En plus d’avoir l’avantage de ne pas faire de bruit et d’éviter ainsi qu’un voisin apeuré ne vienne s’enquérir de la situation, risquant d’ajouter son nom à la liste des victimes, le poison est un outil de mort relativement pratique pour tout meurtrier en herbe qui souhaite éviter la prison. De fait, les tests toxicologiques de base ne sont pas tous suffisamment précis pour détecter un certain nombre de substances qui, ingérées, font se sentir tout drôle puis tout mort. Bon, si y’a suspicion, on finira par se faire choper grâce à une batterie de tests complémentaires, mais il n’y a pas toujours suspicion.

1. La ricine

6000 fois plus toxique que le cyanure, la ricine a cet avantage de rarement rater sa cible, surtout quand elle est inhalée, ce qui fait qu’on balise tous à l’idée que des terroristes aient la bonne idée de vouloir l’utiliser pour faire une attaque chimique maousse. Le truc, c’est que la ricine produit des effets proches de la détresse respiratoire aiguë, ce qui fait qu’elle peut difficilement être détectée si on ne mène pas d’analyses précises. En plus, la ricine coûte pas cher et peut se produire très simplement. Stress.

2. La chloropicrine

Utilisée par Jean-Pierre Treiber pour tuer Géraldine Giraud et Katia Lherbier en 2010, la chloropicrine est un poison très puissant et relativement méconnu des autorités policières. Ce dérivé du chloroforme autrefois utilisé par les garde-chasses pour tuer des renards est désormais interdit mais a déjà été utilisé comme gaz de combat, notamment pendant la Première guerre mondiale. Sa proximité moléculaire avec le chloroforme est telle qu’on la confond souvent avec lui, le chloroforme n’étant pas un produit à même d’endormir ou de tuer quelqu’un contrairement à ce que les aventures de Tintin nous laissent penser. Pratique pour éviter d’être trop inquiété.

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3. Le VX

Utilisé pour tuer Kim Jong-nam en plein aéroport malais, le VX est un liquide d’une très haute toxicité qui provoque la mort en quelques minutes. Le truc, c’est que le VX est rare ; si vous tuez votre voisin avec, il fera une attaque nerveuse bizarre, mais de là à pratiquer une autopsie sur une personne sans histoire pour essayer de détecter des traces du poison… Vous avez une bonne chance de vous en sortir.

4. Le Polonium 210

Quelques milligrammes de ce poison radioactif suffisent à abattre quelqu’un. Le truc, c’est que les radiations induites par le polonium restent à l’intérieur du corps de la personne que l’on a tuée, du coup c’est coton pour en détecter la présence. Alexandre Litvinenko et (potentiellement) Yasser Arafat pourraient vous en dire quelque chose.

5. Le thallium

Imaginez un produit transparent, sans odeur, sans goût, et dont les caractéristiques moléculaires ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles du sodium et du potassium qui sont présents en quantité dans le corps. Maintenant, imaginez que vous l’utilisez sur une personne qui n’est pas connue et envisagez les probabilités pour qu’une enquête soit ouverte. Boumédienne aurait été tué avec du thallium, par exemple.

6. Le laurier rose

L’ingestion d’une simple feuille de laurier rose peut suffire à tuer un mec en déglinguant son activité cardiaque. Sauf que les molécules qui composent le laurier rose sont très proches de celles présentes dans certaines pilules servant à traiter les insuffisances cardiaques. Vous voyez où je veux en venir ? Si par exemple vous voulez vous débarrasser d’un vieil oncle qui a un souffle au cœur ? Vous voyez ?

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7. Le poison photolabile

Un poison photolabile est un poison qui se décompose aussitôt qu’il est exposé à la lumière. Vous amenez un pote dans votre chambre noire, vous lui faites boire un petit verre dans lequel vous avez déposé un peu de poison et HOP ! Vous le ressortez de là et appelez la police en pleurs.

8. L'arsenic

Souvent considéré comme le roi des poisons pour son caractère très difficilement détectable, l’arsenic a une belle carrière littéraire et criminelle derrière lui. La récurrence de son utilisation a un peu amoindri sa capacité d’indétection, d’autant que les symptomes d’un empoisonnement à l’arsenic sont connus (diarrhées aiguës et sanguinolentes, vomissements…), ce qui pourrait mettre les enquêteurs sur la piste. La possibilité d’une exposition régulière et répétée à faible dose existe toujours, mais il faut avoir le temps puisque une telle méthodologie criminelle ferait reposer les espoirs d’assassinat sur le développement, chez la cible, d’un cancer.

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9. Les aconits

Les aconits sont des petites plantes que l’on trouve dans plusieurs régions du monde, notamment en Asie. Elles sont pour certaines très toxiques, notamment au niveau de leur racine. Une cuiller de racine d’aconit dans un whisky suffit largement à vous envoyer ad patres. L’aconit est quasiment indétectable et n’a pas de goût mélangé à de l’alcool, par exemple. Les laboratoires ne sont pas toujours équipés des outils d’analyse nécessaires pour le détecter dans le corps d’une victime.

10. L'antigel

Ce qui est bien, avec l’antigel, c’est qu’on peut le mélanger à de l’alcool ou à des jus de fruit sans que personne ne s’en rende compte car en bon gros dérivé du glucose, il a un goût sucré. Sa consommation engendre des crises cardiaques. Une femme a ainsi assassiné ses 2 maris pour toucher l’assurance-vie aux Etats-Unis entre 1993 et 2001 grâce à ce procédé pas mal foutu. Et elle ne s’est fait choper que la deuxième fois.

Ah et petite précision : tuer des gens c’est assez mal.

Sources : Slate, Officer.com,