Ce n’est pas parce qu’une question contient le mot « prout », « caca » ou « prout » et « caca » qu’elle est forcément stupide. Enfin si, de fait, elle est stupide : mais la réponse ne l’est pas forcément. Ou du moins pas forcément évidente. Le genre de réponses que tes parents ne te donneraient pas du tac au tac quand tu leur poserais la question.

1. A quelle quantité de pets faut-il être exposé pour mourir ?

Nitrogène et méthane sont les mamelles de nos pets. Or, nitrogène et méthane sont deux gaz hautement toxiques. Mais quand le péquin moyen pète, ces gaz se dispersent dans l’atmosphère et n’ont pas la puissance nécessaire pour tuer le malheureux renifleur. Si l’on voulait vraiment (et il faudrait VRAIMENT le vouloir) tuer quelqu’un avec des pets, il serait nécessaire de réunir plusieurs dizaines de péteurs et de relier leurs rejets à un tube qui enverrait directement le contenu des pets dans les bronches de la victime. De cette manière, celle-ci n’aurait plus aucun apport en dioxygène et le nitrogène se chargerait d’éliminer le dioxygène stocké dans ses poumons, le conduisant à la suffocation. Et, selon la recherche, en se basant sur la capacité pulmonaire moyenne et sur la quantité de nitrogène et de méthane moyenne présente dans un pet, il faudrait environ 605 prouts pour parvenir à ce résultat.

2. Comment les femmes enceintes réussissent-elles à tenir debout ?

C’est vrai, ça ! Je veux dire : peu à peu, leur équilibre de masse change et déplace leur centre de gravité vers l’avant. On comprend qu’en se tenant bien droit ça peut le faire, mais ça devrait abîmer les muscles du dos et la colonne vertébrale qui prend déjà assez cher. Eh bien les chercheurs en sont arrivés à la conclusion que la colonne vertébrale des femmes disposait d’une vertèbre supplémentaire dans le bas du dos et de points de connexion plus épais entre les vertèbres. C’est grâce à cela qu’elles évitent la douleur dorsale affreuse à laquelle elles pourraient être exposées, même si on ne va pas se mentir, être enceinte, ça fait mal au dos.

3. Quelle est l'espérance de vie si on se mange soi-même ?

Imaginons un peu. Imaginons que le vol de la Malaysia Airlines, par exemple, ne s’est pas abîmé en mer, tuant tous ses passagers ; imaginons qu’il se soit abîmé en mer, tuant tous ses passagers sauf vous. Imaginons maintenant que la mer où il est abîmé soit totalement dépourvue de poissons et que vous ayez réussi à nager jusqu’à une bande de sable dépourvue de végétation au milieu de ce grand truc bleu. Vous avez faim, mais il n’y a rien rien rien. En langage scientifique, on dit « oh bordel c’est la merde. » Vous commencez à vivre dans un dessin animé et à sérieusement envisager de manger votre appétissante petite cuisse avant qu’elle ne perdre de volume.

Est-ce une bonne stratégie ? Sans doute. L’espérance de vie en se mangeant soi-même, d’après certains chercheurs, est de 39 jours à condition que l’on soit en bonne santé et que l’on ne commence pas par se manger le coeur. Il est possible de se mangeouiller pendant un mois sans toucher à ses organes vitaux. Bon à savoir ? J’espère pas.

4. Pourquoi les animaux n'ont-il pas pas de roues ?

Ce serait quand même pratique si les chiens arrivaient avec des roues, par exemple. Ils pourraient se déplacer plus facilement en dépensant moins d’énergie, ce qui est un truc important quand on n’aime rien d’autre dans la vie que d’en faire le moins possible.

Le problème, c’est qu’en plus d’être une invention humaine au design pensé et peu compatible avec ce que fabrique la nature sur un principe de théorie de l’évolution (je veux dire, quand on y pense, les cheveux c’est très bizarre, la roue beaucoup moins), la roue ne pourrait pas être une réalité organique. Pour fonctionner, la roue doit être indépendante de l’axe qui la maintient, sans quoi les vaisseaux sanguins reliant l’axe à la roue feraient des torsions complètement dingos et finiraient par exploser. On pourrait donc à la limite imaginer qu’un animal cesse de développer des mains et que son poignet, par sélection naturelle, corresponde parfaitement à la forme de l’axe d’une roue et qu’il trouve des roues et… Mais c’est assez peu probable.

5. Est-ce que les poissons boivent de l'eau ?

Et bah ça dépend s’il s’agit d’un poisson d’eau douce ou d’eau salée. Les poissons d’eau douce n’ont aucun intérêt à boire de l’eau, car leur corps concentre davantage de sel que leur environnement. Leur corps absorbe donc de l’eau en permanence et la rejette tout aussi tôt. En revanche, les poissons d’eau salée ont une concentration de sel inférieure dans leurs organes à celle de leur environnement immédiat et ils perdent de l’eau en permanence. De ce fait, ils ingèrent de l’eau tout le temps et filtrent le sel de l’eau pour éviter d’être déshydratés.

6. Combien de temps met un Lego que l'on avale volontairement à disparaître dans nos selles ?

Des chercheurs se sont penchés sur la question de la plus simple manière qui soit, en avalant un Lego et en regardant leur montre. Il leur a fallu 1,71 jour pour évacuer la pièce. Surtout, ils se sont rendu compte que le gobage de Lego ne modifiait en rien le mécanisme de transit et l’état des selles et qu’il ne fallait pas, en conséquence, paniquer en cas de léger incident (oui bon sauf si vous êtes en train de vous étouffer hein).

7. Est-ce que le chocolat est moins bon quand il ressemble à du caca ?

On le sait, notre capacité à apprécier un repas dépend en grande partie de facteurs exogènes au goût (l’apparence, la couleur, la lumière, les souvenirs, l’état d’esprit…) Une étude menée sur des cobayes a ainsi prouvé que le goût d’un même jus de pomme était perçu différemment si le verre contenait en son fond un petit cafard en plastique dont la présence n’altérait en rien le goût. Une autre étude a comparé le plaisir gustatif ressenti par des étudiants à qui l’on proposait de mager des chocolats délicieux, sauf que certains d’entre eux ressemblaient à des merdes de chien. Et, comme on peut s’en douter, les morceaux de chocolat en forme de merde de chien, même s’ils étaient conçus à partir du même matériau que les autres, ont été perçus comme moins bons que les autres.

8. Est-ce que les testicules se porteraient mieux si les hommes portaient des kilts ?

Oui. Une étude néerlandaise a répondu à cette question cruciale : on serait beaucoup plus heureux si l’on pouvait tous porter des jupes. La qualité du sperme contenu dans les testicules d’hommes ayant porté des jupes au cours des semaines précédentes est de bien meilleure qualité que celles des autres. Le port de la jupe permet de maintenir une température et des conditions idéales au bien-être des testicules, alors que les pantalons sont trop serrés et augmentent radicalement la chaleur. Les Ecossais ont tout compris.

9. Est-ce que les poissons pètent ?

Non. Jusque récemment, la communauté scientifique pensait qu’aucun poisson ne pétait. Jusqu’à ce qu’une étude très sérieuse prouve qu’en réalité, il était UNE espèce de poisson péteur et que cette espèce, c’est le hareng. De fait, dans la nuit, les harengs émettent des sons pulsés avec leur anus, quel que soit leur régime alimentaire. Ils pètent longtemps, pendant plusieurs secondes. Et cela n’a aucun lien avec leur hygiène intestinale : les harengs pètent pour communiquer. Un peu comme nous quand, lâchant une caisse dans un ascenseur, nous signifions à nos contemporains que nous ne les aimons pas.

10. Nage-t-on plus vite dans l'eau ou dans la morve ?

Depuis des décennies, ce débat agitait la science (pas toute la science, mais une partie de la science) : la viscosité d’un liquide permettrait-elle une propulsion supérieure et donc une vitesse accrue ou au contraire ralentirait-elle le nageur ? Pour le savoir, des chercheurs ont rempli une piscine municipale de liquide plus visqueux que l’eau, semblable à de la morve et leur résultat a été sans appel : on nage exactement à la même vitesse dans l’eau et dans la morve. Le ralentissement apparaîtrait dans un environnement plus visqueux encore, proche du miel.

Quand on dit qu’il n’y a pas de questions bêtes.

Sources : Cracked, Ig-Nobel