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Une partie de la France qui gagne a promis de quitter la France en cas d’élection de François Hollande. Encore faut-il savoir où partir. La Suisse ou la Belgique, c’est bien, mais pas suffisant. Même si depuis janvier 2011, il n’y a plus de pays dans la « liste noire » des paradis fiscaux, ceux qui ignoraient jusqu’à l’existence de normes fiscales internationales. Heureusement pour les contribuables qui aiment marier fiscalité et exotisme, il reste les « listes grises ». Pour les détecter, l’OCDE compte le nombre d’accords bilatéraux d’échange d’informations fiscales que chaque pays a signé. Si ce nombre est inférieur à une douzaine, le pays en question est étiqueté « non-coopératif ». Petite sélection des dernières destinations où cette belle tradition qu’est le secret bancaire a su être préservée.
- Vanuatu
L’archipel volcanique du Pacifique est un genre de communauté hippie : pas d’impôts sur le revenu, pas de prélèvement à la source, pas d’impôts sur les sociétés et aucun contrôle des changes. Par ailleurs, cette petite république propose des pavillons de complaisance aux navigateurs peu regardants sur la sécurité de leur pétrolier ou sur le droit du travail à bord. Une belle destination de vacances pour anarchiste convaincu. - Montserrat
Parfois, on n’a pas le coeur à condamner certains pays qui pratiquent l’évasion fiscale : à chaque fois que cette île des Antilles a essayé de se développer, une éruption volcanique est venue réduire à néant les efforts déployés. Faire pousser des légumes ou construire sa maison dans ce coin est assez aventureux, et l’île peut perdre les trois quarts de sa population à tout moment… Et on va encore leur demander des informations bancaires? Le monde d’aujourd’hui est sans pitié. - Panama
Pour séduire les multinationales (Hyundai, Caterpillar ou Total), et les convaincre d’installer leur siège social pour leurs activités en Amérique Latine, le Panama a dégainé une simplification fiscale radicale : les expatriés ne sont soumis à aucune imposition, opacité totale de l’identité des actionnaires et pas d’impôts sur les bénéfices. On comprend mieux pourquoi Michael Scofield avait choisi cette destination dans Prison Break. - Nauru
Le 2ème PIB par habitant au monde derrière l’Arabie Saoudite était dans les années 1970 cette île d’Océanie. Mais le phosphate, source de richesse de Nauru, s’épuise rapidement. Il faut donc miser sur une nouvelle activité : l’évasion fiscale est tendance, Nauru inscrit son nom sur la Liste Noire du Groupe d’Action Financière en 2000. Après s’être fait taper sur les doigts par la communauté internationale, l’île change une fois encore de spécialité et investit avec succès dans le centre de détention d’immigrés clandestins pour le compte de l’Australie. Depuis la fermeture de ce centre, on n’a plus d’idées, et le chômage atteint 90%, un record mondial. - Niue
Non, pas Nice, ville tout à fait recommandable, mais « Niue », une île du Pacifique découverte par James Cook. Depuis 1993, l’état insulaire mise sur une fiscalité sympathique et compréhensive. La pression s’est intensifiée depuis que certains cartels sud-américains ont repéré ce petit paradis, et Niue sort de la liste noire. Mais demeure une destination discrète. - Liberia
L’évasion fiscale est plutôt une spécialité des pays-confettis du Pacifique, mais l’Afrique a eu son champion. Le Libéria n’aura jamais réussi à s’imposer dans cette discipline au niveau international, car le monde des affaires a toujours pensé que planquer son argent dans un pays aussi instable politiquement n’était pas exactement un placement de père de famille. Le pays cherche aujourd’hui à montrer de la bonne volonté et signe peu à peu les accords nécessaires pour intégrer la respectable « liste blanche » de l’OCDE. - Costa Rica
Ce pays d’Amérique Centrale mise à fond sur le tourisme. Mais plutot que d’accueillir des backpackers à cheveux longs, le Costa Rica a plutôt cherché à attirer le retraité américain fortuné par des mesures phare : pas d’impôts pour les revenus inférieurs à 5000 dollars mensuels et discrétion garantie aux entreprises immatriculées sur place. Aujourd’hui, le Costa Rica revoit sa stratégie et parie sur l’éco-tourisme et le chocolat. Les retraités devraient y trouver leur compte. - Guatemala
L’économie guatémaltèque, c’est la kermesse depuis un moment : 70% d’inflation en 1985, une crise alimentaire dramatique en 2009, 75% de la population sous le seuil de la pauvreté, une criminalité incontrôlable. Mais le Guatemala est sorti de la liste noire des paradis fiscaux. Youpi ! Tout va aller mieux ! - Uruguay
L’Uruguay montre beaucoup de bonne volonté : efforts payants puisque ce pays d’Amérique du Sud a été sorti de la liste noire lors du dernier pointage. Le pays était surnommé « La Suisse américaine » pour de bonnes raisons (la stabilité de son économie et la puissance de ses banques) mais aussi pour l’élégante discrétion de ses banques. Ce ne sera bientôt plus le cas. Normalement. - Les glorieux anciens
Monaco, Andorre, la Suisse sont rentrés dans le droit chemin au cours de l’année 2009, les Bahamas en 2010… Tous nos repères ont disparu, l’évasion fiscale, c’est avant tout réservé aux passionnés de géographie.
Et vous, où prévoyez-vous de fuir les gauchistes-qui-vont-ruiner-le-pays-c’est-sûr ?
Commentaires au top
T'as quelque chose à dire, une réaction ? C'est ici. Oui, c'est bien fait hein ?
Ce top 10 m’a l’air bien arrangeant pour des endroits comme Londres, le Delaware ou encore Singapour…. Les classements de l’OCDE sont politiques… Je préfère me fier au rapport de tax justice network « l’économie déboussolée » et aux chiffres de ce site http://www.aidonslargent.org.
heu…. Londres et sa city est toujours un paradis fiscal, pourtant elle n’est jamais apparue sur aucune liste noire et sait la numéro 1 européenne.
Top très intéressant … On en apprend tous les jours !
Encore une étude qui sert les intérêts de l’Europe et des Etats-Unis.
Quand l’Occident a décidé d’éliminer les paradis fiscaux (avec la colère dûe à la crise s’attaquer aux autres était arrangeant pour nos dirigeants), jamais ne sont apparus ceux au coeur des Etats des grands décideurs.
Comme le disent Copainsky et ku2jat la City est sans doute le plus grand paradis fiscal d’Europe et le Delaware le plus grand paradis fiscal au monde pour les entreprises : lorsque les entreprises françaises sont taxés à 1/3 sur les bénéfices, être basé dans ce tout petit état américain signifie ne payer que 300€ fixe, quelque soit les bénéfices, imaginez si vous en faites des milliards, l’argent qui ne va pas aux contribuables !
J’adore ces tops car ils ramènent une quantité de personnes n’y connaissant rien en fiscalité mais qui pense, aprés avoir appris le mot taxe et inflation, maitriser tous les rouages de l’économie. Bref, rappelons d’abord que selon l’OCDE « Il n’existe pas de critère unique, clair et objectif permettant d’identifier un pays comme étant un paradis fiscal. ». La notion de paradis fiscal relève donc plus d’une appréciation subjective, que d’une réalité immuable et unique.
Malrgré tout, les paradis fiscaux n’existent plus au sens strict du terme puisque plus aucun pays n’est sur la liste noir. La liste grise grise signifie que ces pays sont en voie de « régularisation ».
De plus, il ne faut pas confondre paradis fiscaux, pays à fiscalité avantageuse, paradis bancaire ou encore paradis judiciaire. En effet, un pays à fiscalité avantageuse peut présenter plusieurs caractéristiques proche d’un paradis fiscal, sans en être un à proprement parlé. Un paradis bancaire – dit aussi paradis financier- se caractérise par un secret bancaire élevé, c’est à dire la non obligation de divulguer des informations sur les personnes et les types de transactions qu’ils effectuent. Un paradis judiciaire est quand à lui, un pays qui échappe aux lois notamment pénales communément admises dans d’autres pays.
De fait, Londres par exemple n’est définitivement pas un paradis fiscal (payez y vos impôts et vous verrez…).
Top rigolo mais cette phrase là « Le 2ème PIB par habitant au monde derrière l’Arabie Saoudite était dans les années 1970 cette île d’Océanie », c’est pas possible…
Amis riches francais, bienvenue… le Duc Henri de Luxembourg (et sa charmante epouse), la Banque Generale du Luxembourg, la Sparkass et la Krediet Bank (grand rue, a deux pas de la gare) vous accueilleront demain matin a partir de 9h. Ne soyez pas en retard on attend du monde.
@nina :sisisisis! le deuxieme PIB/hab (derrière la suisse pour mes sources; pas derriere l’arabie saoudite)
ca fait rever hein ?
@djano :depuis 2005 le luxembourg coopere/collabore/cire les pompes avec la fRANCE,
d’ailleurs des impots speciaux (uniquement pour les non residents) y ont ete crées sous l’impulsion francaise…….
Je tiens à signaler qu’on ne paye pas d’impôts sur Mars.
Moi je dis ça je dis rien.
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