Nous avons récemment fait l’acquisition du Petit guide de la masturbation féminine de Julia Pietri dans lequel on parle clitoris et plaisir féminin. À l’origine de cet ouvrage, le collectif a href= »https://www.instagram.com/gangduclito/?hl=fr »>Gang du Clito qui relaie plein d’infos le clitoris et le plaisir féminin, sujets ô combien importants et délaissés. Eh oui le clitoris c’est autant voire plus complexe que le pénis, ils partagent d’ailleurs plus de similitudes qu’on ne le croit comme la présence d’un prépuce. Dingue non ?

1. Le clitoris apparaît dans les manuels scolaires en 2017 seulement

Vous vous souvenez avoir étudié l’anatomie de l’appareil génital masculin dès la 4ème, d’avoir ri bêtement à la vue d’un pénis et d’avoir supporté les blagues lourdingues des garçons de la classe. En revanche qui se souvient avoir étudié l’anatomie du sexe féminin ? Per-sonne. Pour cause, on a certes eu droit à tout un chapitre sur la gestation avec de très belles photos des stades de développement d’un fœtus, mais rien sur le clitoris, encore moins sur le plaisir féminin. Il était carrément absent des dessins de l’anatomie féminine. On remercie les éditions Magnard qui illustre le clitoris dorénavant, soit 1 manuel sur 8, et ce depuis 2017.

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2. 100% des mammifères femelles ont un clitoris mais personne n'en parle

Bon les femmes en ont un, ça c’est plutôt assimilé (on espère). Mais on aurait tort de croire qu’on est les seules privilégiées car tous les mammifères femelles en possèdent : la vache, la souris, le panda etc. Les hyènes tachetées sont les mammifères qui possèdent le plus gros clitoris proportionnellement à leur taille, et coïncidence ou non, leur société est matriarcale, les femmes sont les individus dominantes et le rang hiérarchique se transmet de mère en fille. Comme quoi la taille ça compte un peu.

3. Il a fallu attendre 2016 pour avoir un clitoris modélisé en 3D à taille réelle

Quand on sait à quel point la pression sociale est importante pour donner du plaisir, que ce soit pour les hommes ou les femmes, on est bien surpris d’apprendre que le plaisir féminin ait si longtemps été boudé. On doit à Odile Fillod, une chercheuse indépendante en sociologie des sciences et vulgarisation scientifique, la version 3D du clitoris afin de permettre une meilleure compréhension de celui-ci à ses détentrices, sa démocratisation et la fin du tabou à son sujet.

4. 35% des françaises estiment n'avoir jamais vu leur clitoris, 20% ne savent pas où il se trouve

C’est une étude menée par le laboratoire Terpan et le magazine SoWhat en février 2017 auprès de 580 volontaires qui nous l’apprend. Les raisons évoquées sont l’absence du besoin de découvrir cet organe, ou plus alarmant le fait de ne pas « oser » aller à la découverte de cette partie de leur corps.

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5. En 2010 sur google la requête "clitoris" donne 5 fois moins de résultat que "pénis"

Selon Jean-Claude Piquart, ergothérapeute et sexologue, l’écart s’équilibre peu à peu mais il démontre bien la méconnaissance du sujet et l’écart d’informations entre les deux. Si aujourd’hui le clitoris et son fonctionnement sont de plus en plus abordés, il y a encore 10 ans il restait très peu médiatisé, encore moins abordé à l’école. En 2019, le clitoris reste partiellement abordé à la faculté de médecine et les hôpitaux ne sont pas équipés pour l’observer correctement.

6. Les vidéos relatives au clitoris sur Youtube ou à l'éducation sexuelle sont très souvent démonétisées car le contenu est jugé "sensible"

Pour rappel sur YouTube vous pouvez choisir de monétiser une vidéo que vous mettez en ligne. Grosso modo vous aurez de la pub avant ou pendant votre contenu ce qui vous permettra de gagner de l’argent en fonction des vues. Quand le contenu est jugé sensible ou trop explicite YouTube peut juger bon de démonétiser votre vidéo estimant que les annonceurs (les marques) ne souhaiteront pas être associés à ce type de contenu. Ainsi beaucoup de vidéos explicatives sur le plaisir féminin et le clitoris se retrouvent démonétisées, parfois censurées alors que le contenu n’a rien de sexuellement explicite. C’est le cas récurent de beaucoup de chaines : Léa Bordier, Sophie Riche, Antastasia.

En mai 2017 le vidéaste Nota Bene a publié sur sa chaîne une vidéo sur le pénis, l’autre sur le clitoris. La première est vite montée en tendance tandis que l’autre, malgré son bon démarrage, s’est retrouvée démonétisée et interdite au moins de 18 ans. YouTube s’en est excusé et a remonétisé la vidéo mais le problème reste bien ancré. L’étude du clitoris et du plaisir qu’il procure est souvent associé à de la pornographie quand il s’agit uniquement d’éducation sexuelle.

7. L'orgasme vaginal est un mythe que l'ont doit à Freud, le principal organe du plaisir c'est bien le clitoris

Certaines se disent clitoridienne, d’autres vaginale mais ce débat est stérile (sans mauvais jeu de mots). Lors d’une pénétration vaginale c’est bien le clitoris qui est stimulé par l’intermédiaire des pressions sur les parois. Donc vous pouvez avoir l’impression que c’est uniquement la pénétration qui vous procure du plaisir sauf que c’est le frottement invisible avec le clitoris qui vous stimule. Si le clitoris n’était pas présent, il n’y aurait pas de plaisir, il est justement là pour ça. On doit cette dissociation entre plaisir vaginal et clitoridien à Freud pour qui ce dernier était un plaisir « de petite-fille ».

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8. En France, 45% des femmes n’auraient jamais révélé à leur partenaire qu’elles se masturbent.

C’est le résultat d’une enquête de l’IFOP réalisée auprès d’un échantillon de 913 femmes en 2017. Les plus jeunes ont davantage tendance à en parler, 68% des 18-25 ans contre 38% des plus de 60 ans. La communication dans le couple à ce sujet reste compliquée pour les femmes, leur masturbation ne leur apparaît pas comme étant légitime, tandis que la masturbation masculine semble aller de soi. Le même effet s’observe avec la pornographie, largement plus associé aux hommes qu’aux femmes, on trouve d’ailleurs très peu de pornographie pour les femmes.

9. En fait on sait ce qu'est le clitoris depuis loooooongtemps (mais ça va, ça vient, on oublie )

Il existerait des traces des premières mentions du clitoris dès 25 av. J-C mais c’était en lien avec la pratique de l’excision. En 1538 il y a un célèbre tableau de Titien qui représente une femme se caressant, la Vénus d’Urbin. À la renaissance on adore le clitoris et l’Eglise encourage la femme à se masturber car on pense que cela va aider la procréation. Jusqu’en 1760 le clitoris se porte très bien puis c’est la descente aux enfers. En 1930 le mot devient carrément absent du dico, en 1960 le plaisir féminin est décrié, Mai 68 fait bouger un peu les choses mais il faut attendre 1998 et l’australienne Helen O’Connel pour redécouvrir le clitoris. Ce qu’il y a à retenir derrière ces évolutions c’est que même durant les périodes de félicité du clito où la masturbation était encouragée, c’était toujours avec l’idée utilitariste selon laquelle cela favoriserait la reproduction, mais jamais pour favoriser le seul plaisir de la femme. C’est seulement maintenant qu’il devient réellement une fin en soin et non plus un moyen au service d’une fin.

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10. L'excision est interdite en France depuis 1983 seulement

Alors attention y a pas de disposition spécifique qui interdit l’excision, ça englobe bien toutes les mutilations sexuelles, tout ce qui relève d’un caractère de violence volontaire est interdit, c’est un crime relevant de la Cour d’Assises. En France il y a 60 000 femmes victimes d’excision. On a tendance à penser que ça touche uniquement les femmes dont les parents sont originaires de pays d’Afrique mais c’est faux, tous les continents sont touchés, de l’Amérique du Sud en passant à l’Asie. En fait l’excision n’est pas l’apanage d’une religion particulière, en Egypte dans les milieux chrétiens comme chez les Coptes elle reste très répandue. Plus qu’une norme religieuse c’est considéré comme une norme sociale, un rite.

Sources : Le Monde, Cheek Magazine, Marie Claire, Le Figaro, Doctissimo, 20 Minutes, Fédération GAMS

Pour plus d’infos Le Petit guide la masturbation féminine de Julia Pietri

Prix : à partir de 20.27 chez La librairie du Gang du Clito