Crédits photo (creative commons) : Photography King ?

Je te raconte même pas, je reviens d'un terrible voyage. Rien que d'y penser, je bave et je claque des dents. J'étais aux Wales... Alors, tu conviendras qu'à côté de ça, valait mieux être à Londres ces derniers jours. Parce que si tu veux garder un semblant de santé mentale, je te déconseille le voyage.

  1. Une météo à mettre Catherine Laborde sous Prozac : le matin, tu te vois déjà ouvrir ta fenêtre, vêtue de ton décolleté en soie sauvage et poitrine à l'avenant, avec le soleil qui vient caresser ta peau encore toute engourdie, un peu comme dans une pub pour Danao. Après être descendue acheter des haricots en sauce pour le petit dej, et consulté les archives locales (en la personne de la petite vieille greffée au banc de la supérette), tu comprends donc pourquoi la photo ensoleillée du site web sur lequel t'as réservé était en sépia. Elle avait été prise lors du dernier jour de beau temps dans la ville, ce qui remonte à juin 1812. Tu perds donc rapidement la notion de bleu, et tu dis qu'il fait beau quand y a juste des nuages. Et qu'il fait nuageux quand y a de l'orage.
  2. Une langue radine en voyelles : ben ouais, quand tu passes tes vacances à Trawsfynydd, forcément, ça laisse des séquelles. Mais en allant te promener, entre deux typhons, tu remarques des noms de villes aux consonances chantantes, telles Penrhyndeudraeth ou Llandecwyn. Puis vas pas t'amuser à te paumer en promenant Fanfreluche, ton boa apprivoisé, parce que les noms se prononcent pas comme ils se lisent. Genre Dolgellau ca se dit à peu près Darkéklaf. Oublies pas ta carte Michelin. On sait maintenant où les laboratoires Boiron sont allés chercher le nom de leur médoc. Si tu cherches Oscillococcinum sur Google Maps, y a des chances que ca soit un village du Pays de Galles.
  3. Vous reprendrez bien des baked beans ? : mais quelle est donc cette obsession du haricot, bordel ? Certes, c'est très bon, et on en mangerait volontiers à tous les repas. Mais à force de s'envoyer du Phaseolus vulgaris par intraveineuse, tu finis par avoir un transit de chalutier. L'avantage, c'est que tu peux faire aisément passer ça sur le compte de la météo (Tiens, j'entends l'orage qui gronde au loin...).
  4. Les moutons : qui sont d'ailleurs plus nombreux que les humains. En fait, ils sont dans chaque champ. C'est à dire sur 99% de la surface du pays. Et en plus de bêler comme une quiche à ton approche, l'adorable ovidé est une véritable usine à merde. Il te laissera volontiers quelques offrandes sur le sentier, sous les arbres, sur les pierres... partout en fait.
  5. Une eau d'une couleur douteuse : les eaux sont noires. Mais vraiment. Tu te demandes même si il y a un fond près des berges tellement tu vois rien. Tu t'attends presque à voir Nessy en tenue légère se faire un Water-Polo au milieu du lac. Donc t'as moyennement envie d'aller te tremper la craquette dans la flotte, d'une parce que y a personne sur la plage, et d'autre part, parce que se demander si le truc qui te chatouille les pieds c'est une algue ou une espèce encore inconnue des scientifiques, c'est pas synonyme pour toi de vacances reposantes.
  6. Une architecture sans surprise : tu rentres direct dans le salon, avec une moquette crème et des canapés assortis. Après le salon, la cuisine. Elle est superbement équipée, mais comme on dit l'habit ne fait pas le moine. A gauche de l'entrée, des escaliers de 14 marches, d'un angle de 80°. Si tu continues tout droit en haut de l'escalier, tu vas dans la salle de bain, si tu vas à droite t'as les chambres. Les murs arborent avec autant de grâce qu'ils peuvent des tapisseries aux goûts douteux. Un Gallois aura donc une maison originale si son escalier comporte 15 marches. Les plus excentriques oseront bannir la moquette, mais ce sont généralement des marginaux, bannis par la société et répertoriés par Scotland Yard dans un fichier secret.
  7. Un fromage, des variantes : si tu vas à Tesco, n'espère pas trouver ton Boursin. Ici, on a tout ce qu'il faut : du CHEDDAR. Et y en a pour tous les goûts : du blanc, du orange, du rapé, du mature... Tu n'échapperas pas non plus à l'outil de torture qui sert à obtenir une lamelle de ce délicieux fromage lorsqu'il est sous forme de brique. Lamelle que tu t'empresses de poser sur ton toast à côté de tes beans. Gourmand va.
  8. Un risque de mort permanent : vu que la météo devient ta préoccupation numéro 1, tu as déjà appris à reconnaître les nuages. Du coup, tu te gondoles la couenne dès que les cumulonimbus battent en retraite, et tu te précipites dehors en louant Sainte Évelyne, déesse de la météo. Sauf que tu en oublies que ça roule à gauche, et après avoir regardé du mauvais côté avant de traverser, tu te fais heurter le gras par la Vauxhall qui traine dans le coin, dont l'ABS n'a rien pu faire face aux 20 centimetres d'eau sur la route, ce qui t'envoie rouler au milieu des moutons.

Et vous, vous confirmez ?

Pour bien te marrer, même en voyage, c'est Topito Voyage qu'il te faut.