Depuis trois ans, les scénaristes nous tiennent en haleine avec Brexit, la première série Netflix dans laquelle les personnages naviguent à vue et dont le cliffangher est situé au début et non pas à la fin, comme on le voit habituellement. Dans Brexit, on retrouve tous les ingrédients des bonnes séries : des acteurs de ouf, des persos au cordeau, une arène bien identifiée et plusieurs niveaux de lecture.

1. C'est coproduit par la BBC mais ça concerne le monde entier

Parce que c’est ça la patte Netflix : partir d’une réalité locale pour parler au plus grand nombre. Brexit ne déroge pas à la règle : selon l’issue des négociations entre le Royaume-Uni et l’Europe, il se peut tout à fait que l’économie mondiale s’effondre ou que les populismes emmènent le monde dans la troisième guerre mondiale. Bref, le sujet brasse plus large que la seule réalité britannique.

2. C'est déjà la troisième saison

Le signe que ça marche, d’autant qu’aux dernières nouvelles les Tories et l’Europe seraient en passe de signer pour une nouvelle saison (réponse fin octobre).

3. Les personnages sont mortels (quoiqu'un peu caricaturaux)

D’un côté Boris Johnson, ressort comique de la série mais dont la dimension fantasque cache des moteurs inquiétants, de l’autre Michel Barnier en incarnation guindée de l’ennui à l’européenne. De belles oppositions de style et surtout un vrai talent des scénaristes pour renouveler la série avec le départ de David Cameron puis de Theresa May et l’arrivée de Boris Johnson pour redonner du peps.

4. Y a des adaptations en cours dans d'autres pays

Y’a Fuoritalia, Espanadios, Belschisme et bien sûr la seule, l’inénarrable et bien franchouillarde FREXIT en cours de développement.

5. C'est vachement mieux produit que le remake français avec François Asselineau

Parlons-en, d’ailleurs, de cette adaptation qui ressemble au serpent de mer de la production audiovisuelle actuelle. Le casting initial (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot) a finalement été écarté au profit de François Asselineau dans une série à budget resserré et dont l’essentiel des séquences a été tournée sous des ponts sur des bretelles d’autoroute. Rien de bien marquant.

6. On comprend pas tout tout le temps mais c'est pas grave

Parce que les histoires se mêlent et s’entremêlent à tel point que parfois ça devient compliqué à suivre entre l’intérêt personnel, l’intérêt public, la parole privée, la parole publique et les special guests qui interviennent par moments (mention spéciale à Donald Trump et Bolsonaro, impeccables). Mais pour autant, le récit se tient et on est embarqué.

7. Le spin off, Mercosur est en pré-production et devrait compter Bolsonaro dans son casting

Aux dernières nouvelles, il s’agirait d’un double nœud d’intrigues autour d’un accord intercontinental invotable au moment précis où le Brésil décide de réaligner sa politique sur celle, isolationniste, des Etats-Unis. On n’en sait pas plus pour l’heure.

8. On sent que ça rame un peu sur la fin

C’est le lot des grandes sagas que de décevoir et d’épuiser et Brexit ne s’en tire pas moins bien qu’une autre, mais il est vrai que l’accumulation d’invraisemblances (la défection d’une parti des députés conservateurs au Royaume-Uni, les vacances forcées de la chambre des communes) comme autant de twists savamment distillés finissent par épuiser.

9. Y a des forums entiers de théories sur ce qu'il va se passer

Pas moins que pour GoT, finalement. Les meilleurs forums pour les passionnés de prospective : Le Monde, Le Figaro, Libé, Courrier international, La Croix en VF, The Guardian et The Independent pour ceux qui maîtrisent la VO. Testé et approuvé par la rédaction.

10. Le titre claque

Brexit, on n’a pas fait meilleur titre depuis Lost. Tout simplement.

Et bientôt notre classement des meilleures saisons.