Bon bah ça y est, c’est le jour J, tu te retrouves avec les pieds dans les étriers à essayer d’évacuer ton lardon pendant des heures. Et pendant que t’es quand même pas mal occupée, ta moitié trouve le temps long. Sauf qu’il/elle n’a jamais, ô grand jamais, le droit de l’exprimer. Tu veux savoir ce qu’il se passe dans sa tête pendant que t’as l’impression que tu vas mourir de douleur ? Voici en exclusivité le contenu de ses pensées.

1. « Ça craint si je mange des gâteaux devant elle ? »

Parce que bon, moi j’ai pas mangé mon goûter, ça fait 13 heures qu’on est là, et j’ai un peu la dalle. Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas le droit de manger que je dois faire pareil, si ? En plus, j’ai ramené deux paquets de Pepito, c’est trop tentant. »

2. « Je regarde en bas, ou je regarde pas ? »

« D’un côté j’ai envie de voir mon bébé venir au monde, mais d’un autre côté je sais que j’aurais vachement du mal à oublier l’image de vagin écartelé avec du sang et du caca pendant au moins les 3 prochaines années. Bon au moins, y’aura plus besoin de contraceptif pour les prochaines fois, on risquera pas de faire un petit deuxième tout de suite, ça fera des économies ».

3. « Y’en a encore pour longtemps ? »

« Parce que bon, on est là depuis 34 heures, j’ai vu 4 femmes enceintes repartir avec leur bébé entre temps, y’a pas moyen d’accélérer les choses ? En plus j’ai plus de batterie et j’ai oublié mon chargeur de téléphone, j’ai lu tous les magazines et les brochures sur l’épisiotomie, on passe à la suite ou bien ? »

4. « J’suis crevé(e) »

« Elle, au moins, elle est allongée sur un lit, moi j’suis assis(e) depuis des heures sur un fauteuil qui pue l’hôpital, j’ai même pas un coussin et encore moins un petit plaid, j’ai faim, j’ai froid, j’me fais chier, le bébé veut pas sortir, on attend tous là comme des cons, et je rêve de mon lit. »

5. « Je sais qu’elle a mal, mais c’est obligé les hurlements ? »

« Elle va mal le prendre si je lui dis « chut » ? Non parce que j’ai bien compris qu’elle douille, mais elle avait qu’à accepter la péridurale aussi. J’ai les oreilles qui saignent à force de l’entendre crier comme un chien à qui on écrase la patte, faudrait peut-être qu’on lui dise qu’elle peut souffrir, mais en silence, non ? »

6. « Elle va mal le prendre si je tape une petite sieste dans le coin de la pièce ? »

« Discrètement, sans que personne ne le remarque, j’ferme les yeux cinq minutes, juste histoire de récupérer un peu. Au pire, on me réveillera quand ça sera le bon moment, et je serai plus frais et dispo pour accueillir le divin enfant. »

7. « Pourquoi j’ai pas mis de capote y’a 9 mois ? »

« Parce que là, au lieu d’être assis dans un hôpital qui pue, on pourrait être dans notre lit pépouze, à mater une série sur Netflix en bouffant des Michoko.

8. « Franchement, j’suis sûr que ça fait pas si mal »

« Elle exagère, c’est sûr, et en plus elle a la péridural, c’est vraiment une chochotte en fait, moi j’suis certain que si c’était moi, j’en ferai pas tout un plat ».

9. « J’sais pas comment elle fait »

« Clairement, elle a l’air de souffrir le martyr, elle a pas dormi depuis 42 heures, pas mangé, et là on lui demande de pousser de toutes ses forces pour expulser un truc de 3kg de son vagin? Bordel, c’est la sorcellerie c’est pas possible ».

10. « Ne pas tomber dans les pommes, ne pas tomber dans les pommes, ne pas tomber dans les pommes »

« Ça sera trop la honte, j’peux pas tomber dans les pommes comme une merde alors qu’elle est en train de mettre un bébé au monde, j’peux pas faire ça. Il est où ce putain de fauteuil ? J’vais juste m’assoir quelques minutes et ravaler mon vomi ».

Allez, bon courage, et admirez le boulot !