L’obsolescence programmée, un mythe ? Pas si sûr. Regardez vous-mêmes, vous remplacez vos portables tous les combien ? Et les ampoules ? Tous ces objets du quotidien qui nous clamsent entre les doigts ne seraient-ils pas conçus pour justement clamser dans nos doigts ? Selon l’ADEME, en 2012 on jetait un appareil sur deux à la poubelle faute d’avoir pu le réparer. En 2017 on produisait un peu moins de 50 millions de tonnes de déchets électroniques (dont une bonne partie est versée sur les terres du Ghana qui tente de faire un commerce avec les matériaux récupérés). C’est ça l’obsolescence programmée. Une réduction volontaire de la durée de vie d’un objet afin que l’on soit amené plus rapidement à le racheter et à participer fidèlement à la croissance économique du pays.

Cette obsolescence de différentes façons : rendre les objets fragiles, incompatibles objets, irréparables, proposer une version plus sexy ou tout simplement invoquer des raisons écologiques pour inciter au remplacement des vieux appareils. Bref, c’est pas les astuces qui manquent.

Personnellement après avoir vu le documentaire « Prêts à jeter » de Cosima Dannoritzer diffusé sur Arte, il y a de quoi flipper.

1. Les ampoules

C’est l’exemple le plus connu, et pour cause. On a de vraies preuves véritables que l’ampoule a délibérément été fragilisée dans l’espoir d’une hausse de la consommation. Dans les années 20 plusieurs industriels se sont ainsi mis d’accord pour réduire la durée d’utilisation des ampoules (c’est le cartel Pheobus). Alors que les ingénieurs avaient mis au point des ampoules pouvant durer plus de 2500 heures (à l’heure actuelle il existe une ampoule à Livermore en Californie qui éclaire encore depuis 1901), elles ont ainsi été réduites à 1000 heures.

Source photo : Giphy

2. Les collants

Quand on pense qu’aujourd’hui il existe des box de collants qu’on reçoit une fois par mois, ça donne une petite idée de la médiocrité qualitative des collants. Ces saloperies se filent en deux secondes et c’est voulu. Dans les années 40, on a inventé le bas nylon. Indestructible. Donc forcément, plus besoin d’acheter de nouveaux bas ce qui flingue l’économie du collant. On a donc changé la formule chimique du nylon, et coucou les collants qui filent ! Donc moi je n’ai qu’une chose à dire, n’achetez que des collants en bois.

3. Les batteries de téléphone

Et plus globalement les téléphones qui sont soumis à tout plein de modèles d’obsolescence comme on l’évoquait en intro. D’abord par l’incompatibilité des batteries entre les différents modèles de téléphones, puis l’impossibilité de les réparer ; les batteries qu’il faut racheter pour une somme élevée ou encore la tentation d’acheter le dernier portable à la mode. Le portable symbolise parfaitement l’obsolescence. Apple a même du présenter des excuses publiques après avoir avoué fournir dans leurs IPhone une batterie qui s’usait plus vite et dont le coût de remplacement s’élevait à 89 € (après de nombreuses plaintes, le prix a été baissé à 29 € SUPER). Le problème c’est que la marque a aussi été épinglée pour ses IPod qui n’avaient pas de batteries amovibles. Un conseil, laissez tomber les téléphones hors de prix, chopez des téléphones reconditionnés.

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4. Les imprimantes

C’est justement sur une imprimante que s’ouvre le documentaire « Prêts à jeter ». Alors qu’un homme voit son imprimante déconner, impossible pour lui de la faire réparer, toutes les boutiques l’incitent à en acheter une nouvelle. C’est en s’acharnant sur différents forums et vidéo youtube qu’il parvient à changer la pièce défectueuse. Sans compter le fait que les cartouches sont elles aussi exposées plus que jamais à l’obsolescence puisque quand l’imprimante indique que la cartouche est vide, il reste en fait de l’encre dedans. MALHEUR.

5. Les voitures

Ah ça, pour voir des publicités sur les caisses, on en voit. Partout, tout le temps. A se demander à qui ils vendent toutes ses caisses. Mais il faut savoir que plein de choses ont été mises en place pour consommer et surconsommer les voitures. Ça commence dans les années 20 quand Ford invente la Ford-T modèle en série, facile à réparer et abordable. Or, General Motors, pour faire la nique à son concurrent, se met à proposer des modèles variés, tant au niveau de la forme que de la couleur. Et voilà le mal était fait. Sans parler de la prime à la casse qui récompensait les personnes se débarrassant de leur voiture pour en acheter une nouvelle soi-disant plus écolo.

6. Les fringues

On parlait déjà des collants, mais les fringues dans l’ensemble sont aussi exposées. On en consomme trop, tout le temps (en moyenne 20 à 30 kilos par an par personne), pour rien (parce qu’on les met pas). Outre ce gaspillage incessant du textile, il faut remarquer aussi que les vêtements sont de moins en moins bonnes qualité. Parce qu’il n’y a pas de miracle quand on achète un t-shirt à 3 €, il ne va pas durer 20 ans.

7. Les jeux vidéo et les logiciels

On ne pense pas toujours à ceux-là parce que matériellement ils sont moins visibles quand on les jette à la poubelle. Mais le fait d’avoir des programmes informatiques plus performants année après année qui ne sont plus compatibles avec des logiciels ou des jeux plus anciens contribue pleinement à l’obsolescence programmée. Attention, Windows XP est dans le collimateur.

8. Tout un tas d'appareils électroménagers

Les machines à laver, les télés, les cafetières, les grilles-pains, les frigos, les appareils photo tout, mais alors TOUT ! Par exemple, on soupçonne les machines à laver (enfin les concepteurs de machines à laver parce que elles, elles sont pas vraiment responsables en fait) de tomber en panne au bout de 2500 cycles de lavage (soit moins de 10 ans). Ce qui peut être lié au fait qu’on leur mette une cuve en plastique et non en inox.

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Et si depuis 2015, la loi sur la transition énergétique est censée lutter contre l’obsolescence programmée, le problème est que ça reste difficile à prouver. Le seul truc qu’on peut faire à l’heure actuelle c’est de réparer plutôt que de jeter, n’acheter que ce dont on a besoin, acheter d’occasion bref revoir un peu nos modes de consommation parce que s’il faut compter sur les industriels on risque pas d’en voir le bout.

Et si vous voulez en savoir plus vous pouvez rejoindre le mouvement Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP, pour les intimes) ou fouiller sur cette chaîne Youtube pour trouver des astuces de réparations maison.

Et sinon sur le sujet je vous recommande le meilleur bouquin sorti en 2017 : « Voyage en misarchie », de Emmanuel Dockès (et en plius c’est rigolo).

Sources :

Europe 1

Francetvinfo : « ces objets victimes de l’obsolescence programmée »

Arte : « Prêts à jeter »

QQF : pourquoi nos objets nous lâchent-ils ?