panic
Crédits photo (creative commons) : star5112

Avouez-le, ça vous démange sacrément et régulièrement. Il vous ignore, il vous toise, et il se moque ouvertement du petit employé que vous êtes avant d'aller déjeuner entre gens de son espèce. Il croit que jamais vous ne lèverez le petit doigt, qu'il est le seul à bosser et que vous êtes remplaçable d'un claquement de doigt, pauvre hère. Mais voilà dix excellentes raisons de lever le petit doigt. Voire la main entière, et dans sa tronche.

  1. Parce que c'est le prince du dossier de dernière minute qui tombe toujours sur votre bureau
    Vous arrivez à 7h30 pour boucler cette daube tombée la veille à dix-sept heures et dans le jus jusqu’aux narines, vous assistez à l’arrivée indolente de votre responsable hiérarchique à 9h54: "Bonjour Gérard, alors quoi de neuf ? Ah oui ce gros dossier… J’en ai entendu parler.. Bon, eh bien j’espère qu’il ne va pas pleuvoir aujourd’hui, j’ai mis mes mocassins à glands ! Tout neuf".
  2. Parce que demander un jour de congé, c’est un peu comme demander une audition au Pape
    Il faut déjà minimum deux morts dans votre entourage proche. Et puisque vous aviez déjà pris un jour pour déménager il y a six mois, on vous sommera de ne point trop abuser de ce système gauchiste de « Congés Payés »… Enfin, si tout se passe comme prévu, ce jour où vous aurez pris votre courage à deux mains pour formuler votre demande, vous devrez vous dépêcher pour le faire avant midi, car après, votre chef sera en RTT. Mais pas d’inquiétude, car quoi qu’il arrive, on mettra entre deux semaines et un mois et demi à vous répondre.
  3. Parce qu'il vous a promis une augmentation "conséquente"
    Oui mais attendons la suite. 32 euros. Brut. Oui monsieur. Mais pas d’un coup, parce que sinon la masse salariale va exploser (et oui, vous n’êtes pas le seul dans ce cas…), donc ce sera vingt euros cette année, les 12 restant l’année prochaine. Lui vient de changer de bagnole. "Cash" qu'il a dit.
  4. Parce que votre boss a un sens bien à lui du timing
    Vous êtes encore une fois enterré sous le boulot, et c’est le moment pour votre responsable d’arriver la bouche en cœur : « Je pars en réunion, ça m’arrangerait que vous remplissiez pour moi ce bon de congé et que vous le fassiez parvenir à Robert (votre N+2 donc, faut suivre) ». Et de repartir avec un grand sourire et un air pressé. Et important.
  5. Parce qu'une fois vous l'avez vu bosser
    Mais juste une fois. Il tapait tran…quil…le…ment… trois mots/minute sur le clavier de son ordinateur. Sinon le reste du temps, vous ne savez pas trop. Au point d'avoir juste envie de lui remettre les neurones en place avec ledit clavier. N’hésitez plus.
  6. Parce que c'est lui qui a dû inventer "Asap", "Kick-off" et "Next step"
    Et toute autre expression emmerdante du boulot. En tout cas si c'est pas lui l'inventeur, il est le plus grand pratiquant. Au début vous en souriez. Mais au début seulement.
  7. Parce que ce midi il s'est plaint de son salaire
    Devant vous, à la cantine. Et devant une tablée entière de stagiaires incrédules. Sans donner de chiffres précisément évidemment en sachant qu'il se serait fait lyncher au réfectoire. Mais assez pour dire que "c'est dur en ce moment", "qu'une Audi A5 ça suce" et que "les Maldives ça coute un bras, heureusement qu'il y a la prime de fin d'année hein..."
  8. Parce qu’il fait tout « progressivement ». Tout
    Vous donner des responsabilités. Vous confier des projets. Vous laisser prendre les rênes. Etudier votre demande de congés. Envisager d’étudier votre demande d’augmentation. Travailler. Réfléchir. Penser. Et parce que ç’aura été le « progressivement » de trop.
  9. Parce que, cf point 2, un mois et demi plus tard, les prix des billets d’avions avaient triplé
    Vous avez donc été contraint de vous refuser vous-même vos congés – c’est diabolique, oui. Et parce que sur ces trois semaines où vous auriez dû être sur une plage paradisiaque, vous êtes là, du taf jusque dans les trous de nez. Et votre hiérarchique ne manquera pas de vous préciser qu’ici au moins, pas de risque de coup de soleil ! Allez-y, il est temps : entre un ulcère pour vous, et une bonne droite pour lui, vous ferez le bon choix.
  10. Parce que depuis qu’il ou elle est en vacances (on ne sait pas où et on s’en cogne) la vie a repris ses droits
    L’herbe repousse là où elle avait été brûlée sur son passage, les sourires reviennent, et la motivation pointe presque le bout de son nez. Alors non, le retour à la réalité est intolérable. Et une bonne droite aura deux effets : vous soulager, et le réexpédier en vacances. Enfin quelque part. Loin de votre bureau. On s’en cogne.
  11. (bonus) Parce qu'on est lundi
    Et qu'il faut bien que quelqu'un paye...

Top écrit par Petite Nature