Avec le TGV Paris-Bordeaux en deux heures, des collectifs bordelais se sont mis en oeuvre pour dénoncer une gentrification galopante de la ville en raison de l’arrivée massive de Parisiens. Sauf que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, dans la mesure où Bordeaux est considérée comme une des villes les plus bourgeoises de France. Bref, ce n’est pas dire du mal de Bordeaux que de rappeler quelques réalités bien sentis et PAF.

1. Les Bordelais veulent que les Parisiens dégagent de chez eux

Depuis que la ligne Paris-Bordeaux a été ramenée à 2 heures, les Bordelais déplorent une augmentation des loyers et les slogans à base de « Parisien, rentre chez toi ! » Sympa. Donc si on résume, les Bordelais sont des bourgeois qui considèrent que les Parisiens sont encore plus bourgeois et qu’ils devraient dégager fissa. Super inclusif, merci.

2. Les gens du Sud considèrent les Bordelais comme des gens du Nord

Pour toute personne qui vient de Toulouse ou de toute ville plus au Sud que Bordeaux, le Nord commence à Bordeaux. Pour le Sud, Bordeaux et Paris, c’est à peu près le même combat ; à la différence près que, comme les Toulousains voient davantage de Bordelais, ils les considèrent pires que les Parisiens. La réputation, ça compte.

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3. Bordeaux, c'est super cher

Les loyers sont évidemment moins chers qu’à Paris, mais la taxe d’habitation y est jusqu’à quatre fois plus élevée. Donc quand on fait le calcul sur l’année, le différentiel n’est pas si évident. La différence, c’est que quand t’as des problèmes de thunes, ton interlocuteur c’est le Trésor Public et plus ton propriétaire.

4. Les Bordelais sont super fiers de leur patrimoine (et un peu chiant)

Et que toute la ville a été rénovée, et que c’est très joli, et que c’est beau, hein, le miroir d’eau ? Et la place de la Bourse ? Et la place Caju ? En plus, tout ça est concentré dans le centre-ville, toute une partie du schmilblick étant livrée à elle-même, un peu comme à Paris certaines zones où les seules impulsions de rénovation urbaine sont corrélées à de la gentrification.

5. Les deux sont des villes des rois

Il y a eu des rois qui se sont établis à Bordeaux pendant la guerre de Cent ans. Et Paris est désormais depuis un paquet d’année la capitale du royaume puis de la république de France. Voilà. Même ambiance royale. Avec toute la centralisation et le « je me la pète » lié à un tel état de fait. Bam dans les dents Bordeaux.

6. La ville est blindée de bars à vin

Les bars populaires disparaissent peu à peu au profit des bars à vin, des bars à tapas, des bodegas et de tous ces trucs où il est nécessaire d’être un peu guindé pour se marrer. Ca ne vous rappelle pas une autre ville ? Si, bien vu, ça rappelle Paris où l’embourgeoisement galopant fait qu’on remplace un bazar mal branlé à Barbès par un café lounge. Suivez mon regard.

7. Ils ont boboisé le quartier Saint-Michel

Saint-Michel, à Bordeaux, était jusque récemment un quartier populaire où l’on vendait des clopes à la sauvette et où on pouvait bouffer un kébab. Saint-Michel, à Paris, était dans les années 60 un quartier étudiant et populaire. A Bordeaux, Saint-Michel est désormais un endroit mixte socialement, mais pas forcément pour longtemps ; à Paris, Saint-Michel est désormais l’un des lieux les plus bourges de la ville. Mais en réalité, ce qui se passe avec Saint-Michel à Bordeaux rappelle davantage la gentrification galopante des anciens quartiers populaires parisiens à l’oeuvre depuis 10 ans, notamment dans le XIX° arrondissement.

8. L'anagramme de Bordeaux, c'est "Paris en pire"

Ouais, à quelques lettres près, peut-être. Quelques lettres.

En vrai j’aime bien Bordeaux. Mais je suis parisien.