Depuis le début de l’ère open de la terre, c’est-à-dire depuis qu’on réfléchit à ce qu’on fout là, la science n’a cessé d’être traversée de grandes controverses qui, pour la plupart, on trouvé leur terme dans une validation empirique d’une des deux thèses qui s’affrontaient. Mais ce n’est pas toujours le cas ; soit que l’on ne dispose pas des outils nécessaires pour valider une thèse, soit qu’un camp s’obstine à défendre son bout de gras, toujours est-il que certaines polémiques ne sont pas encore résolues.

1. L'existence ou non d'un point G

Alors il existe ou pas le point G ? Nommé ainsi d’après le gynéco Ernst Gräfenberg qui avait un nom relativement trop cool, le point G fait l’objet d’une controverse dans la communauté scientifique et médicale car aucune étude sérieuse n’a permis de démontrer son existence. En réalité, s’il est acquis que certaines zones de la paroi interne antérieure du vagin sont plus érogènes que d’autres, rien ne permet d’affirmer qu’une zone en particulier soit particulièrement sensible aux stimulations. On estime que, si son existence était avérée, le point G serait probablement la partie du vagin correspondant à la face interne du clitoris. SI son existence était avérée, bien sûr.

2. La mémoire de l'eau

C’est le médecin immunologue Jacques Benveniste qui est à l’origine de ce concept ayant donné ensuite naissance à l’homéopathie au crépuscule des années 90. En gros, voilà le bouzin : l’eau aurait une propriété magique lui permettant de conserver les propriétés de substances ayant été plongées en elle même après leur retrait, et sans que d’éventuelles traces desdites substances puissent être décelées dans l’eau. Autrement dit : vous foutez une dose d’un agent actif dans une mare de flotte, vous retirez l’agent actif et y’a plus qu’à foutre l’eau dans des pastilles pour soigner tout le monde. Les résultats présentés par Benveniste en 1989 ont immédiatement été contestés par la communauté scientifique et l’expérience a été jugée impossible à renouveler. Pour autant, certains irréductibles continuent à défendre cette théorie, aux premiers rangs desquels le professeur Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008 et qui use de ces propriétés supposées de la flotte pour conduire des recherches dans d’autres domaines.

Moi c’est le côté eaux stagnantes qui me chiffonne dans l’histoire.

3. La téléportation de l'ADN

Kikoo revoilou Montagniou. Donc, on l’a dit, Montagnier, qui est pote avec Benveniste, est persuadé qu’il existe une mémoire de l’eau. Il a publié en 2009 une étude racontant plus ou moins ceci : si on fout de l’ADN dans de l’eau pure, celui-ci produit des signaux électromagnétiques quantifiables que l’on peut transmettre électroniquement à un autre échantillon d’eau pure éloigné pour y téléporter l’ADN par magie.

Autant le dire tout de suite, l’étude a suscité les rires de la communauté scientifique à sa sortie. Pour autant, Montagnier s’accroche : en 2015, il a reproduit son expérience en essayant de la raccrocher à la physique quantique. Bref, c’est probablement n’importe quoi, mais lui a l’air d’y croire dur comme fer.

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4. L'histoire du suaire de Turin

Dans la Bible, il n’est fait aucune mention de suaire pour Jésus. Pour autant, on a découvert un suaire à Turin ayant comme imprimé les traits d’un homme crucifié. De là à penser qu’on a découvert le linceul de Jésus, il n’y a qu’un pas. Pas franchi assez rapidement par un certain nombre de fidèles ET d’historiens qui ont affronté les critiques d’autres fidèles, scientifiques et historiens, lesquels affirment que le suaire n’est qu’une contrefaçon fabriquée à la fin du Moyen-âge. Une datation au carbone 14 réalisée en 1988 a confirmé cette hypothèse, mais aucune autre étude n’a été menée et les convaincus continuent d’être convaincus.

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5. La fusion froide

Peut-on ou non réaliser une fusion nucléaire à température et à pression ambiantes ? L’expression « fusion froide » est apparue pour la première fois en 1956 et a donné lieu en 1989 à une expérience semblant prouver la possibilité de réaliser une telle fusion. Mais cette expérience est difficilement reproductible et les sommités scientifiques qui ont validé la publication de ses résultats ont été très critiquées pour leur laxisme. Bref, pour certains c’est l’avenir et pour d’autres c’est du charlatanisme.

6. L'impact des OGM sur la santé

Les OGM sont depuis 20 ans au coeur d’un triple débat : le premier est éthique et porte sur la pertinence de l’intervention humaine dans la modification du génome ; le deuxième est politique et s’interroge sur les conditions de mise en place des OGM et le rôle des mastodontes du secteur agroalimentaires comme Bayer ; le troisième est sanitaire et interroge les risques que représentent les OGM pour la santé et l’environnement. Si les deux premières questions ne peuvent trouver de réponse que par le débat, la troisième est objective et fait l’objet de vives polémiques. En gros, l’écrasante majorité des études portant sur le sujet tendent à démontrer que les OGM ne représentent absolument pas une menace pour la planète et pour les êtres humains. Mais les contempteurs des organismes génétiquement modifiés arguent qu’aucune des études menées ne s’est faite dans de réelles conditions d’indépendance et que les scientifiques qui les ont produites ont été juges et partie, subissant des pressions de l’industrie et des pouvoirs publics.

Bref, ça continue à faire parler dans les repas de famille.

7. L'impact des ondes électromagnétiques

Malgré une psychose ambiante, il semblerait, d’après les conclusions des agences de santé, que le seuil d’exposition des humains aux ondes électromagnétiques soient, malgré leur multiplication, très inférieurs aux paliers dangereux. Si une bonne partie des écologistes s’inquiète de la puissance des antennes-relais, la plupart des scientifiques s’accordent à dire que diminuer leur nombre ou leur puissance augmenterait en réalité le volume d’ondes émises par nos appareils portables, ce qui pourrait conduire à une hausse de l’exposition individuelle. Bref, a priori, les ondes ne sont pas dangereuses. Pour autant, des médecins, à l’image de Marc Arazi, et d’autres membres de la communauté scientifique, affirment le contraire et en veulent pour preuve leur expérience empirique : ils critiquent les organismes régulateurs, les pouvoirs publics et les chargés d’étude qui ont évalué la question.

8. Quelle est la matière de base de l'univers ?

Depuis qu’on s’est rendu compte que les étoiles comme les galaxies représentaient 5% à tout casser de l’univers, on a commencé à se demander de quoi était fait le vide. La matière sombre, c’est quoi ? On n’est pas sûr qu’il s’agisse de matière, en réalité, mais s’il s’agit de matière, qu’est-ce que c’est ? La communauté scientifique se divise en deux camps sur cette question : d’une part, certains affirment que cette matière sombre est constituée d’objets géants mais invisibles, comme les trous noirs ; de l’autre, leurs contradicteurs pensent que cette matière est un agglomérat de minuscules particules de forte masses qui n’interagissent absolument pas avec le reste de la matière. Et on n’en sait rien.

9. Possède-t-on une âme ?

Aujourd’hui, la science s’accord à peu près dans son ensemble pour considérer que l’esprit, les pensées, la conscience sont une émanation biologique du corps et qu’il n’existe pas de séparation entre le pensé et l’être. Les pensées sont désormais imaginées comme des processus cérébraux chimiques ou électriques et non comme une faculté divine. Les neurologues et neurobiologistes tiennent en tous les cas pour cette hypothèse qu’ils illustrent par l’imagerie cérébrale : pour autant, celle-ci ne traduit pas nos pensées directement mais ne fait qu’illustrer une activité cérébrale corrélée à une émotion. Et pour une bonne partie des philosophes, c’est là que le bât blesse : on peut toujours décrire un phénomène mais certainement pas expliquer ce que cela fait de le vivre, ce qui implique nécessairement l’existence d’une entité non-mesurable, la conscience, ou l’âme, si on est croyant.

10. La vie humaine est-elle prolongeable à l'infini ?

Depuis une vingtaine d’années, on sait comment prolonger la vie des souris ou des vers : de là à penser qu’on pourrait en faire de même avec les humains, hein… Et bah on n’est pas sûr. Une partie de la communauté scientifique affirme que le vieillissement humain pourrait être indéfiniment ralenti et, qu’à court terme, il serait possible pour chacun de vivre en très bonne santé jusqu’à 100 ans minimum et même au-delà dans l’avenir. Une autre partie s’oppose à cette théorie et estime que la vie humaine est un jeu à somme nulle : on ne pourra pas l’étendre à l’infini pour des raisons biologiques. Affaire à suivre.

Et est-ce qu’on dit pain au chocolat ou chocolatine ?

Source : France Culture