Le marché des consoles de jeux vidéo est l'un des plus fermés qui soit. Entrer sur le marché exige tant d'effort, de renommée, de moyens qu'il est impossible, à moins d'être un géant déjà en place, de s'imposer. Et même quand c'est le cas, la moindre petite erreur se paie au prix fort. La courte histoire du jeu vidéo est ainsi jonchée de projets morts-nés, des machines de rêves qui n'ont jamais trouvé le chemin des rayons de nos boutiques. Petite sélection de ces tentatives qui ont laissé un espace vide dans nos salons.

  1. Apple iPlay (2005) : si Apple lançait une offensive sur le marché des consoles, que se passerait-il ? Un design canon, un raz de marée annoncé et la difficulté à résister à la pression d'acheter l'objet le plus beau et le plus onéreux possible pour jouer à Angry Birds dans son salon. Le projet est enterré selon certaines sources, d'actualité pour d'autres, complètement fantaisiste pour les derniers. Entre désir et frustration, la communication d'Apple est vraiment un modèle du genre.
  2. Phantom (2004) : un projet avorté de Infinium Labs qui faisait pourtant envie. Une console qui ressemble à un modem et qui proposait dès 2004 la dématérialisation des jeux. La fusion du PC et de la console, uniquement basé sur le téléchargement... On n'aime pas trop les prophètes dans le monde du jeu vidéo, et la Phantom est restée dans les cartons.
  3. M2 (1997) : après un échec commercial, les concepteurs des machines 3DO se lancent dans l'aventure M2, avec l'ambition de mettre des bâtons dans les roues de la toute puissante Playstation. Ce projet de console sera finalement tué dans l'oeuf, vendu à Matsushita puis totalement abandonné, après avoir fait s'enflammer quelques commentateurs sur ses capacités réelles.
  4. Mirai : l'un des nombreux projets restés dans les tuyaux de cette merveilleuse entreprise qu'était Atari. La "Mirai" ("Futur" en japonais) aurait selon les rumeurs été un projet commun entre Atari et SNK, ce qui laissait présager d'une version plus "démocratique" de la NeoGeo. On ne le saura jamais, ni même ce que vaut cette photo qui ne serait qu'une pure spéculation du design envisagé.
  5. Indrema L600 (2001) : quand on envisage de sortir une machine aussi classe, aussi performante (lecteur DVD, open-source, internet et Tivo) et aussi onéreuse (près de 300$), il est préférable de s'appeler Apple ou Sony que Indrema. Cette dernière met la clé sous la porte en Avril 2001, faute de financement. Dommage.
  6. Sega VR (1993) : "Virtual reality", voila un concept qui faisait rêver au début des années 1990. Sega se lance dans la console ultime, la machine échappée des films de science-fiction, et renonce, officiellement en raison du danger que pouvait représenter cette machine (migraine, troubles de la vue et comportement de cinglé en société). Les voyages en métro auraient pourtant été bien plus rapides avec ce truc.
  7. Panther (1991) : la console de trop pour Atari. Avant de s'atteler à ce projet désespéré qu'était la Jaguar, et de définitivement fermer boutique. La Panther n'a jamais dépassé le stade de la planche à dessin et s'est révélée trop limitée avant même de voir le jour dans un monde dominé par la Super NES et la Megadrive, et prêt à accueillir à bras ouverts la Playstation.
  8. Gamepark XGP (2006) : trois designs différents pour une arrivée en force sur le marché. Un projet un peu trop gros pour les Coréens de Gamepark Holding, déjà refroidis après le succès mitigé de la GP32, qui était pourtant en 2001 très au-dessus du lot. L'entreprise mettra la clé sous la porte avant d'avoir eu l'occasion de mettre sa petite merveille en rayon.
  9. Neptune (1990's) : il y a les projets inachevés qui font saliver, et ceux qui n'intéressent personne. La Neptune de Sega fait clairement partie de cette deuxième catégorie : une version de Megadrive intégrant le 32X uniquement destinée à récupérer un peu de l'épargne des fans qui attendaient fébrilement la Saturn. Le succès plus que mitigé du 32X contraindra finalement Sega à vraiment se mettre au boulot pour pondre une nouvelle machine.
  10. SuperNES CD : la Super Nintendo était une merveille, il ne lui manquait qu'un lecteur CD. Au terme d'une sombre histoire de partenariat avec Sony, de trahison pour s'engager avec Phillips et finalement laisser mourir le projet. Phillips sortira le CDI de sinistre mémoire, Sony travaillera sur la Playstation et Nintendo laissera passer le train. Fin d'un cycle en eau de boudin. Début d'une nouvelle ère.
  • Et vous, quel projet avorté vous fait rêver ?

    Source : l'excellent The Ultimate Console Database, véritable mine d'or pour tout amateur de jeux vidéo