L’Académie française n’est pas seulement un groupe de retraités en pyjama vert qui se réunit une fois par mois pour parler imparfait de subjonctif. Depuis l’ère internet, ils mettent en ligne tout un tas d’emplois fautifs de mots qu’on utilise tous les jours ! Ce qui a été fort pratique pour la rédaction de ce top, puisque l’ignare que je suis a appris qu’il y beaucoup de mots qu’il utilisait mal. Et franchement… ça fait mal.

1. Dénoter

On entend souvent (et par « on » je veux dire « moi ») « les pouces de Megan Fox dénotent au milieu de son esthétique générale ». Or, « dénoter » signifie « indiquer une caractéristique », donc à la limite on peut dire des doigts de quelqu’un qu’ils dénotent la longueur de sa bite, mais au sens de « OUAH ! ce truc est chelou au milieu de tout ça » on utilisera « détonner ». On devra donc dire de Megan Fox que ses pouces détonnent.

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2. Basique

D’après l’Académie française, le mot « basique » est un terme scientifique, comme quand on parlait de substances basiques en cours de Chimie (en vrai je sais pas ce que c’est une substance basique, mon niveau en sciences s’arrête à « 2+2=4 »). Au sens de « de base » ou « fondamental » son emploi est donc incorrect. On ne dira pas « ouah le schlaaag, il a même pas les notions basiques de sciences » mais « quel faible d’esprit, il ne possède même pas les notions de base ». Ne parlons même pas de « basiquement » mot qui, non seulement n’existe absolument pas en français mais en plus, réveille des pulsions meurtrières. Ce qui nous amène au point suivant.

3. Assassiner

Contrairement à ce que l’on peut entendre « assassiner » n’est pas exactement un synonyme de « tuer ». On assassine quelqu’un seulement si le meurtre a été commis avec préméditation. On relève cet emploi fautif dans la célèbre chanson « chocolat » de Lartiste : « Cette go m’a tué, assassiné ». Eh bien non, puisque normalement, l’amour est un crime commis sans préméditation. En revanche, les longues heures passées à traquer votre ex pour l’étrangler sauvagement dans un parking, cela relève certainement de l’assassinat.

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4. Amener / apporter

On les utilise souvent indifféremment l’un de l’autre. GROSSIÈRE ERREUR ! On ne peut apporter que des choses inanimées, comme des objets, le dessert, un cadavre ou des bonbons (parce que les fleurs c’est périssable)… En revanche on amène des choses animées, comme un animal ou une personne encore vivante. Petite nuance cependant, amener peut aussi vouloir dire « conduire une chose dans un lieu ou jusqu’à une personne », comme dans « la drogue est amenée par voie fluviale ». À noter qu’il existe aussi les verbes « emmener » et « emporter », de quoi se chopper une bonne dépression linguistique.

5. Tout à fait

« Tout à fait » veut dire « entièrement ». Si la personne précédemment assassinée est effectivement dépourvue de ses capacités vitales, on pourra dire qu’elle est tout à fait morte. En revanche, on ne peut utiliser « tout à fait » comme une réponse. À la question : « veux-tu l’enterrer dans la forêt ? » ne répondez pas « tout à fait » ce qui serait totalement incorrect. Dites plutôt « bien sûr » ou « avec plaisir ». À noter qu’il est également tout à fait incorrect d’assassiner une personne, même si celle-ci portait des chaussettes avec des claquettes.

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6. Second

ATTENTION RÉVÉLATION ! Il existe une différence entre « second » et « deuxième ». « OH MON DIEU PAS POSSIBLE » me direz-vous. Eh bien si ! « Second » suppose qu’il n’y a pas de troisième. Mieux vaut donc dire « elle est arrivée deuxième » si la compétition comporte plus de deux personnes. Voilà. Bisous les enfants.

7. Avérer

Contrairement à ce que l’on peut entendre, on ne peut pas du tout dire « ça s’est avéré vrai ». Le verbe « avérer » signifie « reconnaître ou faire reconnaître pour vrai » donc si une chose est avérée, elle est vraie. On dit donc : « les faits sont avérés ». Ne parlons même pas de cette horreur qui consiste à dire « ça s’est avéré faux »… C’est complètement illogique, les choses sont vraies et fausses en même temps, erreur syntaxique 404, le Bescherelle ne répond plus.

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8. Sanctionner

On ne sanctionne pas un individu mais on sanctionne un délit. Lorsque l’on dit : « le juge a sanctionner le coupable », il y a non seulement crime grammatical (bah ouais, c’est pas un infinitif bordel), mais aussi un emploi fautif. Vous êtes alors en droit d’envoyer bouler le juge aux affaires pénales qui n’avait qu’à réviser son dictionnaire. Ce dernier aurait dû dire : « le juge a sanctionné le délit », ce qui est toujours aussi étrange parce que c’est quoi ce juge qui parle de lui à troisième personne hein ?

9. Postuler

Voilà bien des années que le verbe postuler est torturé dans de nombreuses lettres de motivation. On ne devrait pas dire « postuler pour le poste » ou « postuler à un poste » mais tout simplement « postuler un poste ». Oui je sais, ça fait bizarre…

10. Démarrer

Qui n’a jamais entendu « démarre la voiture » ? Eh bien non, on ne démarre quelque chose, c’est le quelque chose qui démarre. Autrement dit, si on dit « démarre » il faudrait alors mettre en mouvement ses quatre roues motrices, ce qui est extrêmement compliqué dans la mesure où les êtres humains sont dépourvus de roues. Donc c’est la voiture démarre et nous, on garde les fesses sur notre siège en essayant de ne pas prendre un platane.

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Qu’est-ce qu’on en a appris des choses aujourd’hui ! Je vais appeler ma copine Cindy pour tout lui raconter ! On vous embrasse le Bescherelle mes petits oiseaux.

Source : les messieurs dames de l’Académie Française, wesh ma gueule !