Vous nous attendiez au tournant avec nos bégaiements à l’écrit parce qu’on est là pour vous faire marrer en vous racontant des trucs rigolos tout le temps non mais oh vous nous avez pris pour qui vous pensiez qu’on allait se moquer des bègues non mais oh mais vous nous prenez pour qui oui je l’ai déjà dit mais j’étais vraiment furax.

1. Quand apparaît le bégaiement ?

Généralement, ses premières manifestations sont concomitantes à l’acquisition du langage et sont donc visibles entre deux et quatre ans. Au début de son apprentissage, l’enfant aura des difficultés à prononcer les sons et se montrera donc hésitant ; il ne faut pas tout de suite penser qu’il est bègue. Toutefois, si ces difficultés persistent après six mois, le soupçon est permis.

2. A quel moment considère-t-on qu'une personne est bègue ?

Le bégaiement est un trouble du langage qui se manifeste souvent dans la petite enfance. Pour autant, il ne bénéficie pas d’une seule et même définition qui ferait loi dans la communauté scientifique et médicale. L’OMS le définit comme suit : « une parole caractérisée par une répétition fréquente de sons et de syllabes ou par des hésitations ou pauses fréquentes, pendant au moins 3 mois ». Cette notion de durée est importante car elle insiste sur le fait que le trouble se maintient dans le temps et qu’il n’est pas simplement le fruit d’une difficulté passagère.

3. D'où vient le bégaiement ?

Là encore, tous les experts ne sont pas d’accord. Jusque tout récemment, les scientifiques considéraient le bégaiement comme un trouble exclusivement psychologique, mais l’imagerie cérébrale a permis de mettre en avant d’autres facteurs d’ordre physique, notamment une faiblesse de la zone cérébrale dédiée à la parole. On parle désormais de terrain propice à une prédisposition sans pour autant avoir de réponses claires quant à la part d’inné et la part d’acquis dans le développement du trouble.

4. Le bégaiement est-il héréditaire ?

Désormais, les scientifiques le pensent, du moins en partie. Les études menées en imagerie médicale corrélées à des études qualitatives sur les populations atteintes de bégaiement montrent que la présence d’un parent atteint de bégaiement serait un élément favorisant l’apparition du bégaiement chez l’enfant. Pour autant, toutes ces recherches demeurent encore très limitées et n’offrent pas de réponse franche.

5. Qu'est-ce que ça change que ce soit psychologique ou physique ?

Bah pas mal de choses. Partant de l’observation selon laquelle un bègue tend à bégayer beaucoup moins dès qu’il se trouve seul et lorsqu’il chante ou joue un rôle, les scientifiques pensaient le bégaiement rattaché à une pathologie sociale concernant donc le champ de la psychologie. Les nouvelles données étendent le champ des recherches au spectre de la médecine et de la biologie, ce qui peut avoir des conséquences directes dans les traitements du trouble mais aussi d’un point de vue juridique quant au remboursement ou non des soins.

6. Existe-t-il un bégaiement unique ?

Les spécialistes distinguent trois principaux types de bégaiement. Le bégaiement clonique, le plus iconique, qui consiste à répéter des syllabes sur lesquelles on bute ; le bégaiement tonique, qui consiste en un blocage sur un mot en particulier, le plus souvent celui qui rompt le silence ; le bégaiement tonico-clonique, qui réunit les deux précédents. D’autres catégories plus rares sont également décrites par les spécialistes, comme le bégaiement par inhibition, qui empêche le sujet de parler et le bégaiement par substitution dans lequel le sujet va substituer des mots approchants à ceux qui le gênent.

7. Comment peut-on traiter son bégaiement ?

La réussite des exercices visant à maîtriser ou à mettre un terme au bégaiement est très variable selon les individus. La plupart du temps, on conseille aux parents d’enfants bègues d’emmener leurs enfants chez un orthophoniste pour une rééducation qui pourra également s’accompagner d’un suivi psychologique. Les méthodes alternatives sont légions et font généralement intervenir des exercices impliquant le rythme, la relaxation et la respiration. Il n’existe pour autant pas de méthode miracle. On assiste en revanche parfois à des rétablissements spontanés, le plus souvent après des opérations chirurgicales ou des accidents sans rapport avec le bégaiement. Comme si le choc causé mettait un terme au trouble. Des traitements médicamenteux ont également été expérimentés, sans succès notable.

8. Le bégaiement peut-il amplifier avec l'âge ?

Malheureusement oui, quand il n’est pas traité et que la personne qui en est atteinte est exposée aux moqueries de la société. La difficulté tient à la part psychologique et sociale du bégaiement qui pourra prendre une plus grande ampleur sans accompagnement et inhiber plus encore le sujet.

9. Combien y'a-t-il de bègues dans le monde ?

Environ 5% des personnes connaîtront un épisode de bégaiement au cours de leur vie, c’est-à-dire une période de plus de 3 mois au cours de laquelle elles seront atteintes du trouble. Néanmoins, à l’âge adulte, la part de la population qui bégaie est d’environ 1%. 80% des personnes bègues sont des garçons.

10. Le bégaiement est-il considéré comme un handicap ?

C’est une question hautement sensible. Lorsqu’il est très prononcé, l’administration peut considérer le bégaiement comme un handicap, mais certaines associations luttent contre cette reconnaissance dans l’idée de mieux faire accepter les personnes bègues. Il existe donc un débat interne à la communauté associative sur la classification de ce trouble et autant de réponses différentes qu’il y a d’Etats.

11. Et sinon, pourquoi on dit que l'Histoire ne se répète pas, elle bégaie ?

Parce que Karl Marx avait la classe pour trouver des formules qui pètent.

Sinon, le bègue viendrait du néerlandais beggenqui signifie bavarder.