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Que vous soyez cinéphile ou non, vous savez qu'au mois de mai, vous n'allez pas couper à l'avalanche médiatique de Cannes, marronnier incontournable entre les régimes et les allergies. Si vous êtes de bonne humeur, vous allez vous promettre d'aller voir ce petit film hongkongais qu'on dit bouleversant de lenteur, si l'une des 4 copies disponibles pour la France est livrée dans 6 mois dans un cinéma d'art et essai à moins de 100 kilomètres de chez vous. Et si vous êtes de mauvaise humeur, vous allez louer un American Pie pour ne plus voir le défilé de l’intelligentsia du "cinéma de qualité" se pavaner dans un luxe indécent. Parce que ça suffit bien, le festival de Cannes, et y'a même 10 bonnes raisons :

  1. Une compétition avec des films que personne n'a vu
    A moins d'être invité au festival. Pour le commun des mortels, les films primés seront visibles dans plusieurs mois et pas partout. Difficile dans ce cas d'être très impliqué dans "la compétition". Et que personne n'ira voir non plus après.
  2. Des vrais films qu'on verra présentés "hors compétition"
    Rarement la distinction entre "bon cinéma" et "cinéma populaire" n'aura été si explicite. Prenons un film capable d'amener les médias, de susciter l'intérêt du public, mais qui ne mérite pas d'être mis au même rang que les films en compétition. Ensuite, on file un prix à réalisateur taiwanais pour que Cannes reste un festival exigeant. Ce n'est pas très cohérent, mais c'est le prix à payer pour continuer à exister.
  3. Des célébrités souvent douteuses
    Quand on envoie un journaliste couvrir le Festival de Cannes et qu'il revient avec des photos de Loana ou de Jenifer, on est en droit de se demander s'il a vraiment fait son travail. Quoi ? Il sait quels couturiers ont signé leurs robes ? Dans ce cas, ça va...
  4. Un prétexte pour le scandale
    On sait très bien que les spectateurs ne regardent que dans l'espoir d'un nouveau scandale. Honnêtement, tout ce qu'on se souvient du Festival de Cannes 2005, c'est le sein de Sophie Marceau, non ?
  5. Des réalisateurs qu'on ne voit qu'au festival de Cannes
    C'est super de se dire qu'à Cannes, on voit certains réalisateurs boudés tout le reste de l'année par l'ensemble de médias. Mais quand on voit chaque année Ken Loach, Pedro Almodovar et Lars Van Trier, et un coup sur deux Aki Kaurismäki, on peut se demander si le festival ne tourne pas un peu en rond.
  6. Le cinéma, une discipline trop récompensée
    Les Césars, les Oscars, les Golden globes... Ça va bien maintenant, on sait que le cinéma c'est chouette. Pourquoi les autres arts n'ont pas la même exposition? Une compétition de peinture ou de théâtre dans une station balnéaire avec des plateaux de Canal+ en direct, ce serait déplacé?
  7. Des fêtes auxquelles vous n'êtes pas invités. Pas de baskets, tu dégages
    Peu d’évènements sont autant associés à des fêtes luxueuses et select d'un autre temps, fantasmes de pratiques orgiaques à base de poudre et de champagne. Venir à Cannes sans se retrouver au petit matin, perdu sur la croisette en smoking sans le moindre souvenir de ce qu'il s'est passé au cours des 12 dernières heures, c'est rater son festival.
  8. Des médias qui vivent beaucoup trop au rythme du festival
    Plateau sur place, images de la montée des marches tous les soirs, l'insistance oppressante des médias à nous donner du rêve est chaque année plus insupportable. Des envoyés spéciaux qui galèrent pour ânonner le nom d'un réalisateur thaïlandais ou d'une actrice indienne en insistant sur le fait que l'un et l'autre sont très attendus.
  9. La montée des marches, ça reste un escalier hein
    Parce que le moment fort du festival, ça reste quand même des gens qui montent des marches, pendant des heures. Alors, ok, ce sont de jolies marches, bien propres et tout... mais quand même.
  10. Le mois de mai n'est pas fait pour les salles obscures
    En mai, vous avez l'habitude de faire des ponts, de manifester, de pique-niquer. Vous regardez aussi Roland Garros et vous vous préparez pour l'Euro, ce qui est, quelque part, une activité de plein air, même si vous faites tout ça depuis votre canapé. Mais aller au cinéma, c'est un truc d'hiver.
  11. (bonus) Le festival de Cannes sans les Hot d'Or, ça n'a plus la même saveur
    Avant, pendant que le festival paillettes battait son plein, un autre ciné plus populaire, mais plus mal filmé et avec un fort accent de l'Est, battait son plein. C'était quand même autre chose...

Et vous, vous allez vibrer pour les marches ?