S’envoyer en l’air c’est super, mais accoucher à 30 000 pieds au-dessus de l’Atlantique à bord d’un vol long-courrier, c’est le genre d’expérience inattendue qui marque les esprits, voire toute une vie. Au point même d’accoucher d’un top !

1. 74 bébés sont nés en plein vol

Une étude américaine de 2019 a dénombré 74 naissances survenues à bord d’un vol commercial. Pas toutes à bord du même vol hein (imaginez le bordel!)… ce nombre s’étale sur une période allant de 1929 à 2018, et plus particulièrement les années 2000 qui représentent à elles seules 83 % des naissances. Les cigognes peuvent clairement aller se rhabiller.

2. Des passagers mis à contribution

Les compagnies aériennes partent du principe qu’un médecin est présent sur tous les vols long-courrier dans 85 % des cas. Un optimisme qui bat dans l’aile avec les chiffres pour les cas d’accouchements en vol, où un médecin était présent dans moins de la moitié des cas (45 %). Les infirmières à bord ont dû donner un coup de main dans 16 % des accouchements. Quant au personnel de bord, il est intervenu lors de 4 naissances à bord, en suivant à la radio les instructions d’un médecin au sol…

3. Des vols gratuits à vie pour les bébés ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’existe aucune loi ou règlement qui oblige les compagnies aériennes à ce genre de cadeau de naissance (ça fait partie des idées reçues sur les avions). Si l’une d’elles décide de se montrer généreuse, ce n’est pas que le poupon est trop choupinou, mais uniquement pour s’offrir un joli coup de com’. Une publicité qui coûte chère et qui reste rare. La dernière compagnie à avoir offert la gratuité à vie sur ses vols à un nouveau-né, fut Jet Airways, une compagnie indienne. Pendant ce temps là, Air France s’est contenté en 2015 de refiler une peluche gratos au bébé né à bord d’un vol entre Dakar et Paris. La France… is in the air !

4. Des lacets de chaussures pour nouer le cordon ombilical

La trousse de premiers secours obligatoire dans les avions de ligne est souvent des plus rudimentaire. Résultat, il faut parfois faire avec les moyens du bord en cas d’urgence. Outre les lacets pour ficeler le cordon ombilicale, des ciseaux ont été stérilisés lors d’un accouchement avec de l’alcool fort type vodka, et des pailles ont été utilisées pour une trachéotomie d’urgence afin d’évacuer des fluides des voies respiratoires d’un nouveau-né. Un mélange de MacGyver et d’Urgence à 10 000 mètres d’altitude, parfait pour tourner de l’oeil en quelques secondes.

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5. Quelle nationalité pour les bébés nés en plein vol ?

Un passeport bleu dit « Baby Sky » avait été imaginé il y a quelques années sans convaincre grand monde. Les États ont préféré conserver les règles existantes qui sont carrément bordéliques. En gros, tout dépend des pays. Certains comme la France se fient au droit du sang, c’est-à-dire à la nationalité des parents. Il suffit que l’un d’entre-eux soit français, pour que l’enfant né en vol, le soit automatiquement. D’autres pays considèrent qu’un nouveau né se verra attribuer la nationalité du pays auquel appartient l’appareil. Un compromis que n’a pas souhaité valider les US, considérant que les avions ne faisaient pas partie du territoire national, sauf quand ils survolent les États-Unis.

6. 26 % d’escales improvisées

Malgré la bonne volonté et les compétences des personnes à bord, donner naissance à 10 000 pieds reste une situation d’urgence qui a obligé lors d’une naissance à bord sur 4, l’avion à changer son plan de vol pour une escale imprévue. Un surcoût pour la compagnie aérienne estimé à 100 000 dollars pour chaque stop.

7. Des naissances à très haute altitude

84 % des naissances à bord d’un avion en vol sont survenues à des altitudes de 30.000 à 40.000 pieds (entre 9.200 et 12.200 mètres au-dessus du niveau de la mer). A l’inverse, seulement trois ont eu lieu en dessous de 10.000 pieds. A priori, aucune explication n’est à chercher du côté de la pressurisation des cabines pendant le vol, mais plutôt au fait que l’on passe plus de temps à des altitudes élevées, qu’en phase de décollage ou de descente.

8. Quel lieu de naissance pour un enfant né en vol ?

Pour éviter qu’un gamin se retrouve sur son passeport avec comme lieu de naissance : vol 58AF162 Djerba–Orly, la France a émis une circulaire qui retient que c’est « la commune du lieu où l’accouchée a interrompu son voyage qui est retenue ». Traduction : si une maman accouche sur un vol entre Londres et Marseille, l’État civil notera Marseille comme ville de naissance.

9. Des accouchements clandestins dans les WC

Tous les bébés auraient survécu à leur accouchement en plein vol, à l’exception de deux d’entre-eux, abandonnés dans les WC par leur maman respective, des migrantes mineures qui souhaitaient rentrer dans leur pays pour accoucher, et qui ont visiblement été prises de court.

10. Des vols interdits selon la grossesse

Tout dépend là encore de la compagnie qui fixe seule les règles d’accès à bord de ses vols. Air France par exemple n’indique aucune restriction particulière, quand Easyjet interdit aux femmes enceintes depuis plus de 35 semaines de monter dans ses avions. C’est pire chez British Airways qui exige un certificat médical après 28 semaines de grossesse. En moyenne, les naissances qui ont lieu en vol sont de 10 % entre la 37è et la 38è semaine, 16 % entre la 34e et la 36e semaine (enfants faiblement prématurés), 19 % entre la 31e et 33e semaine (modérément prématurés) et 12 % avant la 32e semaine (grands prématurés). Plusieurs femmes auraient même accouché pendant un vol alors qu’elles ignoraient être enceintes. Un sacré excédent bagage quand même !