C’est la toute dernière série événement en date sur Canal +. On attendait depuis un bout de temps de voir comment Thomas Lilti allait adapter son film du même titre en format série avec un casting plutôt alléchant. Le résultat est sans appel. Un véritable sans faute pour cette série sur le domaine médical, non seulement c’est ultra réaliste (ce qui vaut à certaines scènes d’être parfois un peu gerbos il faut reconnaître) mais l’histoire est intelligemment ficelée, ne s’encombre d’aucune histoires de second plan, on est dans le vif du sujet. Trois internes dont une un peu plus expérimentée, débutent leur semestre dans un service de l’hôpital Raymond Poincarré de Garches. Problème : tous les titulaires sont en quarantaine suite à une enquête de virologie sur un patient mort d’un virus inconnu. Les trois internes vont devoir se démerder tous seuls en sous effectifs.

1. Ça a de quoi faire rougir la montagne de séries qu'on a pu se coltiner sur le milieu médical

Si Thomas Lilti confie avoir montré quelques épisodes d’Urgences aux comédiens pour qu’ils s’inspirent des gestes adoptés dans certaines scènes, on ne joue clairement pas dans la même cour. Oubliez Urgence, Docteur House, Grey’s Anatomy ou même Scrubs. Avec Hippocrate on se rapproche davantage d’une exigence documentaire. Les histoires d’amour si elles sont sous-jacentes ne viennent jamais pourrir les liens entre médecins et patients qui surplombent tout.

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2. C'est réalisé par Thomas Lilti et plus le temps passe plus on aime cet homme

Médecin jusqu’en 2014, Thomas Lilti s’est tourné vers le cinoche et a eu le bon goût de nous pondre que des bons films : Les yeux bandés, Hippocrate, Médecin de campagne et plus récemment Première année. En abordant toujours de près ou de loin le domaine médical, on sen bien qu’il nourrit ses fictions de son expertise professionnelle. Bref, il nous donne envie de tout plaquer pour aller faire 8 ans d’études dans des conditions merdiques et devenir médecin, juste pour l’amour du métier. Regardez, moi par exemple l’autre jour mon cousin s’est fait mal au genou, bah direct je lui ai mis un pansement dessus. J’aurai JAMAIS eu ce réflexe solidaire avant.

3. C'est ultra réaliste

On le dit on le re-dit et on le re-re-dit. Thomas Lilti étant un ancien médecin et s’accompagnant de conseils de professionnels pour la reproduction juste et exacte des gestes médicaux, le rendu se rapproche le plus de la réalité. Tant sur le plan manuel que structurel où l’on prend conscience des problématiques inhérentes à la gestion d’un hôpital.

4. Adieu les romances à l'eau de rose dont on se contrefout

Alyson qui se tape Hugo, ouais OK. Chloé qui se tape le chef de service Docteur Simoni, ouais OK. C’est très bien mais comme ces histoires restent à leur place et s’entremêlent assez peu à l’intrigue, on est loin de la romance qui finit en partouze générale façon Grey’s Anatomy.

5. On est fan de Karim Leklou

Avec ses yeux tombants, son regard bleu qui semble toujours venir de très loin et son parler nonchalant, on le trouve tout simplement génial. De toute façon on est déjà in love de lui depuis le film Le monde est à toi alors on ne peut que se réjouir de le voir dans un autre type de rôle ici : un médecin albanais dans l’attente de recevoir sa validation de titularisation en France (parce que les médecins étrangers ont un statut d’internes en France).

6. On saura désormais qu'avant un prélèvement il faut purger

Ça ne vous parle peut-être pas comme ça, mais vous comprendrez en regardant la série. Et puis au moins si un jour vous devez faire une prélèvement parce que c’est la fin du monde et qu’il n’y a plus de médecin sur terre et que le simple fait d’avoir vu cette série vous confère un statut de médecin, bah vous saurez qu’il faut purger avant pour pas fausser les résultats.

7. C'est pas ultra compatible avec une soirée plateau-télé

Oui parce que beaucoup de scènes sont assez crues, du vomi de sang, des cicatrice qui suintent, de la mousses qui sort de la bouche, de la peau qui tombe. Bref c’est un hôpital alors forcément il se passe des trucs d’hôpitaux. Du coup c’est vrai que l’entrecôte frite devant la scène de ponction lombaire c’est assez moche. La bonne nouvelle c’est que comme tu manges pas, tu maigris, et d’une certaine façon bah tu fais un régime grâce à la série. YAY.

8. Elle met en avant tout un service de réassignations de genre sur des "F to M" (transition femme à homme)

Non seulement c’est bien d’aborder ce sujet de manière normalisée (sans que ce soit donc le moteur principal de l’histoire) mais aussi de n’en montrer que l’aspect purement clinique. L’acteur Shawn Delair est tout à fait à la hauteur de ce personnage.

9. Ça dresse un portrait plutôt alarmant du manque de personnel en milieu hospitalier

D’un côté ça donne pas vraiment envie de se retrouver à l’hôpital dans ces conditions. Mais la série forge tout de même un grand respect du personnel médical (de l’aide-soignant au médecin en passant par les infirmiers). On s’y reprendra à deux fois avant de nous plaindre d’avoir trop de taff.

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10. Il n'y a que 8 épisodes en une soirée c'est plié

Pas sûr que tu passes une nuit très sereine après mais bon.

Il va y avoir une deuxième saison et on a sacrément hâte