Chaque région de France a ses spécificités, autant de petites singularités qui font la fierté de ses habitants. Mais en matière de spécificités, l’Alsace-Moselle sort clairement du lot. Grâce à sa longue histoire partagée entre la France et l’Allemagne, elle remporte haut la main le trophée de la région-qui-fait-rien-comme-les-autres. L’Alsace-Moselle, c’est un peu notre Angleterre à nous.

1. En Alsace-Moselle, les trains roulent à droite

Et là tu vas me dire : « Attends, quoi ? Déjà que je savais pas qu’en France les trains roulent à gauche… » Alors oui, dans le reste de la France, les trains roulent à gauche. En effet, le chemin de fer est né en Angleterre et lorsque la France a développé son propre réseau ferré, elle s’est inspirée du modèle anglais. Sauf qu’à cette époque, l’Alsace-Moselle faisait partie de l’Empire allemand, et contrairement à ses voisins, l’Allemagne avait décidé de faire circuler ses trains à droite. Résultat : aujourd’hui encore, l’Alsace-Moselle est la seule région de France où les trains circulent à droite.

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2. Les monuments aux morts sont différents

Et quand on y réfléchit deux minutes, ça paraît logique. Dans le reste de la France, les monuments aux morts affichent généralement l’inscription « Morts pour la France ». Le problème c’est que pendant la Première Guerre mondiale, l’Alsace-Moselle était allemande, et ce depuis plusieurs décennies. Du coup, pendant la guerre, ses habitants ne sont pas du tout « morts pour la France » mais… pour l’Allemagne. Pour pallier ce problème, les monuments alsaciens et mosellans affichent des inscriptions neutres telles que « À nos morts » ou « La ville de … à ses enfants ».

3. Il n’y a pas de séparation de l’Église et de l’État

Au pays de la laïcité, ça pique un peu. Mais la célèbre loi de séparation de l’Église et de l’État ayant été adoptée en 1905 alors que l’Alsace-Moselle était allemande, celle-ci ne s’est pas appliquée à ce territoire. Et comme les lois ne sont pas rétroactives et que la région ne tenait pas spécialement à perdre le système de financement public des cultes, la France a décidé de fermer les yeux au moment du rattachement de 1918. Concrètement, cela signifie par exemple que les prêtres, pasteurs et autres rabbins de ces trois départements sont des fonctionnaires payés par l’État. De même, les évêques de Metz et Strasbourg sont nommés par le président de la République. Un peu fou quand on songe à quel point la laïcité est un principe fondamental en France.

4. Du même coup, l’enseignement religieux y est obligatoire

Eh oui, qui dit pas de séparation entre l’Église et l’État dit aussi pas de séparation entre l’Église et l’école. Au primaire et au collège, l’enseignement religieux est théoriquement obligatoire, mais cette obligation est de plus en plus remise en question. Dans les faits, il est possible d’y échapper, mais les parents doivent pour cela signer une dispense. C’est pourquoi depuis de nombreuses années, des organisations militent pour que l’enseignement religieux en Alsace-Moselle devienne réellement facultatif.

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5. Et jusqu’en 2017, il existait même un délit de blasphème

Autre conséquence de la non séparation entre l’Église et l’État, les trois départements d’Alsace-Moselle étaient les seuls où il existait un délit de blasphème, jusqu’à son abrogation toute récente en janvier 2017. Jusqu’à cette date, il était théoriquement possible d’être condamné à trois ans d’emprisonnement si vous blasphémiez publiquement contre Dieu ou une religion. En réalité, plus personne n’avait été condamné pour un tel délit depuis des décennies, ce qui explique l’abrogation de cette loi d’un autre temps.

6. L’Alsace-Moselle bénéficie de deux jours fériés supplémentaires

C’est encore un héritage de l’époque allemande et, pour le coup, c’est une belle arnaque pour le reste des Français. Le premier jour férié est celui de Saint-Étienne, le 26 décembre. Bien utile pour récupérer après s’être fait péter le bide à Noël. Quant à l’autre jour férié, c’est le Vendredi saint, c’est-à-dire le dernier vendredi avant le dimanche de Pâques. Ce qui signifie que les Alsaciens et les Mosellans bénéficient d’un petit pont des familles de quatre jours chaque année au moment de Pâques quand nous, pauvres Français de l’intérieur, nous devons nous contenter de trois malheureux jours.

7. L’Alsace-Moselle possède sa propre Sécu

Vous avez peut-être déjà remarqué que sur certains documents administratifs où l’on vous demande de renseigner votre régime de Sécu, il y a une option « régime Alsace-Moselle ». C’est parce que le territoire possède son propre régime social, indépendant du reste de la France. La raison pour laquelle ces trois départements ont souhaité gardé le régime hérité de l’Empire allemand est simple : il est bien plus avantageux. Des taux de remboursement très supérieurs (comme les médicaments vignette bleue remboursés à 80 % contre 35 % pour le reste de la France), des salaires versés intégralement et sans délai de carence en cas de maladie ou d’accident, des pensions de retraite versées dès le début du mois… Encore une raison de déménager au pays de la saucisse.

8. La législation sur la fabrication d’eau-de-vie est moins stricte

Alors là, on entre dans un domaine technique mais néanmoins essentiel : la picole. En Alsace-Moselle, la réglementation autour de la distillation de l’alcool est plus souple que dans le reste de la France. Ainsi, les particuliers peuvent fabriquer leur eau-de-vie chez eux, avec leur propre matériel, tranquillou pilou, alors que dans le reste du pays, la distillation doit obligatoirement se faire auprès d’un professionnel ou dans un atelier public. De même, les personnes qui fabriquent leur eau-de-vie en Alsace-Moselle bénéficient d’une remise de 50 % sur les taxes qui s’appliquent aux dix premiers litres d’alcool produits. Ça vaut le coup d’aller y fabriquer son schnaps !

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Tu connais d’autres trucs que les Alsaciens-Mosellans ne font pas comme nous ? Raconte-le en commentaire !

Sources : Wikipédia, France Bleu, JDS, Sénat, SNCF, Droit-Finances