Loin de nous l’idée de dénigrer l’usage des anglicismes, dont certains sont bien pratiques. Cependant, il existe certains anglicismes très agaçants, soit parce qu’on ne comprends pas pourquoi on utilise l’anglais à la place de mots qui existent déjà en français, soit parce qu’ils sont utilisés par un certain type de personne tout à fait insupportable. Ce qui nous donne l’occasion de faire un top de rageux, rempli de préjugés vocabulariques. Gros kiss.

1. Supporter (le verbe, pas la personne un peu excité qui fait des signes cabalistiques dans les gradins)

Par analogie avec l’anglais « to support », on a tendance à utiliser le verbe supporter à la place de soutenir. Sauf que, c’est un contre-sens. Supporter, en français, c’est tolérer quelque chose qui te fait sérieusement chier. Donc quand tu « supportes » une équipe de foot, t’es en train de dire qu’elle t’emmerde mais que tu fais avec. Donc, hop hop hop, maintenant on soutient les équipes de foot, on les encourage mais on arrêter de les « supporter ».

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2. ASAP

Ce mot est insupportable pour deux raisons. La première, c’est que l’on connaît tous une personne qui dit « ASAP », et c’est le genre de personne que l’on a TOUS envie de faire souffrir lentement mais sûrement afin de lui faire passer l’envie de dire « ASAP » encore une fois. La seconde, c’est qu’il existe beaucoup de mots qu’on peut utiliser, comme « le plus vite possible » ou n’importe quelle autre expression impliquant la vitesse.

3. Vintage

Ce mot est souvent utilisé par des personnes qui n’assument pas d’utiliser des objets déjà utilisés. On pourrait dire « d’occasion », par exemple, même si, on te l’accorde, « chemise vintage » sonne mieux que « j’ai acheté les vêtements d’une personne probablement morte ».

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4. Brunch

Le « brunch » est un repas qui n’existe pas, personne ne sait vraiment à quoi il correspond, ni à quelle heure il se prend. Le seul intérêt de faire un « brunch », c’est de commencer à boire dès 8 heures du matin sans passer pour un alcoolique. Donc dis-toi qu’à chaque fois que tu dis « brunch », tu incites les gens à l’alcoolisme. Et c’est mal.

5. Switcher

C’est-à-dire « changer », soit, le même nombre de syllabes. En plus, qu’est-ce qu’on s’emmerde à prononcer le son « swi », qui nécessite une gymnastique buccale à laquelle nous sommes peu habitués, alors que « changer » c’est tout facile à dire. Non, vraiment, essayez : « changer », ça passe sans lubrifiant.

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6. Deadline

C’est-à-dire une « date limite ». D’où ma question : que vient faire une « ligne de mort » là-dedans ? Sincèrement, c’est flippant… On suppose que c’est un mot utilisé par ton patron pour te faire gentiment comprendre que si tu ne rends pas ton top à temps tu vas finir découpé dans une poubelle.

7. Face to face

« On se verra en face to face »… POURQUOI ? Il y a DEUX lettres de différence avec l’expression française « face à face » : c’est presque littéralement la même chose. Alors pourquoi prendre ton pire accent de merde pour dire « feille-sse tou feille-sse » ? Franchement, on est plus proche du « fesses tou fesses » que de l’anglais. En revanche, nous n’avons rien contre l’expression inexistante « fesses à fesses », qui mériterait de rentrer dans l’usage courant.

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8. Date

Avec l’avènement de Tinder et compagnie, on n’a plus de « rendez-vous galants », on a des « dates ». Pourtant, c’est beau « rendez-vous », c’est mystérieux, ça donne un petit côté « retrouvons-nous au clair de lune pour nous compter fleurette ». Pardonne ma vulgarité, mais, quand tu dis « j’ai un date », on entend « je vais rencontrer un potentiel plan cul ». Vive le romantisme.

9. Focus

« Focus » a une particularité, il met les règles de conjugaison en PLS « on va se focus sur », « focus-toi »… Les terminaisons, chez lui, ça n’existe pas. Et c’est quoi le problème avec les verbes « se concentrer » ou « se focaliser » ? Ils sont, certes, un peu long, mais ils se conjuguent et ils veulent dire la même chose. Regarde-les se languir dans le dictionnaire à attendre d’être utilisés ! Tu imagines ce qu’ils ressentent ? Ce que tu leur fais vivre à chaque fois que tu dis « focus » ? Tu penses aux autre un peu, vil égoïste ?

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10. Mainstream

Mot paradoxal car il est devenu complètement mainstream de dire mainstream. Et puis, c’est pas comme si on manquait de mots pour traduire le concept en français. D’ailleurs, la provenance d’un mot, c’est comme la provenance d’un légume, ça en dit beaucoup sur la qualité du produit. Or, le mot « mainstream » a le goût des gens qui l’utilisent : sans saveur.

11. Disruptif

De l’anglais « disruptive », et récemment importé dans l’hexagone, ce mot est généralement sorti de la bouche d’un jeune cadre dynamique tête à claques et sans personnalité qui va t’expliquer en quoi sa start-up va révolutionner le métier. D’ailleurs, le sens précis de « disruptif » reste plutôt flou, et ça donne des crises d’urticaire linguistique.

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12. Girly

Soit l’un des mots les plus insupportables du monde tellement tout ce qu’il dit est insupportable. Il est souvent employé par une candidate d’émission de pâtisserie qui s’apprête à réaliser un gâteau tellement rose qu’on le croirait tout droit sorti du vagin d’une princesse Disney. Au passage, message aux émissions de cuisine : il va falloir m’expliquer ce qu’est un « plat féminin ». Parce qu’on a rarement vu un chef dire « Oh oui, ça, c’est un plat masculin, je viens de croquer dans un poil de bite ».

Les rageux rageront et mundi placet et spiritus minima.