On ne va pas se mentir : le porno est sexiste. On ne va pas non plus se mentir : le porno est raciste. Toute l’industrie du porno s’efforce de représenter des fantasmes considérés comme mainstream et donc reproduisant des stéréotypes sociaux, racistes et stupides à même de séduire les masses : les petites collégiennes blanches et les gros dealers noirs. On pourrait arguer que l’industrie ne fait que s’adapter à un marché ; sauf que son fonctionnement interne reflète cette idéologie suprémaciste qui s’étend jusqu’au porno gay.

1. L'interracial est considéré comme une catégorie en tant que telle

Sur tous les sites de cul, entre « big boobs » et « anal », on trouve les catégories interracial, latino ou asiatique. En soi, cela est choquant, parce que cela revient à considérer le fantasme sexuel comme obéissant à des règles d’exotisme : « tiens, je me taperais bien une asiat’, je vais aller mater par-là ». Cette catégorisation est d’autant plus dérangeante quand il s’agit d’interracial, puisque le mélange est alors présenté comme une transgression, comme une combinaison pas naturelle.

2. Tourner une scène dite interraciale passe pour le summum de la transgression

Pour une actrice blanche, faire du zizi avec un acteur noir à l’écran est considéré comme l’ultime transgression, après le sexe anal, les gang-bang et même les bukkake. Quand on voit la violence aux scènes de bukkake, on s’interroge quand même. En 500 films et 15 ans de carrière, Alexis Texas n’a ainsi jamais tourné avec un acteur noir. Comme explication, elle avance que ses parents en seraient choqués. Par contre, qu’elle se prenne des bites dans le cul devant la caméra en feignant l’orgasme, j’imagine qu’ils trouvent ça cool.

Source photo : Giphy

3. Les acteurs blancs ont une prime pour tourner avec les acteurs noirs

L’ex-acteur et producteur cool James Deen (moins cool depuis qu’il a été accusé de viol par Stoya) a milité contre ce phénomène excluant et menant le porno à une reproduction éternelle de stéréotypes et de scènes normées. Dans un entretien, il a expliqué que les actrices lui demandaient parfois une majoration de 500 dollars pour tourner avec un acteur noir. Par ailleurs, il n’est pas rare que des actrices sous contrat avec de grosses sociétés touchent jusqu’à 2000 dollars de prime pour leur première scène interraciale. A ce prix-là, je suis dispo, si vous voulez.

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4. Les acteurs noirs sont moins bien payés que les blancs

D’après une étude de Mireille Miller-Young, une chercheuse spécialisée dans les études féministes, les acteurs pornos noirs américains gagnent moins de la moitié, en moyenne, de ce que touchent leurs homologues blancs. Pas sûr que le CV anonyme marchera.

5. Il est possible pour un blanc de refuser de tourner avec un noir : pas l'inverse

Comme Alexis Texas, aux Etats-Unis, nombreuses sont les actrices qui refusent de tourner avec des noirs. Le racisme est ici encore plus sournois : l’interracial est souvent considéré comme une sorte de porte de garage pour actrices dont la carrière décroche. En revanche, si un ou une noire refusait de tourner avec des blancs, elle se ferait foutre à la porte. A poil.

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6. Les acteurs noirs ont une carrière plus courte que les blancs

De fait, statistiquement, les acteurs et actrices noires tournent moins longtemps que les blancs. Ils sont aussi généralement moins connus. Une « petite brunette » pourra devenir une « milf », alors qu’une noire qui vieillit sera simplement éjectée. Quand vous prenez le top 100 des actrices les plus en vue sur youporn, par exemple, il n’y a pas une noire et très peu d’asiatiques.

7. Dans le porno gay, les acteurs noirs et arabes sont systématiquement actifs

Les producteurs l’expliquent comme suit : « la plupart des hommes blancs qui regardent du porno fantasment à l’idée d’être soumis par un voyou des rues. » Donc un noir ou un arabe.

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8. En France, le mot-clé le plus recherché depuis des années est "beurette"

Le mot est hyper connoté cul. La beurette est devenue elle aussi une catégorie sexuelle à part entière, teintée d’exotisme, ce qui peut traduire une double réalité : une forme d’endogamie chez les utilisateurs de porno d’origine arabe et le fantasme de la beurette soumise dans une France bien-blanche-bien-propre qui a peur des Arabes mais se ferait bien leurs femmes. Le fantasme presque toujours reproduit est celui de la nana soumise qui s’affranchit des carcans de la religion pour devenir une grosse ouf du cul. Le problème, c’est qu’on essentialise encore une fois les filles maghrébines en en faisant des benies-oui-oui qui révélerait leur vraie nature devant les hommes, objets d’une domination sociale et ethnique.

9. Les acteurs noirs se voient toujours proposer les mêmes scénarios

De la même manière, les acteurs noirs américains se plaignent de se voir offrir toujours les mêmes rôles (si on peut parler de rôle dans le porno pour le mini-scénario qui précède les petits cris forcés). Là où les blancs peuvent alternativement être chefs d’entreprise, agents immobiliers, plombiers ou flics, les noirs sont toujours des cambrioleurs ou des dealers. Seul le studio Blacked met en scène des noirs riches, possédant de grandes maisons et affichant une forme de réussite sociale.

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10. Il n'existe aucun acteur asiatique dans le porno gay

La faute à une réputation simple : chinois = petit kiki. L’industrie considère dès lors qu’un asiatique ne peut pas être porteur de fantasmes. Logique. Petit kiki, quoi.

D’ici à ce que le porno change, je pense que Sasha Grey sera morte.

Sources : Cracked, Rue89, Slate.fr

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