S’évader de prison , ça peut être vachement tentant, parce que c’est loin d’être le meilleur endroit sur Terre (et c’est peu dire). Ne pas se rendre à la police aussi. Mais, déjà, il y a beaucoup d’évasions ratées, et, même si on réussit, on se retrouve en cavale, avec la peur constante de se faire choper par la police. Et puis les cavales, on a beau en entendre parler à la télé, on sait pas trop comment ça se passe. On se posait pas mal de questions sur le sujet, donc on a décidé de chercher un peu pour y répondre.

1. Combien d'années de prison en plus je peux prendre si je fais une cavale ?

Déjà, avant même de parler d’évasion, si on décide de partir en cavale au lieu de se rendre en prison quand on a été condamné, on risque de ne jamais avoir droit à sa réduction de peine et aussi de transformer ses mois/années de sursis en prison ferme.

Pour ce qui est de l’évasion, elle peut vous ajouter 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende, voire bien plus si vous avez utilisé des armes et menacé/tué des personnes pour vous évader, ce qui est assez logique.

Et en ce qui concerne la cavale, sa durée n’influe pas forcément sur le nombre d’années de prison ajoutées à l’évasion. Il arrive même qu’après de longues cavales, lorsque le prévenu est âgé et regrette, les juges soient un peu plus compréhensifs et n’aient pas la main trop lourde sur la peine de prison ajoutée.

2. Est-ce qu'on peut me tirer dessus pour m'empêcher de m'évader de prison ?

La réponse est oui. Les gardes peuvent tirer depuis le mirador de la prison sur le détenu qui essaie de s’évader, mais ils ne peuvent plus rien faire s’il est en dehors de la prison. Ça paraît fou quand même, mais c’est comme ça.

3. Pourquoi on dit que c'est compliqué de vivre en cavale ?

On pense qu’on peut rester bien cachés jusqu’à ce qu’on nous oublie, mais en fait c’est bien plus compliqué que ça. Déjà, même s’il n’y a pas 10000 policiers mobilisés pour la recherche de chaque mec en cavale, il risque de se faire choper à chaque contrôle d’identité ou d’empreintes. Et puis, en cavale, on ne peut pas faire confiance à tout le monde, parce que n’importe qui peut te dénoncer si tu le saoules un peu trop. Et, surtout, tout coûte hyper cher quand on est en cavale, parce qu’il faut payer des gens pour faire des courses, faire des faux papiers (chers aussi), se loger à différents endroits, voyager, etc. Il faut avoir beaucoup de fric de côté et de bons amis.

4. Est-ce que si je me rends on sera plus sympa avec moi ?

Rien n’est moins sûr, enfin rien ne le dit dans les textes de loi. Mais, dans les faits, les juges semblent se montrer beaucoup plus cléments (même s’ils s’appellent Jean-Pierre mdr) si le prévenu s’est rendu aux autorités. Ça montre quand même qu’on a des regrets et qu’on a compris qu’on avait fait une petite bêtise. Ils aiment bien ça, les juges.

5. C'est quoi la cavale la plus longue ?

Bon pour le coup ça on y avait déjà répondu dans un top sur les cavales les plus longues. Le détenteur du record, si on oublie ceux qui ne se sont jamais fait choper, c’est un homme de 71 ans qui s’est fait arrêter après 56 ans de cavale. On sait pas s’il arrivait à bien dormir tous les soirs, mais en tout cas c’est un bel exploit (même si c’est pas bien moral tout ça.)

6. Y'a vraiment des mecs qui font de la chirurgie esthétique pour échapper à la police ?

C’est assez rare, mais oui, il y a vraiment des gars qui vont jusque là pour ne pas se faire gauler. Par exemple, Albert Spaggiari, arrêté pour le casse de la Société générale de Nice en 1976, y a eu recours. Et il faut croire que ça lui a bien réussi, puisqu’il n’a jamais arrêté. Il est mort en 1989 sans avoir été arrêté. Et avec un visage différent, du coup. Mais il n’y a pas que la chirurgie qui l’a sauvé ; il a aussi pas mal baroudé en Amérique du Sud pour qu’on perde sa trace. Si ça se trouve, ça ne lui a servi à rien de changer de tête. Ça serait con quand même.

7. Ça vient d'où le mot cavale ?

Comme bien souvent : DU LATIN. Et plus précisément, de caballus, qui désigne le cheval. C’est la même racine que le verbe « cavaler », qui veut dire « fuir » ou « courir », parce qu’à la base ça désignait plutôt une fuite à cheval. Mais il faut avouer qu’aujourd’hui on a quand même beaucoup plus de chance de se faire pincer si on essaie d’échapper à la police en se cassant sur le dos d’un cheval. Mais ça aurait quand même une certaine classe.

De toute façon on dit souvent n’importe quoi sur les prisons. C’est encore pire en réalité.

Sources : midilibre, wikipédia, LaDepeche, wikipedia.