de l'Euro. Forcément mon petit jean-mimi.
  6. Joue-là comme Raymond
    L'Équipe de France a livré face à la Suède une prestation "doménechienne", digne des plus grandes heures du gourou du XIVe. Si l'on pousse la piteuse comparaison jusqu'au bout, on peut dès lors se figurer que, comme en 2006, la France tapera bien gentiment l'Espagne et les renverra rouler des fajitas illico presto de l'autre côté des Pyrénées. Il fait quoi Zidane, samedi soir ?
  7. Benzema, l'espingouin
    On nous a présenté Karim Benzema comme l'arme offensive numéro un de l'Équipe de France, artificier en chef magnifique après une saison splendide au Real Madrid. Raté. Mais Karim évoluera en terrain connu face à l'Espagne, et se fera un plaisir de montrer à cette équipe aux accents barcelonais que le temps du Real est venu.
  8. Le combo Espagne-Portugal, c'est devenu une spécialité française
    En 2000, puis en 2006 (avec une petite parenthèse brésilienne), les Bleus ont sorti la péninsule ibérique avant d'aller affronter l'Italie en Finale. On peut être la meilleure équipe du monde, on peut être Cristiano Ronaldo, on ne peut pas lutter contre le destin. La France ira jouer la belle contre la Squadra Azura.
  9. La faveur du terrain (vraiment ?)
    Le match se jouera à Donetsk, ville dans laquelle la France a disputé ses matchs contre l'Angleterre et l'Ukraine, qu'elle n'a évidemment pas perdus. Un territoire heureux donc pour les Bleus, qui pourront se rattacher à cette incroyable manifestation de la providence pour aborder la confrontation face à l'Espagne sous les meilleurs auspices. Convaincant non ?
  10. Les Espagnols ont d'autres problèmes non ?
    C'est la crise, bordel. 25 % de chômage, des immeubles à l'abandon dans tout le pays, Guardiola qui arrête... Franchement à la place des Espagnols on se concentrerait sur les vrais problèmes du pays. A côté de ça, les soucis de Torrès...
  11. Le 23 juin, c'est l'anniversaire de Zinédine Zidane
    Oui, le même que les Espagnols voulaient envoyer en retraite en 2006. Une victoire des Bleus contre une équipe construite sur le modèle du Barça, ce serait un beau cadeau. C'est aussi l'anniversaire de Jean Tigana et de Jean-François Domergue, vainqueurs de l'Euro contre l'Espagne en 1984 et de Vieira, vainqueur de l'Espagne puis de l'Euro en 2000. On ne va pas gâcher l'anniv' de tous nos héros quand même!

Et vous, vous faites également semblant d'y croire ?