L’histoire contemporaine a connu son lot de morts mystérieuses. Suicides impossibles, exécutions dont les auteurs n’ont jamais été retrouvés, affaires louches, en France, en Russie, aux Etats-Unis, partout dans le monde. A l’heure où la Justice est suspectée d’ingérence avec le pouvoir politique et où l’on nous rabâche volontiers la haine du gouvernement des juges, la mort récente d’un ex-agent du KGB lié aux révélations golden shower de Trump écrit un nouveau chapitre de cette histoire trouble.

1. Oleg Erovinkin, retrouvé mort à l'arrière de sa Lexus

Ex du KGB, source directe d’un ancien du MI6 responsable des révélations sur les liens unissant Donald Trump au Kremlin, Oleg Erovinkin a été retrouvé mort le 26 décembre 2016 à l’arrière de sa bagnole, dans un parking de Moscou. Officiellement, Erovinkin est mort d’une crise cardiaque, mais la propension supposée de Vladimir Poutine à supprimer les gens qui l’emmerdent laisse penser que l’affaire pourrait être un peu plus complexe que ça.

2. La tuerie de Chevaline

Le 5 septembre 2012, près de la commune de Chevaline, un ex membre de la Royal Air Force découvre en vélo une voiture criblée de balles et une petite fille en train de tituber. Le cycliste fait tout bien et sauve la petite. Mais trois membres de la famille Al-Hilli, d’anciens riches irakiens émigrés en Europe pour échapper au régime de Saddam Hussein, ainsi qu’un cycliste du coin qui travaillait pour Areva, sont retrouvés morts. Le patriarche de la famille Al-Hilli est déjà mort dans des circonstances étranges lors d’un séjour à Malaga.

Plusieurs pistes sont envisagées sans que le crime ne soit jamais élucidé. On ignore si la cible des tueurs était la famille ou le cycliste. On ignore tout, en fait. S’agissait-il d’un crime politique, crapuleux, d’un différend familial ? On ignore tout.

3. La mort de Robert Boulin

Ex-secrétaire d’Etat de de Gaulle, Pompidou et Giscard, Robert Boulin est retrouvé mort dans 50 centimètres d’eau le 30 octobre 1979. L’enquête conclut au suicide, mais sa famille n’accepte pas cette hypothèse, trop éloignée de la personnalité de Boulin et que rien ne laissait présager. Des investigations non-officielles désignent le Service d’Action Civique (SAC) de Pasqua et Foccart comme les responsables d’un assassinat visant à éviter que Boulin ne fasse des révélations sur un système de facturation illicite du RPR. C’est qu’on ne se noie pas facilement dans 50 cm d’eau, et le visage de l’ancien ministre est tuméfié ; voilà, entre autres, les éléments pouvant laisser penser à un assassinat. L’enquête est rouverte en 2015, juste après la mort de Pasqua.

4. Les morts d'Akim Rouichi et André Rigault, tous deux liés à l'affaire Karachi

A trois ans d’écart, Akim Rouichi et André Rigault se sont pendus, en 1995 et 1998.

Rouichi, passionné d’informatique proche des RG, aurait procédé à des enregistrements de personnalités stockés sur disquettes. Des traces de sang ont été retrouvées dans l’appartement de Stains où Rouichi se serait pendu, ce qui cadre mal avec l’hypothèse du suicide et ce, même si ces éléments n’ont pas été portés au procès-verbal par l’enquêteur qui a pourtant reconnu leur réalité.

Quant à Rigault, il œuvrait comme ingénieur chargé de la mise en fonctionnement des moteurs de sous-marins sur le contrat au cœur de l’attentat de Karachi. Rigault a été retrouvé pendu dans les locaux de la DCN, où il travaillait, en 1998. Mais il n’avait pas de problème d’argent et vivait un mariage heureux. Aucune autopsie n’a été pratiquée.

L’enquête sur ces deux morts a été rouverte par le juge Renaud Van Ruymbeke en 2012.

5. L'assassinat de Jean de Broglie

L’assassinat du prince de Broglie (prononcer breuil, comme un petit bois), le 24 décembre 1976, est l’une des affaires les plus médiatisées de la V° république. Député de l’Eure, Broglie a reçu une bastos dans la nuque en sortant de chez son conseiller juridique, Pierre de Varga. Des annonces d’arrestations sont réalisées par le ministre de l’Intérieur lui-même très rapidement après le crime. Broglie servait de prête-nom à des entreprises financières pour obtenir des crédits, et Pierre de Varga est accusé d’avoir commandité le meurtre. Un inspecteur de la police est accusé de complicité. Mais les zones d’ombre sont nombreuses, car on soupçonne Broglie d’avoir été lié à un trafic d’armes impliquant les plus hautes autorités de l’Etat, et des voitures des RG ont été repérées près du lieu de la tuerie plusieurs jours avant le crime. De plus, la description de la scène de meurtre ne cadre pas avec la réalité : les suspects auraient tiré de face, alors que la balle a transpercé le député dans le dos. L’hypothèse d’un deuxième tireur a plusieurs fois été évoquée. L’affaire n’a jamais été élucidée.

6. Le "suicide" de René Lucet

« Officiellement, Lucet s’est suicidé en se tirant deux balles dans la tête »

René Lucet, un cadre de la sécurité sociale, est retrouvé mort le 4 mars 1982 à Marseille. Les deux balles ont été tirées au même endroit, ce qui semble compliqué en termes logistiques pour un suicide. Très marqué à droite, Lucet avait été suspendu de ses fonctions par la ministre de la Solidarité nationale, suite à l’élection de Mitterrand, suite à un bras de fer concernant une suspension de délégation de service public qui avantageait un organisme proche de la CGT dans les Bouches-du-Rhône.

L’affaire est classée en 1988, faute d’avoir pu l’éclaircir.

7. Le suicide de François de Grossouvre

Responsable des chasses de l’Elysée et proche ami de François Mitterrand, Grossouvre se flingue le 7 avril 1994 dans son bureau de l’Elysée. Grossouvre souffre de l’éloignement du Président qui n’écoute plus ses conseils et d’une dépression sévère. Mitterrand se méfie de lui, qui est une des rares personnalités au courant de sa relation avec Anne Pingeot et de l’existence de Mazarine. Pendant la journée, Grossouvre évoque son suicide auprès de sa maîtresse et récupère un revolver qui lui a été offert par François Mitterrand.

Le suicide est très vraisemblable, mais de nombreuses théories circulent expliquant que l’ami du président aurait été assassiné ou, à tout le moins, poussé au suicide par Mitterrand qui craignait qu’il ne fasse des révélations concernant sa double vie.

 

8. Jean-Edern Hallier et son accident de vélo

Pamphlétaire ayant fait de Mitterrand son pire ennemi, Jean-Edern Hallier est retrouvé mort à Deauville le 12 janvier 1997. Il a été victime d’un accident de vélo sans que personne n’en ait été témoin. Au même moment, son domicile et sa chambre d’hôtel ont été visités et des documents concernant le gouvernement dérobés. De lourds soupçons d’assassinat pèsent sur l’affaire, car Jean-Edern Hallier été informé par ses réseaux de la double vie de Miterrand et comptait en révéler la teneur dans un livre.

9. La mort de Marilyn Monroe

Dépressive, Marilyn Monroe a été retrouvée morte d’overdose de médicaments le 5 août 1962. La thèse du suicide est largement acceptée, mais certains témoignages récents ont laissé planer l’idée qu’il pourrait s’agir d’un assassinat commandité par Robert Kennedy, le frère du futur mort John. En cause, sa relation tumultueuse avec le Président américain. Une autre hypothèse estime qu’il pourrait s’agir d’une erreur médicale dissimulée.

Source photo : Giphy

10. Le décès de Boris Berezovski

Opposant notoire à Poutine exilé au Royaume-Uni, l’ex-oligarque Boris Berezovski a été retrouvé mort en mars 2013 dans sa salle de bain, une étoffe enroulée autour de son cou. L’enquête n’apporte aucune conclusion quant à l’origine de cette mort, assassinat ou suicide. Autant dire qu’on a notre avis sur la question.

Je crois que si on me propose de prendre position contre Poutine ou d’avoir des infos sur une affaire d’Etat, ce que je fais, c’est que je joue les débiles. J’aime bien, la vie, moi.

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